* 13 ans (suite) : Premier Amour ... Victoire !
L'automne passe froid, pluvieux, déprimant. Début décembre, je me retrouve au tout nouveau multiplexe cinématographique de la ville, en espérant y voir Flavien, dont je suis encore accro (oui, je sais que c'est idiot). Ne l'ayant pas vu, et ne voulant pas rentrer chez moi bêtement, je décide d'aller voir « Harry Potter à l'école des sorciers », et j'en ressors enchantée !
Pour Noël, Maman m'offre un portable, le très commun Nokia 3310 que tout le monde a déjà ! Elle m'offre le portable, mais c'est à moi de me payer mon crédit moi-même, et d'avoir suffisamment d'argent de poche pour m'acheter mes cartes SFR. Pendant les vacances, je reprends contact avec Richard, il me propose d'aller au ciné avec lui, pour voir « Le Seigneur des Anneaux ». Le problème, c'est que j'ai déjà promis à Dorine que j'irai avec elle. Et je préfère sauvegarder cette amitié plutôt qu'une hypothétique relation avec Richard qui risque de ne pas améliorer le froid qu'il y a entre moi et mon ami Zazou !
Courant janvier, je suis invitée au mariage de la cousine de mon père. Elle est arrivée d'Algérie, il y a un peu moins de 2 ans, pour finir ses études. Elle a vécu quelques temps chez ma Mamie, puis elle est allée à Paris où elle a rencontré un homme de 18 ans son aîné, divorcé, très riche, et là, ils se marient. Me voilà dans une tenue super chic, à la mairie d'Issy les Moulineaux, face à Jacques Santini, entourée d'un tas de personnes très friquées que je ne connais pas. Repas luxueux dans un endroit tout aussi luxueux appartenant à l'armée ...
Vers les 2 heures du matin, musique branchées, « Can get you out of my head » de Kylie Minogue, le rythme entraînant et ce beau jeune homme, qui danse avec moi, transporté par les vapeurs de l'alcool, moment sensuel et envoûtant ... Echange des prénoms, il s'appelle Jérôme, « tu as quel âge ? » 18 ans ! Ah ! Moi, j'en ai que 13 ! « Ouah, tu fais plus en tout cas ! » merci ! Et c'est tout. J'ai bien dormi après ça ! C'est le neveu du mari de la cousine de mon père, c'est tout ce que je sais d'autre. Mais ma Mamie qui a assisté à toute la scène me dit qu'elle ne dira rien à ma mère, et elle semble très heureuse de m'avoir vu flirté avec lui !
Nous sommes en février 2002, je pars en colo au Val d'Aran, dans les Pyrénées espagnoles.
Ces vacances vont me faire du bien, une coupure avec le collège, finies les insultes, autres commentaires et blagues malsaines. Je vais trouver un climat pur, où personne ne me connaît et ne me jugera, où je vais être tranquille pour souffler un peu. Je retrouve une fille qui était en colo avec moi à Torreferrana, et qui s'appelle Marion A. Elle et moi nous partageons une chambre avec 2 soeurs, Delphine et Charlotte, dans un hôtel où résident également pas mal de portugais, qu'on retrouve à poil dans la salle de bain commune (choquée).
Cette colo est sympa, de bons animateurs plutôt cool, qui ne nous prennent pas pour des gamins, un dirlo sympatoche aussi, et le cadre est sympa aussi : les montagnes, la neige, le ski, le soleil. On fait un peu de surf, mais avec des chaussures de ski, c'est pas le top. J'en ai déjà fait l'année précédente, ça m'avait plu, mais en fait le problème, c'est que je ne sais tourner que dans un seul sens (un peu embêtant) et donc pour descendre la piste, je suis obligée de me mettre parallèle à la piste et de déraper ! Ce n'est pas une bonne idée, du tout ! Je dérape vraiment et je fais un magnifique plat sur le ventre, et la neige y est vraiment bien dure et bien tassée, résultat, j'ai la respiration coupée ! Ok, le surf, c'est terminé !
Pour aller prendre leur douche, il y a deux gars de la colo, Benjamin et Brice, qui passent en caleçon, par notre chambre (via le balcon qui communique avec toutes les chambres) puisqu'elle est juste en face de la salle de bain. Un soir, j'ouvre ma porte et je les vois encore passer devant moi en caleçon, et je lance comme réflexion « oh, mais c'est pas vrai de croiser tout le temps des gars en caleçon ! » A vrai dire, ça ne me déplaît pas du tout qu'ils passent par notre chambre en caleçon, pour aller se doucher, et puis Benjamin, il est plutôt pas mal, voir même très craquant, mais, il me paraît inabordable, trop bien pour moi, je pense. Sauf que, ce que je n'avais pas prévu c'est qu'ils réagissent à ma réflexion, en me disant un truc du style « quoi ça te choque ? t'as vu j'suis en caleçon ! » et je leur balance après avoir refermé ma porte « et ben moi j'suis en string ! » Encore une occasion manquée de me taire ! La réplique n'échappe pas à d'autres gars qui passent par là à ce moment-là, dont un certain Mathieu et son stupide copain Sébastien qui m'appellent désormais « stringueuse » ! Ok, c'est mieux que les surnoms du collège, mais j'aurais préféré m'en passer quand même ! Des gars en caleçon ça choque pas, mais qu'une fille de mon âge porte uns string ça choque !
Les animateurs organisent un jeu qui s'appelle le « Killer », tout le monde a un papier avec le nom de quelqu'un marqué dessus, et le but c'est de réussir à le tuer, sans se faire tuer par celui qui a notre nom. Une fois qu'on a tué quelqu'un, il faut tuer la personne qu'il devait tuer, et ainsi de suite, jusqu'à ce que tout le monde soit tué.
Dans la colo, en dehors de Benjamin, il y a un autre gars plutôt mignon, brun, plus petit que moi. Je l'ai remarqué parce qu'il a quelque chose qui le différencie de tous les autres, ce petit truc qui fait la différence et qu'on ne sait pas expliquer. Il est tellement calme par rapport aux autres, et en ce moment, avec ce qu'il se passe au collège, j'ai besoin de quelqu'un comme lui. Un soir, on va au bowling, et les copains de ce gars très mignon, me dise qu'il veut me parler. Tiens ça m'intrigue. Il s'appelle Guillaume (à qui je vais attribuer le n°2). Ses copains « arrangent » le coup façon « il va te demander de sortir avec lui », sauf que moi je ne sais pas du tout ce que je vais lui répondre au moment où je me retrouive en face de lui. Bien sûr, il est mignon, mais après ? Et là Guillaume n°2 me sort « ben voilà, t'es morte ! » ?!?! Bug ! Pardon ? Quoi ? Je ne comprends pas ? Comment ça je suis morte ? Ah, oui, d'accord, j'atterris, le jeu du killer ! Ah, zut ! Je me suis faite avoir dans les 2 sens, parce que non seulement, je viens de me faire éliminée du jeu, mais en plus, ce n'était pas du tout à cette question là que je m'attendais, et j'en suis à regretter qu'il n'est pas poser la question ! Ce n'est pas ça que je voulais entendre ! Je pars déçue, et là ses copains débarquent et voient ma tête dépitée. Apparemment, eux non plus ne s'attendaient pas à ça. Quand je leur dis ce qu'il vient de se passer, ils se retournent tous vers lui et lui disent « mais enfin, c'est pas ça que tu devais lui dire ! » Euh, j'ai un doute tout d'un coup, et si c'était vrai, si c'était pas lui qui devait me tuer ; mais si, il me montre le papier sur lequel est inscrit mon nom, voilà comment il a su comment je m'appelle. Et là, un de ses copains lui demande « mais si c'était elle qui t'avait demandé de sortir avec elle, tu aurais dit oui, n'est-ce pas ? » et il répond oui ! Un ange passe ... Donc, oui, il veut bien sortir avec moi ! Sauf, qu'il ne me pose pas la question, il s'en va et moi je reste avec ses copains qui me harcèlent de question pour savoir si oui ou non je veux sortir avec lui. Pfiou, ils commencent à me gonfler ces gars ! Et là, éclair de génie, je leur sors : « je ne lui répondrai qu'à lui ! », comme ça, eux savent qu'ils n'auront aucune réponse, et en même temps, ça l'oblige à venir me poser la question lui-même !
C'est ce qu'il fait le lendemain au soir. On est en plein milieu du hall de l'hôtel, seuls (ou presque), et il me demande si je veux bien sortir avec lui, question à laquelle je réponds oui bien entendu, et là, on se fait la bise !!! Pitoyable ! En fait, je dirai que je n'ai pas eu le courage de l'embrasser comme ça direct, en plein milieu du hall de l'hôtel ! Bien sûr, les paires d'yeux espionnes qui nous observaient n'ont rien manqué de la scène, et ont donc de quoi rire jusqu'à la fin du séjour !
Là-dessus, on enchaîne sur la soirée disco, comme d'habitude, personne danse, on est tous assis autour de la piste. Puis, peu à peu, ça bouge, et je ne sais pas trop comment, à la fin de la soirée, j'arrive à m'esquiver avec Guillaume n°2, jusque dans ma chambre et on s'embrasse, un vrai baiser qui me plaît, tout doux. Et on finit la soirée dehors, sur le balcon, la nuit noire, les étoiles, la neige qui brille, le froid, lui, moi, c'est beau !
Le lendemain, c'est la Saint-Valentin ! C'est la première fois de ma vie que je passe la Saint-Valentin en amoureux. A partir de là, je ne vais plus du tout le lâcher. Je skie avec lui, c'est super, on passe la soirée ensemble. Les animateurs nous disent qu'on est mignons tous les deux et qu'on va bien ensemble. En tout cas, je suis super bien avec lui, il est merveilleux, gentil, doux, calme. Pour moi, cette situation est merveilleuse, j'ai l'impression d'être sur un petit nuage, loin de mes problèmes au collège, où je me sens mal et perdue. Ici je suis bien, tout le monde est sympa, j'ai des amis, surtout Marion A, et puis il y a aussi Marion C, une fille qui dans le même groupe de ski que moi. Ici, je suis comme dans une bulle, protégée, et je ne voudrais être ailleurs pour rien au monde. Le dernier jour, je le passe aussi avec lui du matin jusqu'au soir, c'est si bon d'avoir quelqu'un avec soi ! Le soir, les animateurs ont encore organisé une soirée disco. Avant d'y aller je dois faire ma valise, Guillaume n°2 est dans ma chambre, il me regarde faire. Puis, à un moment, je m'assois à côté de lui, je me mets dans ses bras, et je lui dis que je n'ai pas envie de rentrer chez moi, et il me répond que lui non plus ! Et là, je me mets à pleurer, chagrin d'amour ! Il me sert plus fort dans ses bras, je passe ma main sur sa joue, et là, je sens des larmes ! Lui aussi, il pleure ! Mais, on n'a jamais pleuré pour moi, personne, jamais, c'est la première fois ! Alors, ça veut dire que ? Qu'il m'aime ? Ca non plus ça ne m'était jamais arrivé, aucun gars que j'ai aimé ne m'a aimé, c'est la première fois que c'est réciproque ! Un Ange passe ...
D'un seul coup, ma vie vient de changer, je ne suis plus seule, j'ai quelqu'un que j'aime et qui m'aime, ma vie est belle, elle est même merveilleuse, elle n'a jamais été aussi bien, et je suis heureuse, vraiment !
Malheureusement, le lendemain, c'est la fin de la colo, et chacun retourne chez lui dans sa région. Echange habituel des adresses, et là je découvre que Guillaume n°2 est venu d'Annecy avec Benjamin (bande de veinards). J'adore la montagne, et depuis toute petite je rêve d'y habiter, c'est la cerise sur la gâteau ! Je suis venue ici faire du ski et me changer les idées, et voilà que je repars en ayant trouvé l'amour, et pas n'importe lequel, un amour réciproque, mignon, gentil, et qui habite à la montagne ! Lorsqu'on se sépare à la gare de Toulouse où je prends l'avion et lui le train, je ne peux retenir mes larmes et lui non plus. Je ne veux pas quitter mon amour, je ne peux pas le laisser. Je n'avais encore jamais autant pleuré par amour.
De retour chez moi, j'explique à ma mère, que j'ai un p'tit copain, qu'il s'appelle Guillaume (encore un ?) et qu'il habite à la montagne (là Maman est verte). J'attends un certain soutien de la part de ma mère, mais à la place, elle répond simplement « loin des yeux, loin du coeur » ! Encourageant !
C'est au collège, que cela se remarque le plus. J'arrive en abordant un sourire radieux, je suis amoureuse et à mon avis ça se voit. C'est Perrine, une fille de notre « bande » qui doit s'en apercevoir la première puisqu'elle me demande « alors tu t'es trouvé un copain en colo ? » Oui !!! Et c'est parti pour les explications. Je suis vraiment « transformée, je vois la vie différemment, tout en rose, et je me mets à écrire des poèmes, chose qui ne m'arrive pour ainsi dire jamais. Les autres s'en aperçoivent aussi et Perrine me dit « je crois que c'est la première fois de ta vie que tu es amoureuse parce que c'est la première fois que je te vois comme ça ». Oui et non. J'ai déjà été amoureuse, dire le contraire serait mentir, mais c'est vrai que c'est la première fois que celui que j'aime, m'aime aussi, et ça change beaucoup de chose. Et dans un sens, c'est vrai que je n'ai encore jamais été autant amoureuse de quelqu'un !
Le jour où je retourne en cours, je l'appelle chez lui. Déjà la veille je lui ai écrit une lettre, la première d'une longue série ... Et j'attends avec impatience sa réponse. Seulement la lettre que je reçois le lendemain est de Marion A., avec qui je débute une longue correspondance, comme celle que j'ai déjà avec le Pingouin. Et enfin, le jour suivant, je reçois une lettre de Mon Chéri. C'est la première lettre d'amour que je reçois de toute ma vie, la première qu'on m'écrit. Et il y a une phrase dans sa lettre qui veut tout dire « lorsque je t'ai quitté à la gare j'étais vraiment triste, et je me suis rendu compte que je t'aimais vraiment ». Ca n'a peut-être l'air de rien, mais dit avec les mots de Guillaume n°2, c'est de l'or ! Je lui réponds, et il m'envoie sa deuxième lettre à laquelle je réponds naturellement, puisqu'il me dit qu'il aimerait qu'on s'écrive toutes les semaines. Sauf qu'après ça, je reste sans nouvelles de lui pendant une semaine. Inquiète, paniquée, désespérée, et tous les jours tout le monde qui me demande si j'ai des nouvelles de Guillaume n°2. Finalement, je me décide à l'appeler avec le fixe de la maison (oups la facture !) et une semaine et demie après, me voilà partie en vacances avec ma mère et ma soeur à La Clusaz, soit à 30kms d'Annecy.
Bien sûr, je profite du fait d'être à côté de chez Guillaume n°2, pour demander à ma mère de m'emmener le voir, et je suis surprise qu'elle accepte. Peu de mère emmènerait leur fille de 13 ans aller passer l'après-midi seule dans une ville « inconnue » avec leur petit copain ! Et l'après-midi du lundi de Pâques, me voilà en train de l'attendre sur un parking. Je sais qu'il va venir, je n'en ai même jamais douté, contrairement à ma mère qui n'en revient pas lorsqu'elle le voir arriver ... à vélo ! Et oui, parce que j'ai oublié de préciser que Guillaume n°2 est un accro du vélo ! On s'embrasse (évidemment) et je sens son coeur qui bat très fort (est-ce à cause de moi ou à cause du vélo ?) et on part tout les deux en amoureux, lui à vélo et moi à pied. Il m'emmène au lac, puis chez lui, parce que soit disant, sa soeur veut me voir. En arrivant chez lui je croise son père, à qui je serre la main au lieu de lui faire la bise, puis je rencontre sa mère, un peu plus petite que la mienne, et enfin, sa soeur de 17 ans, qui ne lui ressemble pas du tout ! Il me montre sa chambre, première fois que je rentre dans la chambre de mon copain, et c'est bien une chambre de gars ! Entre les affaires de cyclisme, les « affaires de cours » (ce n'est pas vraiment un bosseur puisqu'il a le même âge que moi et il redouble sa cinquième), et les cactus !!! Puis je retourne à La Clusaz, toute nostalgique, oui c'est le Grand Amour, celui pour qui je suis prête à tout. A la fin de ma semaine de vacances, je retourne à Annecy, sans qu'il le sache, et je l'attends à la sortie de son collège (presque juste en face de chez lui). Il est surpris de me voir là, mais ça ne l'empêche pas de m'embrasser devant son pote Guillaume (décidemment c'est courant comme prénom dans le coin). Difficile après ça de rentrer chez moi, sans un certain pincement au coeur ...
Une semaine après, je pars en voyage avec mon collège, en Espagne. 18 heures de car pour aller de chez moi à Madrid, je suis celle qui a dormi le plus longtemps (8 heures). Je me retrouve dans une famille avec ma copine Céline, dans une petite ville du nom d'Aranjuez, près de Madrid. Séjour plutôt sympa, même si la famille est un peu bizarre : on dort à la cave sans chauffage (et en avril il fait froid), on mange de la purée de poireaux (liquide comme de la soupe) avec des saucisses qui trempent dedans ! Visite de Madrid (palais royal et cathédrale), shopping Al Corte Inglès, dégustation de Chocolate con churros (chichis trempés dans du Nutella), petite corrida où les gars descendent dans l'arène et où Zazou lâche le tissu rouge laissant ainsi Guillaume n°1 se faire retourner par la vachette ! Et visite de Tolède, où j'arrive à trouver une cabine téléphonique pour appeler Mon Chéri et lui souhaiter un Bon Anniversaire ! Il n'en revient pas que je réussisse à l'appeler d'Espagne ! Puis retour en France, re18 heures de car, durant lesquelles Zazou va en profiter pour sortir avec Léo (qui ne sort donc plus avec Guillaume n°1), et il va faire avec elle, ce qu'il m'a reproché d'avoir fait avec son frère ! Ca valait la peine de ne plus me parler !
Reprise des cours, plutôt active, à cause du brevet blanc qui a lieu juste avant mon anniversaire (grrr) et pour lequel je me mets à réviser la veille ! Quel sérieux ? Non, juste mes facilités !
