* 14 ans : Pour mon Coeur il n'y a que ces mots qui comptent « Je t'aime Mon Amour » !
Faisons un petit point sur ma vie. Jusqu'à présent, j'ai toujours cherché après l'amour, que je croyais inaccessible en raison de mon apparence physique et plus particulièrement à cause de mes cheveux frisés. Désormais, tous mes problèmes semblent résolus, mon physique me plait : cheveux tirés en chignon, maquillage limité à du mascara et de l'eye-liner (j'ai abandonné le fare bicolore depuis que Guillaume n°2 m'a dit que ça faisait trop), boucles d'oreilles, de la poitrine, 1m62 pour 52 kg, c'est acceptable, et ça fait féminin ! Et en plus, j'ai trouvé l'amour ! Que demander de plus ? Si ce n'est d'être avec Mon Chéri bien sûr (et oui, 750 kms, ce n'est pas rien). Il y a quand même quelque chose qui m'inquiète normalement on met beaucoup de temps à trouver ce qu'on a toujours cherché, il faut toute une vie pour réaliser ses rêves et moi mon plus grand souhait s'est réalisé, il va donc falloir un autre but ma vie ? Peut-être celui de garder cet amour ...
Pour l'anniversaire de mes 14 ans, je n'ai pas de cadeaux très marquants, des CD je crois, je commence enfin à être moins exigeante. Ce qui me rend triste, c'est le fait que Guillaume ne pense pas à me le souhaiter. Il sait pourtant quand je suis née, puisque c'est lui-même qui m'a dit qu'on avait pile 3 semaines de différence.
Quelques temps après, Léo décide de quitter Zazou, pour sortir avec un gars de la classe qui s'appelle Maxime Du Râteau (ce n'est pas son vrai nom de famille, mais c'est ainsi que moi et Céline le surnommons). C'est un des gars du collège qui joue au foot avec l'ASBO (équipe de foot de Beauvais), autrement dit, un de ces gars dont les fanfreluches sont folles, et qui se la pètent. Elles se sont les poufs, que les gars considèrent comme des femmes et qu'ils respectent, et les autres comme Léo ou moi, sommes considérées comme des filles faciles qu'on ne respecte pas. Bref, on se croirait dans une de ces séries pour ados qui se passent dans un lycée américain. Tout ça pour dire qu'au final cette histoire entre Léo et Du Râteau tourne mal, et Léo décide de faire une tentative de suicide en avalant ... 4 efferalgans ! Dérisoire et pathétique !
Un lundi de mai, je suis en cours de sport et Benjamin (avec qui je suis sortie en début d'année) n'arrête pas de me casser les pieds (pour changer), et à un moment, il m'attrape pour me chatouiller, j'en ai assez et il m'agace, du coup je rassemble toutes mes forces pour me dégager de lui, sauf que je me prends les pieds dans les siens, et avec tout mon élan, je m'en vais m'écraser sur la piste d'athlétisme deux mètres plus loin. Je suis par terre, j'entends seulement Clément (un autre gars de l'ASBO), ricaner en disant « Ah la sale bougnoule est tombée ! » en parlant de moi ! Comme je reste quelques minutes au sol sans bouger, Benjamin commence à s'inquiéter, et il vient voir si ça va. Je relève la tête, un peu étourdie mais le visage serein, qui ne laisse rien transparaître de mon exaspération. Et là, il voit mon genou, et a une expression un peu inquiétante, quoi ? Je regarde à mon tour, et oui, il y a de quoi s'alarmer. Et d'un seul coup je ressens une vive douleur ! Comme quoi, tant qu'on n'a pas vu qu'on est blessé, on ne le sent, pas, c'est dans la tête. Mon genou ! Il n'y en a plus : un gros trou dans mon pantalon, un gros trou dans ma peau, du sang et du sable ! Pas beau à voir ! Je peux me relever, mais je ne peux pas bien marcher ! Benjamin est en train de regretter ce qu'il a fait, c'est rare de voir cette expression sur son visage. Il veut me porter jusqu'à l'infirmerie, mais le prof de sport ne veut pas qu'il quitte la piste, et donc il demande à Perrine, dispensée de sport, de la faire à sa place ! Génial, Perrine est plus fine que moi, donc elle ne va pas me porter ! Elle me soutient juste pendant que je boite pour traverser le terrain de foot, descendre les gradins du stade, traverser la cours, et monter les escaliers jusqu'à l'infirmerie. J'essaye d'aller le moins souvent possible à l'infirmerie, en général, c'est pas bon signe ! Et en plus, c'est la remplaçante qui y va franco avec la compresse imbibée d'alcool sur ma blessure ! Elle ne nettoie pas la plaie, elle m'applique juste la compresse qu'elle fait tenir avec scotch ! Et maintenant, je dois retourner voir le prof avec mon billet de l'infirmière, même chemin en sens inverse ! Clément ricane toujours, Benjamin s'est apparemment fait engueler mais pour autre chose, et le prof qui poursuit ses évaluations prend le billet, me regarde et me dit : « Pauline, je t'évalue ou pas ? » Non, mais il en a d'autre des questions comme ça ? Il se fout de moi ? Ce n'est pas possible d'être aussi c... ! J'arrive à peine à marcher et il veut que je fasse du saut en longueur ! Bien sûr, je suis demi-pensionnaire, donc il faut que j'attende le soir d'être rentrée chez mes grands-parents avec ma mère pour enlever la compresse, et souffrir le martyr ! Une croute s'est formée en emprisonnant des fibres de la compresse, et il y a toujours du sable, que je peine à retirer ! Et le lendemain, je boite toujours. Tant et si bien, qu'à la fin de la journée, il faut me porter jusqu'à la voiture de ma grand-mère qui est venue me chercher. Bref, le mercredi matin, impossible de me lever, j'ai vraiment trop mal, et je ne peux pas marcher, tant pis si je rate le DST d'anglais, il faut que j'aille au médecin. Verdict : épanchement de synovie ! Qu'est-ce que c'est que ça ? En fait, lors du choc, le liquide qui se situe entre mes os (la synovie) et qui leur permet de glisser l'un contre l'autre, s'est échappé, et maintenant j'en ai d'accumulé sous la peau, au toucher c'est comme s'il y avait de la mousse.
Après tout ça, je suis à bout, et toujours sans nouvelle de Mon Chéri, donc je décide de l'appeler. Je lui raconte ce qui m'est arrivé, il se montre plutôt compatissant, apparemment, lui aussi a connu plusieurs blessures en faisant du vélo. Et quand je lui dis que ça fait 3 semaines que je n'ai pas de ses nouvelles, il me dit qu'il pense qu'on ne se reverra jamais alors ... Ce que je conteste aussitôt en lui rétorquant je vais passer quinze jours en vacances cet été en Haute-Savoie et donc je viendrai forcément le voir ! Et ça remet l'histoire sur pied. Suite à ça, je continue à lui écrire chaque semaine, et aussi à lui téléphoner, environ pendant une heure chaque semaine, avec le téléphone fixe de ma mère !
La semaine avant de passer mon brevet, je me retrouve en perm (en permanence ou étude), en train de repenser à mon séjour au Val d'Aran, où j'ai rencontré mon Amour. C'était si merveilleux, si bien, j'aimerais pouvoir le revivre tout le temps. Alors je prends une feuille un stylo, et je commence à écrire, je raconte ce qu'il s'est passé, comment, ce que j'ai pensé à tel où tel moment, de telle personne ou de telle situation, dans les moindres détails. Dorine qui est assise à côté de moi, prend les feuilles au fur et à mesure que je les remplis et elle les lit. Bien sûr, on ne raconte pas une semaine en détail en une heure, donc je continue à écrire dans la cour, dans la file d'attente pour aller manger, au self sur mon plateau, dehors sur les gradins, l'après-midi pendant les cours, dans la voiture, le soir dans mon lit, et tout le restant de la semaine. Je suis totalement prise par la rédaction de cette histoire, c'est passionnant de revivre chaque instant de ce séjour, les bons moments, les moins bons, les rires, les larmes, tout. Et ma bande d'amis lit cette histoire au fur et à mesure que je l'écris. Je suis obligée de numéroter les pages pour qu'ils puissent se les échanger entre eux. Arrive le vendredi soir, fin de l'année scolaire, mon année de troisième est terminée, et le collège aussi. Je rentre chez moi, et je termine de raconter mon séjour. Voilà, il fait 60 pages, soit 30 feuilles grand format recto-verso. Un vrai petit livre que je me mets à taper à l'ordinateur. J'y p asse le week-end. Le brevet a lieu le jeudi et le vendredi, et au lieu de réviser, je passe mon temps à écrire les débuts de mon histoire d'amour, qui dure déjà depuis 4 mois, à 750 kms de distance ce n'est pas rien quand même. Bref, voyant que je ne révise pas, ma mère m'oblige à passer les 3 jours précédents l'examen, chez moi, où il n'y a pas d'ordinateur. Pas très drôle de restée plongée dans mes cahiers, mais bon j'en profite pour bronzer sur la chaise longue dans le jardin. Et le soir j'appelle Mon Chéri, pendant une heure, toujours avec le fixe de la maison, au point de décharger totalement la batterie de son téléphone sans fil, ce qui m'oblige à le rappeler le lendemain, encore pendant une heure ! Arrive le passage du brevet, épreuve de français facile, celle d'hist.-géo un peu moins, et celle de maths, je ne réussis pas à la terminée. Puis, je repars au collège pour rendre mes livres, et assister à la remise des prix, je suis deuxième de ma classe, derrière Dorine. Et voilà maintenant, je suis en vacances ! Quelques jours plus tard, sous une pluie battante, je me rends au collège pour avoir les résultats du Brevet. Bien sûr que je l'ai, de toute façon, je savais que j'allais l'avoir puisque j'avais déjà 4 points d'avance pour aller le passer !
La dernière quinzaine de juillet, je pars en vacances avec Maman, Clémence, et mon gros Snoopy, direction, le Praz-de-Lys en Haute-Savoie. J'ai connu la station deux années de suite en hiver, et là je la découvre en été, toute calme, avec le son des cloches des vaches, la vue sur le Mont-Blanc. Et pour une fois, je prends plaisir à aller me promener avec mon chien, dans les prés immenses où il peut courir en toute liberté, tant que je vois encore sa queue blanche dépasser des hautes herbes. Des moments très « nature », heureux, calmes, zen, détendus, de tranquillités, comme je les aime !
Bien sûr, je profite d'être près de chez Mon Chéri pour aller le voir. Ca fait 3 mois qu'on ne s'est pas vu, et il m'a beaucoup manqué, il m'est souvent arrivé de pleurer pour lui, tellement je l'aime ! Et on se retrouve sur un parking, il est toujours à vélo, il est toujours aussi beau, son petit air timide, gentil, doux. On se balade dans Annecy, très jolie ville, au bord du Lac, sur le pont des Amours ... Il en a de la chance d'habiter ici, Mon Amour. Et j'aimerais aussi habiter cette région, avec lui. Ma mère a raison quand elle lui dit que surtout il ne faut pas qu'il quitte sa région. On va chez lui, je recroise ses parents et sa soeur, sa chambre est toujours dans le même état bordélique, avec toujours des punaises et des clous par terre, ses cactus. Ce qui m'ennuie, c'est qu'on ne s'embrasse pas beaucoup, quand on se retrouve et quand je repars, c'est tout. Snif, moi qui suis tellement en manque de ses bisous ! Bizarrement, je ne lui parle pas du livre que j'ai écrit, peut-être qu'il le prendrait mal, je ne sais pas vraiment comment il réagirait donc je n'ose pas l'évoquer.
Depuis le début de notre histoire, je tiens un journal intime, où chaque jour je note ce qu'il m arrive, si j'ai des nouvelles de Mon Chéri, ce qu'on fait lorsqu'on est ensemble.
Puis vient le mois d'août. Je pars en séjour linguistique à Segovia en Espagne, pour 3 semaines. Pourquoi Guillaume n°2 ne fait pas ce séjour avec moi ? Parce qu'il ne parle pas espagnol ! Je tombe encore sur une famille glauque ! Une femme d'une cinquantaine d'année qui vit seule avec sa fille de 20 ans. Pas très sociale comme bonne femme, à vrai dire on ne se dit presque jamais rien. Je passe la plupart de mon temps dans ma chambre, à lire « Les Rois Maudits » de Maurice Druon, un roman historique de 1570 pages, passionnant ! Ce séjour reste quand même sympathique, cours le matin (on apprend à jouer aux cartes avec le prof), piscine l'après-midi ou visite culturelle. On est presque que des filles, la plupart on 15-17 ans et sont donc plus vieilles que moi. Certaines ont connu la soeur de Guillaume, qui était là l'an passée, et qui est partie cette année au Canada avec Marc et Laura, que j'ai connu en Angleterre. Et comme le monde est réellement tout petit, je tombe aussi sur une ex de Mon Chéri, ça fait bizarre quand même ! Il y a aussi et surtout, Damien, l'animateur, fort sympathique et très charmant ! Et entre les excursions à Madrid ou Salamanca, il y a aussi les sorties en boîte ! Premières fois que je vais en discothèque, et où je danse avec mes « copines » sur le podium autour de la barre en fer ! On s'amuse ... avant 22h (heure à laquelle on doit rentrer dans nos familles) il n'y a personne à par nous les petites françaises !