* 15 ans (suite) : Jalousie, Amitiés, Retrouver l'Amour
Etant donné les larmes qui coulent presqu'instantanément de mes yeux, l'information n'a pas mis longtemps à être assimilée. Presqu'automatiquement, une expression horrifiée a dû s'afficher sur mon visage, en même temps que je relie à voix haute le message, à ma mère.
Je ne comprends pas. Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi ? Pourquoi a-t-il fait ça ?
Je suis toujours en train d'essayer de comprendre la raison de cet acte, alors qu'on arrive chez moi. Je suis toujours en train de pleurer, et curieusement, je me demande pourquoi je pleure ? Ce n'est pas de mon père qu'il s'agit, c'est le père de Guillaume n°2, et je ne l'ai peut-être rencontré que 3 ou 4 fois dans ma vie, alors pourquoi ça me fait autant de peine ? Aussitôt rentrée, j'attrape le téléphone, et compose par instinct ce numéro que je connais par c½ur. Je ne sais plus qui me répond, je demande juste à parler à Guillaume n°2. Il a l'air d'aller plutôt bien, étrangement calme. On lui a donné des médicaments pour le tranquilliser. C'est arrivé la veille, dans l'après-midi, son père est descendu à la cave, il n'y avait que Guillaume n°2 et sa s½ur, dans la maison, donc, c'était forcément l'un d'eux qui allait le découvrir. Guillaume n°2 est descendu à la cave, et il l'a trouvé pendu. Dans ma tête je visualise la scène, je revois son garage, le visage de son père. Je pleure toujours. Il m'explique l'arrivée des pompiers, le médecin qu'on a appelé dans la nuit à cause des cauchemars de Guillaume n°2. Je lui dis de prévenir sa copine, qu'elle est là aussi pour l'aider.
Puis je retourne en cours l'après-midi, dans état pitoyable. Lorsque je retrouve Céline ma meilleure amie, je lui explique ce qui vient de se passer, et aussitôt les larmes reviennent, Charlène passe devant moi, visiblement heureuse de croire qu'elle est responsable de mon chagrin. Non, je ne suis pas en état de suivre un cours, je passe donc l'après-midi à l'infirmerie, l'infirmière m'écoute parler, plus pour moi, que pour elle, pour essayer de comprendre ce qui a pu provoquer ce suicide ! Qu'est-ce qui a bien pu se passer, pour pousser son père à se suicider chez eux ? Cette famille, j'en avais une image parfaite, de bonheur, de réussite, tout allait bien pour eux, ils n'avaient pas d'ennuis à ma connaissance. C'est comme si au fond de moi, l'image du dernier bonheur parfait venait de se briser en morceau. Je pense à Guillaume n°2, sans père, comme moi. Pourquoi le sort s'acharne ainsi ?
Finalement, je ne l'apprendrai que des années plus tard, ce genre de suicide est une maladie psychologique, comme une sorte de dépression, sans raison particulière, et généralement héréditaire ...
Le jour de l'enterrement, je suis en Angleterre, à Canterbury, avec ma mère, et ma s½ur. Il s'agit d'une sortie organisée par le boulot de ma mère. Je me vois encore assise dans une boutique de fringues pour ma s½ur, les pensées bien loin de là. Dans ma tête, je vois l'église d'Annecy-le-Vieux, une foule devant, et puis un cercueil en sortir, avec Guillaume n°2 à côté, habillé tout en noir. Je ne l'ai jamais vu habillé de couleur sombre, sobre, je l'ai presque toujours vu heureux, c'est comme un choc, qu'est-ce que je fais là ? De l'autre côté de la Manche ?
Encore aujourd'hui, j'ai dû mal à comprendre le chagrin que j'ai ressenti. D'après ma mère, il s'agirait d'un mélange entre le chagrin pour le décès de mon père, et le chagrin de ma rupture avec Guillaume n°2.
Les jours passent, je reste en contact avec Guillaume n°2. Il a finalement mis Clotilde, sa copine, au courant. Et puis un soir, je ne sais plus trop comment, sur Internet, je suis tombée sur elle, on a parlé, de Guillaume n°2, bien sûr, du fait, que j'ai été prévenue avant elle, de comment ils se sont rencontrés, etc. Et la peine s'est effacée, pour laisser place à la jalousie.
Je ressentais de la compassion pour Guillaume n°2, en raison de cet amour, j'avais toujours pour lui, et cet amour, qui fait que je ressens de plus en plus de jalousie vis-à-vis de cette Clotilde.
Dans un sens, psychologie ment, je gère plutôt les évènements survenu en moins d'un mois, une rupture, une baffe, un suicide, mais tout ce qu'on refoule mentalement, physiquement, le corps fini toujours par le laisser paraître. Je perds pas mal de poids en très peu de temps (ce qui personnellement, ne me dérangeait pas, mais en inquiétait d'autre), j'ai souvent des douleurs au c½ur. Je vais passer une échographie à Paris, il ne s'agit que d'un simple souffle au c½ur, les douleurs sont peut-être juste un effet lié à la spasmophilie. Je n'y prête pas plus d'attention.
Au lycée, Charlène finit par me laissée tranquille. Les choses rentrent peu à peu dans l'ordre. Et je commence même à bien sympathiser avec Antoine, le « dealer » de la classe, un grand (1m86) blond aux yeux bleus de 17 ans. En fait, je sympathise même beaucoup, et il y a comme une sorte de rapprochement.
En même temps, je suis contactée sur Internet, par un gars, Julien, presque 15 ans, qui habite à côté de lycée, et qui veut me rencontrer. On discute pas mal sur msn (nouveau moyen de communication que je viens de découvrir et qui est une véritable révolution dans ma petite vie). J'accepte de le rencontrer un samedi, après un DST. Il m'attend devant le lycée. Grand (1m85), les yeux bleus (et daltonien), cheveux châtains clairs, et avec un physique d'athlète, normal pour ce tennisman. Il m'invite à déjeuner. C'est la première fois qu'un gars m'invite au restaurant, c'est plutôt flatteur. Je précise quand même une anecdote marrante au passage, en descendant en ville, il a marché dans une merde de chien fraîche. Ce n'est pas un bon point quand on veut draguer, mais ça me fait rire, et ça détend l'atmosphère parce que quand je suis intimidée par quelqu'un, j'ai le réflexe de parler, beaucoup, beaucoup, je lui raconte donc ma vie, mes colos, mes amis, les cours. Et il m'écoute sans broncher ! Sympathique, et drôle !
Le mardi suivant, je me retrouve dans une situation qui m'aurait parue improbable un mois avant ! Dans la même journée, je me vois contrainte de dire à Antoine, puis à Julien, que je ne veux sortir avec personne pour le moment, parce que j'aime toujours Guillaume n°2 !
Sauf, que le jeudi, je réussis à me faire avoir par Antoine, qui je ne sais pas trop comment, réussis à m'embrasser à la fin des cours (sincèrement, j'ai été prise par surprise !) Je ne donc pas à l'aise juste après quand je me retrouve chez Julien, en essayant de dissimuler la gourmette qu'Antoine m'a attaché au poignet !
Au fond de moi, je sais très bien, que je ne suis pas amoureuse d'Antoine, surtout qu'on forme un couple assez atypique : moi déléguée, 2e de ma classe, et lui, dealer, fouteur de bordel en cours ! Mais quelque part, ça fait longtemps que je n'ai pas sentie la présence d'un gars à mes côtés, et finalement, j'adore ça ! D'où les échanges de bisous, en cours de maths, dans le dos du prof, les pelles roulées à la récré, qui font que les autres désertent la classe, et Charlène, qui soudain apaisée, m'adresse à nouveau parole !
Et de l'autre côté, je continue à voir Julien, qui s'avère être un ami formidable, avec qui je me marre très souvent, « est-ce que je suis maladroit ou bien je n'ai pas de chance ? » me demande-t-il après avoir ouvert le service à couvert, tout neuf de sa mère, à l'envers, faisant tomber tout son contenu par terre ! Et puis, on peut se faire des sorties au ciné, pour aller voir les « 11 commandements », avec Michaël Youn.
Je me rends bien compte que Antoine et moi, ça ne marchera jamais, et surtout, je ne supporte plus de porter sa gourmette, comme si je lui appartenais. Donc on se sépare, d'un commun accord, au bout d'une semaine et demi. Je me retrouve donc seule à la St Valentin, et étrangement, c'est la personne la moins improbable qui le soit qui me la souhaite : Guillaume n°2 !).
Cet hiver je pars en colo à Châtel (Haute-Savoie), et j'attends ça depuis longtemps. Et pour plusieurs raisons : je n'ai pas fait de ski depuis 2 ans, j'ai vraiment besoin de me changer les idées, et surtout, je sais d'instinct, que je vais y retrouver l'amour ! Donc, c'est avec impatience et enthousiasme, que je retrouve Vincent, avec qui j'avais longuement discuté l'été dernier, et qui est dans le même lycée que moi. Il fait la même colo que moi. Je déchante un peu, à mon arrivée à la gare de Lyon, pour prendre le TGV, en découvrant, la tête des autres ! Colo 14-15 ans, je dois être la plus vieille, la seule à être en première ! En cherchant les toilettes, je fais la connaissance d'Erwan (oui, il a des manières assez originales de faire des rencontres). Sympathique gars, en première S, à qui j'essaye d'expliquer pendant 10 bonnes minutes ma vie sentimentales, et qui a la fin de mon discours me dit : « oui, mais ma question c'était juste si tu es célibataire ou non ? » Heu, oui ! Tout ça sur le chemin qui nous a mené dans un café en face de la gare, et où je manque de renverser un serveur avec une bouteille de champagne dans les mains.
On monte dans le TGV pour aller à Evian, après avoir tiré à grande peine ma valise de 22kg le long du quai. Je suis assise en face d'Erwan, pendant 4h, qui se révèle être un sacré phénomène d'humour. A côté de nous sont assises Anaïs, et Camille, mes futurs coloc' de chambre. Camille est de Dunkerque, une ch'timi, et Anaïs est fan de Robbie Williams.
Une fois arrivée à Châtel, je m'installe tranquillement dans ma chambre, et à peine ai-je ouvert mon sac qu'une dizaine de mecs débarquent et s'installent sur mon lit, tombant immanquablement sur ma crème anticellulite (on a tous nos problèmes). Après avoir lutté pour nous débarrasser des mecs, arrive Erwan, en serviette (il va vite en besogne lui quand même) : « on n'a pas de douche dans notre chambre, est-ce que je peux prendre la votre ? » C'est une blague ? Après vérification, non, bon, vas-y !
Deux jours après, je me retrouve dans une ambiance de malade ! Premier info : les rapports sexuels sont autorisés (et dire que j'ai fait tant de colos avec Guillaume n°2 et c'était interdit), on dispose même de capotes dans les WC. Deuxième info : je me suis fait voler mes capotes à l'orange ! Et puis, il y a les fameuses gamelles au ski. Erwan qui se casse la figure, et au lieu de s'arrêter et de se relever, continue à descendre la piste à plat ventre, renversant 2 autres personnes qui tenaient de le rattraper, au passage ! Et moi, pétée de rire du haut de la piste : mais pose tes skis pour t'arrêter au lieu de garder les jambes en l'air. Suivie de la plus belle gamelle que j'ai jamais vue de ma vie, Anaïs et le tire-fesse ! Celle-ci est mémorable, digne de Vidéo-gag. On a pris un tire-fesse un peu raide à la fin, où il faut se dépêcher de lâcher la perche, sinon, on reste accrocher. L'ayant déjà pris je savais à quoi m'en tenir, mais pas Anaïs, qui une fois arrivée en haut, n'a pas réussi à retirer la perche, et qui a pu la lâcher, qu'après avoir commencé à gravir la pente, sensée nous arrêter. Evidement, une fois la perche lâchée, plus rien ne la retenant, elle glisse en ailleurs, et rentre dans le type qui arrive juste après elle ! Celui-ci tombe sous Anaïs, perd son ski, qui dévale, la pente. On aurait pu s'arrêter là, si les skieurs suivant n'avaient pas tenté de rattraper le ski, et ne s'étaient pas casser à la figure du tire-fesse à leur tour ! Et moi ? Pétée de rire en haut de la piste !
Mais Erwan et Anaïs ne s'arrête pas là, ils sont également excellent au dîner : Anaïs nous lit son horoscope : « scorpion, mangez de la verdure », arrive la salade, et Erwan, silencieux jusqu'alors, qui lance : « ben faut brouter maintenant ». Ou encore, Erwan se proposant de servir la soupe à Anaïs, qui retire son assiette des mains d'Erwan, envoyant valser la soupe sur la pauvre Camille assise à côté !
Et encore s'il n'y avait qu'eux deux pour faire des gaffes ! Bon gré, mal gré, je me retrouve assez souvent dans la chambre des gars, qui comprend entre autre, Christophe (dit Totof), qui s'est cassé le poignet (pratique pour le surf), Jean-Charles (dit JC) genre punk aux tendances sexuelles étranges, et un mec plutôt mignon, qui s'appelle ... Guillaume (auquel j'attribue le numéro 3 pour éviter les confusions). Les discussions sont essentiellement basées sur le sexe (comme des ados), et Totof me demande d'établir un classement des mecs de la colo : n°1 Guillaume 3, n°2 Totof, et n°3 JC. Evidemment ça crée des rivalités, mais c'est drôle. J'en parle beaucoup avec Anaïs et Camille, et je leur parle aussi de Guillaume n°2, notamment de son père. Camille me dit que c'est beau la relation qu'il y avait entre nous comme des « âme s½urs ».
Je me souviens m'être retrouvée un soir dans ma chambre, avec Totof, pour lui prêter une robe pour se déguiser pour un jour lors d'une veillée, l'avoir regardé et m'être dit que si je voulais faire quelque chose, c'était maintenant ! Mais non, je ne fais rien, parce que c'est de Guillaume n°3 que je rêve. Il est plutôt pas mal, brun, les yeux marron, un peu plus grand que moi. Bon, c'est vrai qu'il n'a que 14 ans, mais il me plaît vraiment. Il est du genre timide (comme un Guillaume quoi), donc c'est à moi de faire le premier pas. Je passe presque toutes mes soirées dans la chambre des mecs, et je ne trouve pas le moyen de passer à l'action. Et donc un soir, ras-le-bol, je claque la porte et retourne dans ma chambre. On m'envoie Guillaume n°3 quelques instants plus tard. Il est là devant moi. Je ne sais pas quoi lui dire en fait, donc ne trouvant pas mes mots, je passe aux actes, et je vais directement l'embrasser. Et deux secondes après, j'entends Erwan, qui dit : « bon, euh, je sors tout de suite, ne vous dérangez pas pour moi » ! En serviette, et tout mouillé, il sort de la douche ! Guillaume n°3, abasourdie, ne comprend pas top ce qui se passe ! Je réprime une envie terrible d'éclater de rire !
Bien entendu, la nouvelle se répand comme une trainée de poudre ! Et je suis toute contente d'envoyer un message à Céline, Julien, ma mère et Guillaume n°2 pour les prévenir que j'ai retrouvé l'amour. Céline qui est au BAFA approuve, ma mère aussi, Julien est vexé pensant qu'il pourrait sortir avec moi après ma colo (vu que l'excuse, après « j'aime toujours Guillaume n°2 », c'était « je pars en colo, ne nous engageons pas avant »), et Guillaume n°2 qui ne trouve rien d'autre à me dire que « et ben dis dons, dans ta vie on dirait que tu n'aimes que les Guillaume ! ». Evidemment, je reste tout le temps avec Guillaume n°3, jusqu'à nous faire engueuler par l'équipe d'animation, pour être arrivés en retard au dîner, parce qu'on était resté dans ma chambre à se bécoter ! En dehors de ça, la colo continue, Totof vexé sort avec une autre fille, JC ne comprend pas ce que je fais avec Guillaume n°3 (ça ne s'explique pas), et Vincent recherche une moufle parce qu'il s'est cassé un doigt et ne peut plus mettre de gant. A ce propos, lorsque sa mère a raconté à ma mère (sa collègue), que Vinc' s'était cassé le doigt ma mère, lui a demandé « mais où il a mis ses doigts ? », ce à quoi la mère de Vinc' a répondu « ben je sais pas, demande à ta fille ! » Charmant ! En fait, j'aime beaucoup faire du ski avec Vinc', surtout entre deux verres de vin chaud (c'est délicieux), pour le voir finir coincé sur un rocher, obligé de s'assoir pour réussir à faire demi-tour ! Arrive le dernier. C'est un peu la panique, parce que je dois terminer d'écrire mes cartes postales, faire ma valise, me faire belle pour la « soirée ». Bref, avec toute cette galère, et entre deux bisous, je me retrouve avec un mal de crâne d'enfer. Et au milieu de la soirée, je n'en peux plu, je vais rechercher un peu de calme. Oh là là, ça ne va plus tout, je suis avec Guillaume n°3, et soudain, il faut que je m'asseye, je sens des fourmis dans mes joues, et j'ai les yeux qui pleurent. Un peu paniqué Guillaume n°3 va me chercher de l'aide. Je me souviens qu'on m'aide à monter l'escalier jusqu'à l'infirmerie, j'arrive à peine à marcher. On m'allonge, j'ai des spasmes, je tremble de partout et je délire. Je sais ce que j'ai, une crise de spasmophilie comme ma mère, mais je ne sais pas du tout comment la gérer, j'ai peur, je dis que je ne veux pas mourir. Vers le milieu de la nuit, ayant enfin réussi à me calmer, je remonte dans ma chambre. Le lendemain matin, je découvre que j'ai bien foutu la trouille à tout le monde, en particulier à Guillaume n°3. On reprend le TGV, ensemble, à s'embrasser, pendant 4h, puis finalement 5h, le train ayant heurté un chevreuil, on a une heure de retard. Bizarrement lorsqu'on se quitte sur le quai de la gare, je ne pleure pas, alors que je n'ai même pas une photo de lui (mon appareil photo ayant pris l'eau, et la neige). En rentrant, Vinc' me demande si je vais revoir Guillaume n°3. Bien sur, il habite à Angoulême, d'accord, c'est à 600 kms de chez moi, mais ma cousine habite là-bas, et je vais la voir dans un mois pour fêter ses 18 ans !
De retour au lycée, évidemment, je raconte toute ma colo à Céline, qui ne dit rien au fait que j'ai encore trouvé un Guillaume, ni au fait qu'il s'agisse encore d'une histoire à distance. Je revois Julien aussi, mon ami. Il est vexé, souffre, mais ne le montre pas, il m'écoute raconter ma vie, me dit que les histoires de distances c'est jamais trop ça, mais bon, étant restée avec quelqu'un pendant presque deux ans à distance, ses arguments n'ont pas trop d'effets. Evidemment, je me suis relancée dans la rédaction de lettres hebdomadaires, à l'attention de Guillaume n°3, qui, lui au moins, me répond !
A la mi-mars, Guillaume n°3 part à Ségovie (Espagne) en voyage scolaire, une semaine après les attentats de Madrid. Et je descends à Angoulême pour l'anniversaire de Catou. Je dois revoir Guillaume n°3 à la fin du week-end. Ma cousine ne sait pas que je suis descendue pour son anniversaire, c'est une surprise. Pour fêter ça, on va dans un bas, avec elle, ses potes, et je retrouve Manu, qui a l'air plutôt content de me revoir. Personnellement, je ne sais pas trop quelle attitude adopter, donc je ne dis rien. Et je suis étonnée, lorsque le soir, arrivée, chez l'ex de Catou, elle me dit que je n'aurais qu'à dormir avec Manu ! Ah bon ! N'étant personnellement plus célibataire, la donne à changer, mais apparemment, pour Manu, casé également, être deux à fauter, c'est plus acceptable. Donc, cherchant un me réchauffer parce que je suis aussi glacée qu'un cadavre, je me rapproche de lui. Il y a certains gestes, mais il ne se passe rien concrètement. Et c'est mieux pour ma conscience. Le dimanche, je retrouve Guillaume n°3, à qui je ne dis rien. On va chez lui, sa famille dort encore. Retrouvailles sympathiques mais pas à la hauteur de ce que j'attendais physiquement. Et pour couronner le tout, je me fais avoir par le changement d'heure, et revient avec une heure de retard au rendez-vous fixé par ma mère pour rentrer.
Evidemment, je n'échappe pas une belle dispute : « je ne t'emmènerai plus jamais voir un de tes copains à l'autre bout de la France », donc maintenant je dois me débrouiller toute seule, parce qu'elle sait tenir ses promesses.
Mais cette dispute ne m'empêche pas d'aller à la fête du lycée, le Père Cent, c'est-à-dire, les 100 jours avant le bac. Thème de la soirée « Jet Set ». Mamie a réussi à me dégotter une tenue classe, et pour la première fois depuis des années, je suis en jupe, et certains ne m'ont même pas reconnue ! On s'amuse bien, avec Céline on se dit qu'on aurait dû amener Julien !