« Retour au blog de voyager88

Autobiographie <=> Victoire II (4e partie)

Autobiographie <=> Victoire II (4e partie)
Le Bonheur, finalement, on peut l'atteindre, après de nombreuses épreuves bien sûr. C'est une question de Karma, beaucoup de mauvaises énergies dans un seul sens, donc, il en faut dans l'autre sens pour équilibrer le tout. Et étrangement, la consécration, on l'obtient parfois, disons, en dehors des sentiers battus !

15 ans (fin) : Il y a une première fois à tout ...

Avril arr
ive avec son lot de devoir. Allez savoir pourquoi les profs ont décidé que le moment est idéal pour nous demander de produire une tonne de dossier : les élections régionales en Science Politique, la Picardie en Géographie, et la contraception en SVT. Ce dernier dossier est plutôt sympa, c'est la première fois que je scanne une de mes anciennes plaquettes de pilule ou encore des préservatifs.
Je trava
ille avec Céline sur ces dossiers, et donc je passe du temps chez elle, avant les vacances. La mère de son meilleur ami vient de décéder, et donc, je suis aussi là pour la soutenir. Un après-midi, en sortant son chien, on passe devant le cimetière. Elle se demande où va être enterrée la mère de son ami, et ne pouvant entrer avec son chien, je vais chercher la tombe à sa place. Je parcours les allées. A un moment, alors que je venais de regarder les tombes à ma droite, je me tourne vers la gauche, et je manque de peu de mettre le pied dans un trou béant ! Evidemment, je pousse un cri d'horreur ! Céline qui a entendu me demande ce qu'il se passe. Et réalisant l'absurdité de la situation, j'éclate de rire ! Ma foi, les morts ont dû apprécier le changement, en dehors des larmes, ils doivent entendre rarement éclater de rire !
Un soir
en discutant sur Internet avec Guillaume n°2, il m'avoue qu'il ne va pas tarder à quitter Clotilde, ce qui évidemment m'enchante, la vengeance est un plat qui se mange froid. Comme je discute en même temps avec Guillaume n°3 (l'avantage d'Internet : parler à plusieurs personnes en même temps), je lui annonce ce que je prends pour une bonne nouvelle. Quelques minutes plus tard, il m'envoie un message pour me dire : « tu l'aimes encore n'est-ce pas ? » Merde. Sincèrement là j'ai un problème. Bien sûr, au fond de moi, je sais que j'aime encore le Guillaume n°2. Et d'une certaine manière, je l'aime à travers Guillaume n°3 (oui je sais c'est compliqué), qui m'apporte certaines choses, que je ne trouvais pas chez Guillaume n°2, comme l'attention, le dialogue, les lettres, etc.
Pour toute réponse, j'assure à Guillaume n°3 que je n'aime que lui.
2 j
ours avant mon départ en séjour linguistique à Malte, soit deux jours avant son anniversaire, Guillaume n°2 m'envoie un message, pour me parler d'un stage qu'il a fait dans les Ardennes. Il y a quelque chose d'étrange dans son message, qui sous-entend qu'il en a plus à me dire, et à force de chercher, il fini par m'avouer qu'il l'a fait, avec une quasi parfaite inconnue, mais que c'était « trop puissant » ! Je n'en demande pas tant au destin quand je parlais de vengeance, parce que pour le coup, il l'a franchement trompée sa Clotilde, vu qu'il ne l'a pas encore quittée. Et d'un côté, ça m'ennuie profondément. J'ai tellement voulu le faire avec lui, et pour me venger je voulais le faire avant lui ! Donc, là tout est fichu, et ce n'est pas bon pour mon moral. Mais à tout problème, il existe une solution, et elle s'appelle Malte.
Je s
uis partie seule, sans connaître personne à l'avance. J'attends déjà depuis un moment à Barbès (au centre de stockage des jeunes colons), lorsque débarque Florian. « Salut Moignon » ! Et oui, le gaffeur du Raid Corse. Ca me fait plaisir de savoir qu'on retrouve quand même des p'tits rigolos en séjour linguistique. Jusqu'à l'aéroport tout se passe bien, je discute avec d'autres filles, leur parle de Guillaume n°3. Au passage des détecteurs de métaux, un des gars de notre colo à un problème avec ses ... chaussures ! Ils veulent les lui faire passer en soute, et qu'il monte dans l'avion avec des chaussons en plastiques d'hôpitaux ! Ca me fait bien rire, et à dire vrai, ce gars n'est pas trop mal, grand brun aux yeux bleus, un côté très beau gosse. Dans l'avion, grâce à Florian, je sympathise avec le beau gosse, qui s'appelle Alexis, et un autre type, du nom de Pierre, fin blagueur.
Puis je d
écouvre ma famille d'accueil, un jeune couple, qui a un bébé de quelques de mois, et un minuscule toutou qui aboie sans arrêt. L'appartement est sympa, tout neuf, ça sent le PVC dans ma chambre, où j'ai un placard, et 2 lits. Dans une autre chambre, il y a une allemande et son frère, qui termine leur séjour. La fille a pris de sacré coup de soleil. Bon, je devrais être bien ici. Ma mère ne tarde pas à m'appelée, tellement heureuse de pouvoir parler anglais.
L
e lendemain après-midi, petite reconnaissance de la ville avec notre animatrice (la cinquantaine, une choucroute grise incroyable sur la tête). Avec Florian, Pierre, Alexis, et une fille du nom de Sophie, on forme une sorte de petite bande qui délire pas mal, et le soir, on sort en ville, à Party ville, où on trouve pas mal de boîte de nuit. Sur le chemin du retour, Pierre et Alexis me demandent si je suis célibataire. Le fait que je mette un certain à répondre ne leur échappe pas. « Oui, je sors avec un mec de 14 ans, depuis presque 2 mois, et qui habite à 600 kms de chez moi ». Ils se regardent, puis sourient. « Tu en as mis du temps à répondre, pourquoi ? » Parce que ça serait trop long d'expliquer que j'aime encore Guillaume n°2, et qu'Alexis me plaît vraiment. Donc je reste vague !
Le lend
emain, on va à la plage. Alors pour être honnête, il n'y a pas de plages de sable à malte, seulement, des surfaces rocheuses, plus ou moins plates. On est le 19 avril, la Méditerranée est à 12°C, mais ça ne m'empêche pas de me baigner avec les garçons. Une sorte de complicité et de lien se créer avec Alexis. Et c'est lui qui me raccompagne chez moi le soir, alors que j'ai pris un sacré coup de soleil. Et devant mon immeuble, il me dit : « je ne vais pas t'embrasser, parce que je ne te connais pas encore très bien, je vais juste te donner un petit bisous », et il pose délicatement ses lèvres sur les miennes. Il a un goût délicieux.
Je suis sûre u
ne autre planète ! Et dans la merde ! Je viens, pour la première fois de ma vie, de franchir ma limite de l'infidélité ! Bon, en même temps, Guillaume n°3 n'en saura rien, et quel mal y a-t-il à prendre un peu de bon temps ? Et bizarrement, le lendemain, lorsque j'ai ma mère au téléphone, et que je lui parle d'Alexis, elle me dit : « et bien allez, sors avec Alexis ». On dit qu'il faut toujours écouter ses parents !
Donc,
oubliant un peu ma conscience, je me mets à sortir avec Alexis, et pour être franche, c'est assez torride. Baisers incessant, au nez et à la vue de tout le monde, même dans les églises pendant les visites. C'est rare, mais là, l'avis des autres me passe très loin au-dessus de la tête. Dans un sens, les choses ne pourraient pas être mieux. C'est le meilleur séjour linguistique qui puisse être ! Pendant les cours le matin, je suis morte de rire la moitié du temps, à cause de Florian, qui est dans une autre salle, et qui appelle sans arrêt Pierre sur son portable et dont la sonnerie est « Week-end » de Lorie, ce qui agace profondément la prof ! Florian a le don de nous faire rire, mais ce n'est pas sa faute. Un soir, alors qu'on sort encore à Party ville, les gars « s'amuse » à éclater tous les rétros de voiture dans une rue (jeunes et cons, je sais). Florian veut essayer aussi, et en fait, il se trouve qu'il a vraiment la poisse, dans la mesure, où la voiture qu'il touche est la seule équipée d'une alarme. Evidemment, on est obligé de s'enfuir en courant, mon souffle s'emballe un peu, donc, j'ai peur de refaire une crise de spasmophilie. Alexis, très attentionné me ramène encore chez moi. Les jours qui suivent sont idylliques. Je me souviens d'être allongée sur une aire de jeux pour enfant, avec juste le ciel bleu, le Soleil qui me chauffe la peau, et « L'Aventurier » d'Indochine, le live, dans les oreilles. J'aime Guillaume n°2, Guillaume n°3 m'aime, et je sors avec Alexis qui m'apporte physiquement plus de présence qu'aucun de mes copains jusqu'à présent. C'est un peu compliqué, mais d'avoir deux copains en même temps, c'est un peu comme si j'avais tout gagné.
Le dernier
soir, il y a une sorte de soirée d'organisée, avec un autre groupe, des bulgares. A dire vraie, la musique, l'ambiance, et donc la soirée en elle-même, c'est un peu pourrie. Je m'isole dans les rochers avec Alexis, dans un coin tranquillement, loin des regards des autres. Je n'ai jamais été aussi intime avec un mec. En rentrant en bus, blottie contre lui, je lui dis « ça serait bien si tu pouvais dormir avec moi cette nuit, juste dormir ». L'idée fait son petit bout de chemin, et au lieu de se limiter à me raccompagner devant la porte de chez moi, j'invite Alexis à entrer dans l'appartement. Toute ma famille d'accueil dort, il ne faut pas réveiller ni le chien, ni le bébé. Lentement et en prenant d'infinies précautions, on arrive à entrer dans ma chambre. On se couche l'un contre l'autre, dans mon petit lit. Après quelques minutes, Alexis me dit : « tu crois qu'on pourrait quand même essayer ? ». D'accord. L'occasion est trop belle pour être manquée. Alors un peu maladroitement, on s'y met. On dira ce qu'on voudra mais il faut toujours avoir des préservatifs avec soi. Pas évident pour deux débutants, obligée de lui dire à un moment « non, mais tu sais que tu n'es pas dedans, là ? », et on part tous les deux dans un fou rire terrible ! Franchement, vous en connaissez beaucoup des ados qui sont morts de rire leur première fois ! Bon, restons concentrés, on y arrive quand même, effectivement, ça fait un peu ma, comme une brûlure, et automatiquement, mon cerveau qui cogite toujours en tout sens pense « pourvu qu'il n'y ait pas de tâche de sang sur les draps ». Bon, d'accord, ça fait franchement mal, on peut arrêter là ? Il accepte, un peu à contre c½ur. Heureusement, pas de sang, pas de tâche. Bon ben, voilà, c'est fait ! A ce moment là, je n'ai qu'une seule envie, qu'il parte, j'ai besoin de rester seule. Etant donné que je fais semblant de dormir, il fini par s'en aller, aussi silencieusement que possible, et sans mon aide. Pourvue que la famille ne se rende compte de rien. Et effectivement, le lendemain matin, elle ne m'en parle pas, elle me dit au revoir, rien de plus. Soit ils sont franchement naïf, soit on est des pros ! Quand même, ma première fois, dans une famille d'accueil, à malte, ça au moins, ça peut rester dans les annales !
Je retrouv
e Alexis à l'aéroport. On ne dit rien à personne, mais j'ai l'impression que ça se lit sur mon visage. Comme souvent, en colo, on regarde la carte d'identité des autres, j'ai un choc en voyant celle d'Alexis, surtout pour la date de naissance : juillet 1989. Je fais un rapide calcul dans ma tête. « Tu as 14 ans ? » Durant toute la semaine, et notamment les 5 jours où on est sorti ensemble, j'étais persuadée qu'il avait 16 ans, jamais j'aurais pensé qu'il était plus jeune que moi ! « Mais tu es un mineur de moins de 15 ans ! » Merde ! Bon, en même temps ce qui est fait, est fait !
Ca ne
nous empêche pas d'en parler longuement dans l'avion. En y repensant, je plains le pauvre type assis à côté de nous, et qui a dû subir la conversation de deux ados parlant avec grand enthousiasme de leur première fois ! Je parle également de Guillaume n°2 à Alexis, et lui, ça ne le dérange pas, et du fait que l'ayant fait 2 semaines avant mes 16 ans, d'une certaine façon, je l'ai fait avant Guillaume n°2. Et il me dit : « en fait je t'ai rendu un putain de service ! » Oui, on peut voir les choses comme ça.
On se sépa
re à l'aéroport à Paris. On est d'accord sur le fait que chacun va reprendre sa petite vie normale, ce qui veut dire que je continue à faire comme si de rien avec Guillaume n°3.
Tout de suite après, j'appelle ma mère. « Maman, tu sais quoi ? Je l'ai fait !!» Toute contente que je suis de pouvoir en parler à quelqu'un. Oui, ça peut paraître étrange de raconter ça à sa mère, mais on est proche, et elle est plus que compréhensive avec moi. Evidemment j'en parle aussi à Julien, pour la simple et bonne raison qu'il l'a fait à 13 ans, et a une vie sexuelle plus que bien remplie pour un mec de 15 ans, et donc, ça me paraît naturel de pouvoir en parler avec lui. Mais bizarrement, il ne m'approuve pas « c'est dégueulasse pour Guillaume n°3 » ! Voilà que je me prends des leçons de morale maintenant !
De re
tour chez moi, il y a comme une sorte de vide, laissé par Alexis. Je lui écris pour lui en faire part, avant de partir pour Bordeaux, chez mon oncle, car mon cousin vient d'avoir son premier fils. Donc, j'emmène ma grand-mère voir son premier arrière-petit-fils, en avion, c'est son baptême de l'air, à 75 ans ! Et en même temps, Guillaume n°3 va venir me voir.
Pass
ée la découverte du nouveau né (effectivement, c'est mignon un bébé), je retrouve donc Guillaume n°3. Il est content de me voir, moi je ne sais pas trop, essayons seulement de ne rien laisser transparaître. On va au ciné, on s'enfile deux séances de suite « Starsky & Hutch », suivie de « Taking Life » avec Angélina Jolie. Bizarrement, ses baisers n'ont plus le même goût, comme s'ils étaient fades, peut-être parce que je me suis trop habituée à ceux d'Alexis. Quand il repart, je sais exactement où j'en suis. Je n'ai plus rien à faire avec lui, et c'est d'Alexis dont je suis amoureuse.
Qu
elques jours après, j'envoie un mail à Guillaume n°3, pour lui dire que je me suis rendue compte que je ne suis plus amoureuse de lui, qu'on ne pourra pas se revoir, et donc qu'il vaut mieux qu'on arrête. Finalement, ce n'est pas si difficile que ça de quitter un mec, parce qu'il le prend plutôt bien, et il est d'accord avec moi ! Evidemment, je ne lui parle pas d'Alexis. Ey d'une certaine façon, j'ai réemployé les propos de Guillaume n°2, pour quitter Guillaume n°3. Voilà, c'est fini, ça aura duré 2 mois). Et Alexis ayant bien reçu ma lettre, et m'ayant dit que justement, c'est un peu ce qu'il espérait, et donc, comme on s'est avoué nos sentiments, on sort officiellement ensemble. Donc tout va bien.
L
e truc c'est d'expliquer ça à Céline, parce que, quand je suis partie en vacances, 15 jours plus tôt, je sortais avec Guillaume n°3, elle n'avait jamais entendu parler d'Alexis, et j'étais toujours vierge. Donc, il faut savoir faire passer les choses en douceurs, pour ne pas subir un éventuel reproche moralisateur. « Tu comprends, je ne ressens plus rien pour Guillaume n°3, donc je l'ai quitté » premier nouvelle, elle comprend. « Et puis tu sais, j'ai rencontré quelqu'un à Malte, Alexis, il a 14 ans, et il habite à Villejuif, à 200 kms d'ici » deuxième nouvelle, au moins il ne s'appelle pas encore Guillaume, ça change, et il habite plus près. « Ah oui, et il y a encore quelque chose que tu dois savoir, ben, c'est que je l'ai fait avec Alexis », troisième nouvelle, elle me reproche simplement de ne pas l'avoir crue digne de confiance pour lui dire plus tôt ! Au final, la nouvelle passe bien non ?
Enfi
n ce qui compte pour moi, c'est que ça y est, je l'ai fait !

# Posté le samedi 26 mars 2005 12:23

Modifié le lundi 30 juillet 2007 05:20

« Article précédent : Autobiographie <=> Victoire I (3e partie)

Article suivant : Autobiographie <=> Vers la stabilité »