* 12 ans : Apparence physique, ne plus être un caniche-intello et plaire aux garçons
Pour l'anniversaire de mes 12 ans, on m'offre une chaîne hifi. Peu à peu j'ai le sentiment de devenir une ado, une grande ... Mais au fond de moi, je sens que ça ne se voit pas, et j'ai l'impression de toujours ressembler à un bébé, déjà que je suis la plus jeune de la classe.
A vrai dire, je me trouve moche, je n'arrive pas à plaire aux garçons, et je commence donc à entrer dans une recherche de beauté parfaite. Je fais attention à ma façon de m'habiller, à mettre des vêtements qui me mettent en valeur. Et ce n'est pas facile de convaincre Maman de m'emmener m'habiller chez les grandes. Je sais qu'à l'époque je veux absolument pouvoir mettre des chemisiers ouverts sur un débardeur en dessous. Mais comme on dit, l'habit ne fait pas le moine, et j'ai dû mal à faire oublier l'image d'intello ressemblant à un caniche que tout le monde a de moi, notamment Florian. Alors, pour essayer de faire encore plus « grande », je me fais acheter du mascara par Mamie, dans cette histoire, elle va souvent m'être d'une aide précieuse. Après tout, la moitié des filles de ma classe se maquillent, alors pourquoi pas moi ? Même si Maman ne veut pas ...
Mon année de cinquième reste la meilleure du collège à mes yeux, d'une part, parce qu'on ne fiche vraiment pas grand-chose en cinquième, et d'autre part, j'ai une super classe, une super ambiance, pleins d'amis, on s'éclate et on se marre tout le temps. Je termine l'année encore une fois première de ma classe, et comme en fin de sixième, à la remise des prix de fin d'année, j'obtiens le prix d'excellence.
Cette année c'est ma meilleure amie Malory qui fait une boom chez elle. Autant, Zazou a eu du mal à inviter des filles pour son anniversaire, autant Malory a du mal à trouver des garçons : il y a presque toutes les filles de ma classe, et seulement deux garçons, Zazou (bien sûr) et ... Florian (youpiiiii). L'occasion est trop belle pour être manquée, et donc avec la complicité de Malory, je prépare un strip-tease ! Sur la chanson « Easy Love » de Lady (tube du moment), je prépare une chorégraphie, toute seule dans ma chambre avec ma petite chaîne hifi. Je dois théoriquement terminer la chanson en maillot de bain (rien de bien choquant je vous rassure). Je dis en théorie parce qu'en réalité, ça se passe un peu différemment : au beau milieu de la chorégraphie, à un moment où je tourne le dos à tout le monde, Sophie en profite pour tirer sur la ficelle du haut de mon maillot de bain ! Heureusement que j'ai assez de réflexes pour rattraper le truc. Enfin, tout ça pour dire, que mon strip-tease, bien sûr il fallait oser, mais c'est un peu un flop ! Mais après, une fois que tout le monde ou presque est parti, Florian « joue » un peu avec moi, dommage que son père soit arrivé (j'avais quand même réussi à lui enlever ses chaussettes, c'est pas rien !) En partant il me fait la bise (aaaaaaaaah), petit détail que je cesse de ma repasser dans les jours qui suivent !
La semaine qui suit me paraît donc terriblement longue, et dire que je ne vais pas le revoir avant la rentrée, en espérant qu'il soit dans ma classe ! On pourrait dire que le fait que je parte en colo juste après aurait pu me changer les idées, mais à vrai dire, ça ne fait que renforcer le sentiment de distance.
Cet été, je pars en colo en juillet, à Torreferrana, sur la Costa Brava (Espagne) avec ma copine Amandine. Je retrouve encore une fois le fameux Alexandre qui en est à sa 4e colo involontaire avec moi. On est logé dans un vieux château catalan, où, paraît-il, il y aurait des pirates enterrés dans les murs ... Je suis l'une des plus vieilles (et aussi des plus grandes) de cette colo (pour les 10-12 ans). On fait de l'équitation, je ne me débrouille pas trop mal, sauf qu'on cuit en plein soleil sur un cheval, et l'odeur n'est pas spécialement très agréable ! Et honnêtement, ça ne se manie pas facilement non plus un cheval, une fois en balade il a fallu franchir un petit mur de pierre, et ce fichu canasson est grimpé dessus et a fait 3 fois demi-tour dessus avant de bien vouloir en redescendre ! Heureusement qu'il y a d'autres activités comme la piscine du centre, la plage, le tennis (je me débrouille pas trop mal, enfin, c'est ce que moi je crois). Il y a également une salle d'astronomie. On part faire du camping. C'est super chouette, il y a des glaces à 100 pesetas (4 francs, 0,60 ¤uros), pas cher du tout. Un soir il fait un orage pas possible (à vrai dire, ça arrive souvent quand je fais du camping), et donc je suis obligée de rester enfermée dans la tente avec mes copines, Manon et Mathilde. En discutant, je découvre que Mathilde a déjà fait une colo avec moi, en Autriche en 1997, mais je ne l'avais pas reconnue. Et je ne sais plus trop comment, je finis par l'appeler « le pingouin » (parce qu'elle a une tête de pingouin) et elle m'appelle « le cheval » (parce que j'ai des dents et un rire de cheval). En fait, c'est sympa d'être avec des filles plus jeunes que moi, je trouve que je m'amuse plus. Et bien sûr, il y a des booms, et aussi un spectacle. Je suis très heureuse de faire ce spectacle, dans un sketch, je joue René le mari de Céline Dion, interprétée par Mathilde. Bonnes rigolades !
En rentrant de cette colo, je garde contact avec Mathilde, alias donc, le pingouin. Elle habite à Troyes et ensemble on va entretenir une longue correspondance écrite, à se raconter non « histoires d'amour » et autres déboires avec les garçons !
Puis je pars en vacances pendant une semaine et demie à Fort-Mahon Plage, avec Grand-Maman et Clémence. Ma soeur y a passé ses vacances l'été dernier avec mes grands-parents et apparemment ça avait l'air super donc cette année j'y vais aussi. Sauf, que ce n'est pas aussi drôle que ce que j'avais pensé. En fait, je m'ennuie beaucoup, le programme « petit-déj', télé, déjeuner, plage, diner, télé » est un peur déprimant. Ce qui ne m'empêche pas de prendre de sacrés coups de Soleil. J'en profite aussi pour écrire à toutes mes copines et copain, n'oublions pas Zazou qui m'a envoyé une jolie carte postale d'Espagne où il était aussi en vacances et sur laquelle il a écrit « je t'ai cherché partout, mais en vain ... » très mignon et très gentil ! Je trouve également le courage d'écrire à Florian, sans avoir de réponse pour autant.
Fin août, je pars enfin en vacances avec Maman. On va à Port-Grimaud, près de Saint-Tropez, la piscine est immense et j'y passe la moitié de mes journées.
Cette année, je ne fais pas de gymnastique, vu que j'ai perdu toute ma souplesse, à la place je me lance dans le tennis, étant donné que ça m'a plu en colo. En fait, je suis tout sauf douée pour ce sport, pour ne pas dire que je suis une véritable catastrophe ! Mon prof, Julian, a beaucoup de patience, il m'aide même s'il sait que ça ne sert à rien. Je vise mal (s'il est possible de dire que je vise !), et je ne sais pas rattraper les balles ! Les 3 autres gars qui sont avec moi ont bien de quoi rire !
Enfin arrive la rentrée, et là, grosse déception. Je me retrouve en 4e F, je suis toujours avec ma meilleure amie Malory, il y a toujours mon meilleur ami Zazou, et il y a aussi Maxime (dans ma classe depuis la sixième). La plupart de mes profs, je les ai déjà eu dans d'autres classes, comme ma prof de maths, la même depuis la sixième (et qui est ma prof principale cette année). Bref, ça pourrait être très bien, sauf que voilà, Florian n'est pas dans ma classe, et ça, ça ne va pas du tout. Ca me brise le c½ur, et ça me rend tellement triste, pourquoi ? Je voudrais tellement changer de classe, mais non, je ne le dis pas, ça serait ridicule. Et je ne peux pas, je suis dans cette classe, parce que je fais du latin !
Début d'année difficile, les profs nous bassinent tous avec le brevet (mais enfin, c'est que l'année prochaine !), il y a beaucoup plus de boulot, on a plus de DST (Devoir Sur Table, sorte de grand contrôle trimestriel que toutes les classes de la division font en même temps) qu'en cinquième (presque dans toutes les matières). Je commence l'espagnol (ça va encore, c'est facile), j'ai 3h de cours de plus que la moitié de ma classe parce que je fais du latin, et ma prof d'hist-géo (la femme du directeur) nous fait sans arrêt des interros de vocabulaire, auxquelles on se ramasse toujours des sales notes ! Sans oublier la prof de français (je n'aime pas trop cette matière) qui me met un 7/20 au premier contrôle, la plus mauvaise note de toute ma scolarité ! Et pour couronner le tout, je ne suis plus la première de ma classe, je me fais doublée par une fille qui s'appelle Dorine, autant vous dire, que ce n'est pas franchement ma copine, même si je suis déléguée de la classe avec elle.
Et au départ l'ambiance de la classe, ce n'est pas trop ça. Je ne connais pas la plupart des élèves alors qu'eux se connaissent entre eux. Ceux de ma classe de cinquième ont été dispatchés dans différentes classes, et donc, je ne retrouve pas vraiment mes amies. Je me retrouve un peu isolée, heureusement que j'ai toujours ma meilleure amie Malory, avec qui on plaisante toujours sur des blagues au ras des pâquerettes (en dessous de la ceinture !)
En octobre, un nouveau « membre » fait son arrivée dans ma famille : un chien. Un petit labrador sable de 2 mois, que l'on appelle Snoopy. Il me faut quand même un certain temps d'adaptation au départ, surtout pour ce qui concerne les poils (mais il y en a vraiment partout) et l'odeur (qui reste vraiment partout grrr) !
J'entre également dans une période complexe de mon adolescence. Bien sûr, je suis toujours amoureuse de Florian, et bien sûr, il ne s'intéresse toujours pas à moi, ce qui me déprime encore plus, quand je passe toute mes récrés à la regarder jouer au foot. Et dès que j'entends la chanson « Solaar Pleure » d'MC Solaar, je déprime en pensant à lui.
C'est mon physique qui me pose problème, je ne me sens pas belle, je ne suis pas à l'aise dans mon corps. Ma façon de m'habiller fait encore trop bébé, j'ai honte de mes cheveux tous frisés, de mes dents de cheval. Je ne peux pas m'acceptée telle que je suis, alors je cherche à m'améliorer. Mes cheveux tout d'abord, je trouve enfin la solution : attachés ! Tirés avec un chignon et plaqués avec du gel, on ne voit presque plus (en tout cas, moins) qu'ils sont frisés. Mes dents ? Bah, suffit d'apprendre à sourire sans les montrer ! Le maquillage va également devenir un outil indispensable, je ne me passe plus du mascara, et du fare à paupières, je me mets d'ailleurs à tester des trucs, comme le bicolore : fare bleu vers l'intérieur des yeux, et rose vers l'extérieur. J'essaye de m'habillée comme tous les autres, de me fondre dans le moule, pour ressembler aux autres et être le moins critiquable possible !
Avec Malory, on fait un pari, pour la rentrée des vacances de Noël, en janvier, on doit se mettre en jupe. Le problème, c'est que je n'ai pas de jupe. Pour une fois, Maman est d'accord pour m'acheter une « mini-jupe » noire. Mamie m'aide à acheter des bottes noires à talon et des collants (c'est la mode à ce moment-là). Et voilà comment je débarque en cours d'anglais pour mon premier jour de cours en 2001. Fière de moi d'avoir osé le faire, un peu gênée quand même, un peu mal assurée, mais j'assume. Entrée dans la classe saluée par un « On voit que c'est vraiment le nouveau millénaire » de la part de Flavien, un gars de ma classe. Dans l'ensemble les gars ne s'en plaignent pas, ils sont plutôt contents du changement, rire de Malory qui n'a pas osé mais qui salue mon courage. Heureusement que je suis assise à côté de Zazou (ce qui lui avait un peu fait peur lorsque la prof de maths l'avait décidé, pour lui ce n'était pas une bonne idée, car durant les 5 années où il a été dans ma classe il ne s'est pas retrouvé une seule fois assis à côté de moi, pour lui ça va nous porter malheur), ça me réconforte un peu, même s'il me regarde avec une drôle de tête en me demandant pourquoi je suis habillée comme ça ! Par contre, il y a une réaction que je n'avais pas prévue, et que je n'aime pas trop. Le fait que certains me traitent de pute ! Comment du caniche-intello, je passe à la pute ? Le jugement des autres, leur regard, c'est parfois dur à comprendre et à supporter. Mais ce qui me plaît, c'est le commentaire de mon ancienne amie Camille, qui me dit que je suis de plus en plus belle ! C'est ce que j'avais besoin d'entendre, mes efforts ne sont donc pas si vain !
Finalement, je cesse d'aimer Florian, je crois que je réalise que je n'arriverai jamais à sortir avec lui, et que c'est sans espoir. Alors plutôt que de ronger mon âme avec l'impossible, je préfère laisser tomber, et passer à autre chose. L'autre chose, en l'occurrence, s'appelle Mathieu, un gars de ma class, brun, yeux marrons, et les cheveux en pic, à la mode. Mais même avec mes cheveux tirés, mon maquillage, et ma jupe, je n'intéresse pas Mathieu ! Il est où le problème chez moi ?
En février je pars en colo à Ussat-les-bains, dans les Pyrénées. C'est la première fois que je pars en colo en février, mais ça fait longtemps que je n'ai pas fait de colo de ski. Cette colo est probablement la moins connue de toutes celles que j'ai faites. Je n'en ai pas de photo, et il ne s'y est pas passé grand-chose. Je skie dans le meilleur groupe. La tranche d'âge s'étend de 9 à 14 ans, et je suis avec des filles de 12-14 ans. Il y a un gars qui veut sortir avec moi. Il s'appelle Sébastien. Sauf que Sébastien ne me plaît pas, je préfère le Mathieu de ma classe, et Sébastien est plutôt idiot. Il me colle tout le temps (je commence à comprendre les gars que j'ai aimé en fait, j'étais plutôt chiante comme fille). Si c'est ce genre de gars qui s'intéresse à moi, et beh, je ne suis pas prête de trouver le bonheur. Entre deux jours de ski à Ax-les-Thermes, on va en Andorre, faire du shopping puisque c'est détaxé ! Je m'achète une superbe paire de lunette de soleil avec des verres rouges.
A la mi-mars, ma prof de maths décide de nous changer de place, et je me retrouve à côté d'un gars, qui était déjà dans ma classe en CM2, et qui s'appelle Guillaume (à qui je vais attribuer le n°1, à noter, c'est important pour la suite !). Donc, Guillaume n°1, mon nouveau voisin est amoureux d'une fille de ma classe qui s'appelle Léopoldine. Le problème, c'est que Zazou aussi est amoureux de Léo (diminutif de Léopoldine). Le soir en sortant du collège, je vais au petit St-Es pour aller chercher ma soeur, et je fais souvent le trajet avec mon nouveau voisin, puisque son petit frère est (comme par hasard) dans la même classe que ma soeur. Donc, on parle souvent des gars et des filles de la classe. Les discussions commencées en cours de latin se poursuivent donc généralement jusque dans la rue, je le gave avec Mathieu (que je ne cesse de quitter des yeux en classe) En dehors du compliment qu'il me fait un jour « mais si Pauline, j'te jure, t'es la fille qui a la plus grosse poitrine de la classe » (flatteur ! à l'époque je l'ai pris comme un compliment), je passe la plupart de mon temps à essayer de lui arranger un coup avec Léo.
En avril, je ne pars pas en vacances, ça faisait longtemps que je n'avais pas passé 15 jours de vacances chez mes grands-parents à ne rien faire. Alors j'en profite pour écrire des cartes postales Diddl (oui, à l'époque avec le pingouin, on est fan de Diddl, on a le papier à lettre et les peluches) à tous mes amis et amies, et j'écris même à Mathieu ! Et, ce à quoi je ne m'attendais pas du tout, au lieu de me répondre par écrit, il m'appelle par téléphone pour me remercier ! Et bien, on dirait que ma vie va peut-être réussir à s'améliorer finalement, non ?

