Autobiographie <=> Espoir, Désespoir, Victoire (1e partie)

Autobiographie <=> Espoir, Désespoir, Victoire (1e partie)
L'année de mes 13 ans est une étape importante dans mon adolescence. Des évènements importants s'y produisent et vont me marquer, à vie. Plusieurs personnes y jouent un rôle crucial. L'essentiel tourne autour de l'amour et des gars en général ...

* 13 ans : Premier Baiser ... Espoir ! Réputation ... Désespoir !

Pour l'anniversaire de mes 13 ans, je me fais percer les oreilles, vive douleur sur le coup, mais bon, « il faut souffrir pour être belle » !

A la mi-mai, notre prof de français nous emmène au théâtre à Paris, et une tenue correcte est exigée : les filles en robe ou jupe, les gars en chemise, basket et jeans prohibés !
Et me voilà, obligée de faire tous les magasins de Beauvais pour trouver une robe, façon velours, mauve scintillant avec une magnifique ouverture sur ma poitrine, ce qui m'empêche de mettre un soutif ! Je fais sensation, c'est le moins qu'on puisse dire. A noter également, que le théâtre se situe dans le quartier du Moulin Rouge ! Je me fais même draguée par Flavien, qui me demande de lui faire une « visite guidée » ! Mais finalement non, même si la proposition me flatte et prouve que, ben si, quand même, j'arrive à intéresser les gars, je ne me lance pas, ce n'est pas une question de timidité, c'est juste que je n'ai pas trop confiance en moi, je manque d'expérience. Après ça, Flavien me surnomme gentiment « The Hot », et finalement, ce surnom je m'en amuse plus qu'autre chose.
Quelques jours après, nouveau changement de place, et me voilà assise à côté de ... Mathieu ! Génial ! On passe notre temps à se chamailler (gentiment) et à se marrer de tout et n'importe quoi, et plus particulièrement, à se moquer des profs (surtout celui de dessin qui fait 15 mille phrases d'une demi-heure chacune pour dire un truc sans importance, juste pour le plaisir de nous lâcher après la sonnerie ! grrrrrrrr !)
A cette époque, l'évènement c'est une émission de télé, ou plutôt, la première émission de téléréalité que tout le monde se doit de suivre pour ne pas être « has been » (je ne pense pas d'ailleurs qu'il soit possible d'y échapper et de ne pas savoir ce que c'est !). Loft Story !!! Dans la cours de récré, c'est LE sujet de conversation : Qui va sortir avec qui ? Qui va gagner ? Qui a vu les images de Loana et Jean-Edouard faire floc-floc dans la piscine ? Et on se prend à en jouer les « personnages » ...

Arrive enfin la fin de l'année scolaire. Zazou a fait une fête chez lui en fin de sixième, Malory en a fait une en fin de cinquième, donc cette année, c'est mon tour. Seulement voilà, près de 4 ans après le décès de mon père, je vis toujours chez mes grands-parents, et donc il est (évidemment) hors de question d'organiser quoi que ce soit chez eux. Même dans ma maison (celle où j'ai grandi et que Maman possède toujours) ce n'est pas possible, elle n'a jamais été complètement terminée, elle n'est pas invivable, disons seulement qu'elle est loin d'être accueillante ! Voyant mon embarras, Maman me propose une autre solution : une sortie au cinéma ! Pourquoi pas ? Après tout, tout le monde peut venir au ciné qui se trouve en centre ville, pas de parents, et en plus on va voir un film. Je lance la proposition à qui veut, pour aller voir Lara Croft – Tomb Raider (avec la très belle Angélina Jolie). Ma proposition rencontre un franc succès.
Quelques jours avant la sortie du film, je suis assise en permanence, à côté de mon voisin Guillaume n°1, et derrière nous, il y a Flavien. Comme toujours en perm, on bavarde un peu (tout en travaillant bien entendu !) et je ne sais pas trop comment dans la discussion, un moment Flavien me demande si je serais prête à sortir avec Guillaume n°1. Je ne sais pas pourquoi, je m'entends dire « oui pourquoi pas ? » ! Je suis loin d'imaginer les conséquences de ma réponse. Et à partir de là, tout s'enchaîne très vite. Flavien n'a pas sa langue dans sa poche, et il se met à jouer les entremetteurs avec l'aide de la moitié de la classe. Et, donc, sans vraiment le vouloir voilà que je me retrouve à vouloir sortir avec Guillaume n°1, alors que je ne suis même pas amoureuse de lui, et que mon amie Léopoldine voulait sortir avec ! Je demande quand même à Léo si ça ne la dérange pas que je sorte avec lui, et elle me dit que non. D'ailleurs, toute cette histoire arrange plutôt bien Zazou, qui peut donc sortir avec Léo tranquillement maintenant. Bref, histoire un peu dure à suivre je sais, mais tout ça pour dire que le 27 juin, nous voilà tous en route pour le ciné. Et pendant le film, dans l'obscurité de la salle, alors que je suis bien blottie dans les bras de mon tout nouveau chéri, je surprends mes lèvres en train de chercher les siennes ! C'est la première fois que j'embrasse un gars, et à vrai dire je suis plutôt déçue et dégoûtée ! C'est moins bien que ce que j'imaginais, peut-être déjà parce que je ne suis pas amoureuse de Guillaume n°1, et ensuite, c'est un peu baveux, bref, c'est pas aussi charmant que ce dont je rêvais ! Mais après réflexion, c'est pas si mal que ça, et je recommence plein de fois !
Le soir, je m'endorme un peu blasée, c'est bien d'avoir un copain quand même ! Le seul petit truc qui me chagrine, c'est que je n'arrive pas à sortir avec les gars dont je suis amoureuse, mais j'arrive à sortir avec un gars que je n'aime pas ! Bah, je finirai bien par apprendre à l'aimer un jour je pense ! Le surlendemain, je retourne au collège pour rendre mes livres et aussi pour aller chercher mon prix d'excellence en tant que deuxième de ma classe avec Dorine (la première) qui est plutôt sympa comme fille. Je passe l'après-midi allongée dans la pelouse du collège avec Guillaume n°1, à dorer tranquillement au soleil, à peine dérangés par le passage du directeur, qu'importe il ne sera plus là l'année prochaine !
Le truc embêtant, c'est qu'on est à la fin de l'année et donc je ne vais plus voir Guillaume n°1, pendant ... 2 mois ! Misère !!!
Pendant 2 semaines je reste chez moi à me morfondre, et la 3e semaine je pars en vacances avec ma mère, ma soeur et mon chien, en Vendée. Ce n'est pas les plus réussies de mes vacances : il pleut, il ne fait pas super beau, on s'ennuie un peu, et avec le chien on est pas vraiment tranquille. Ma cousine Catou et mon oncle viennent nous voir, et après mes vacances, on va chez eux à Angoulême.

En rentrant de mes vacances, j'essaye d'appeler Guillaume n°1, mais sans succès. C'est finalement Zazou qui me rappelle de chez Guillaume n°1, parce que Guillaume a quelque chose à me dire. Et là, il m'explique qu'en fait, il est encore amoureux de Léo, et à la question que je lui pose, à savoir qui il aime le plus, il me répond : elle ! Ok, donc, ça veut dire que c'est fini, voilà, je viens de me faire plaquer au bout de 3 semaines, durant lesquelles on a passé que 2 jours ensemble ! Ca m'ennuie beaucoup c'est vrai, mais après tout, je n'étais pas amoureuse de lui, comme il le dit lui-même, on était des amis très proches, un peu trop ... Enfin, ce qui compte pour moi, c'est d'avoir enfin réussi à franchir le cap du premier baiser et d'avoir pu sortir avec gars, et le fait que ça soit un ami c'est pas plus mal car je me suis sentie plus en confiance.
Celui que ça ennuie le plus en fait, c'est Zazou ! Son meilleur pote plaque sa meilleure amie parce qu'il est amoureux de sa copine ! Traduction : Guillaume n°1 plaque Pauline parce qu'il est amoureux de Léo la copine de Zazou ! Une semaine après, on se retrouve chez Zazou, il manque Léo qu'on n'arrive pas à joindre et donc à mettre au courant parce qu'elle est en Suisse chez son père, et l'ambiance est plutôt gloc !
Après ça, je pars pour un séjour linguistique de 3 semaines en Angleterre ! Je suis à Watford, dans la banlieue londonienne, seule dans une famille qui a déjà 3 enfants en bas âge, un danois, 2 chats et un rat. Je vis dans une chambre rose Barbie. J'ai de la chance parce que je me débrouille pas trop mal en anglais, les cours le matin sont là juste en renfort. En fait, la vie à l'anglaise me plaît dans l'ensemble : shopping (cher les fringues, top les CD), je vais au ciné (Shrek in English, and Rush Hour 2), on visite Londres (c'te foule devant Buckingham pour voir la Reine, super le petit tour dans Tower Bridge) et Cambridge (sinistre !), et la bouf (super délicieux ces petits pois tous verts, et Mac Do and Burger King à gogo). Bon je reste quand même un peu traumatisée par les sandwichs dégoutant en triangle et les chips au vinaigre, j'en ai marre qu'il pleuve tout le temps, mais je suis contente de pouvoir aller me déchainer sur de la super bonne musique ! Et puis, je peux regarder en avance les saisons de Buffy contre les vampires (en anglais bien sûr), sans oublier tous les clips de musique, où des films comme « Sleepy hallow ». Enfin, le truc le plus fou que je fais, c'est d'aller acheter un string ! Et j'en suis fière (ma mère a fait une drôle de tronche en le trouvant dans mon sac de linge sale au retour !)
Avec moi, il y a une fille qui vient de Beauvais et qui s'appelle Laura, elle a 16 ans, et avec elle il y a un toulousain super marrant qui s'appelle Marc avec je délire tout le temps. Il y a aussi un très beau toulousain, brun ténébreux de 15 ans qui s'appelle Loïc, mais je ne l'intéresse, comme quoi suffit pas de sortir avec un gars, d'avoir les cheveux tirés et un maquillage bicolore pour avoir tous les gars à ses pieds !
Etant donné que je dois rentrer à 17h pour manger, et qu'ayant seulement 13 ans je ne peux pas sortir le soir, j'en profite pour écrire à tous mes amis et amies ! Et voilà comment j'arrive à envoyer 22 cartes postales ! L'avantage c'est qu'en rentrant chez moi j'ai une tonne de courrier parce qu'il y a quand même des courageux pour me répondre. Ces lettres finissent toutes accrochées sur un mur de ma chambre dans la maison où j'ai grandi. J'ai commencé à tapisser ce mur de toutes les lettres et cartes postales que j'ai reçues lorsque j'ai débuté ma correspondance avec le pingouin.

Arrive la rentrée en classe de troisième. Je débarque en 3eB, et comme l'avait bizarrement prédit Zazou, le fait qu'on est été l'un à côté de l'autre nous a porté malheur : il n'est plus dans ma classe et Malory non plus d'ailleurs. En fait, dans cette nouvelle classe, je garde seulement ma bande de latiniste de l'année précédente. Les autres, des germanistes pour la plupart, je ne les connais pas. Mais heureusement pour moi je garde de bons contacts avec ceux de l'année précédente. En cours, je suis à côté de Léopoldine, ma « nouvelle meilleure amie » si on peut dire ça comme, même si je me suis faite plaquée pour elle ! Ma prof principale est aussi la responsable des premières/terminales, elle est stricte mais sympa. Ma prof de français est la femme du nouveau directeur ! Par contre je hais ma prof de maths ! La pire prof de toute ma scolarité, je la déteste et c'est réciproque. Je suis bonne en maths, je peux avoir tout bon à une interro, elle ne me mettra que 15 parce qu'elle ne veut pas admettre que je puisse comprendre les maths sans ses explications !

Côté sport, étant ... lamentable (c'est le mot le plus approprié à ma situation) en tennis, je décide de laisser tomber le sport, je ne suis pas une sportive et puis tant pis !

Nous sommes le mardi 11 septembre 2001, je viens de rejoindre Maman à son travail, et là elle m'annonce qu'il y a 2 tours qui se sont effondrées à New-York ! Je vois à peu près lesquelles, mais je en comprends pas comment elles ont fait pour s'effondrer l'une contre l'autre. C'est en rentrant chez mes grands-parents le soir, lorsque j'allume la télé que je découvre ce qui vient de se passer. Cet attentat, le plus grave de toute l'histoire des Etats-Unis vient changer ma vision du monde et de l'humanité : non les croisades ne sont pas terminées, on est encore près à commettre le pire aujourd'hui pour la religion !

Un soir, alors qu'il y a réunion pour les parents avec nos profs, je me retrouve au fond du bois (oui il y a un espace boisé dans mon collège) à discuter avec Flavien et Maxime. Et forcément, on dérive sur des sujets plutôt « chaud ». On ne peut pas vraiment dire que je sois une fille qui ait froid aux yeux. D'une certaine manière, je ne veux pas passer pour une coincée, je ne veux plus être le caniche que tous les gars trouvent moche, je veux leur plaire, qu'ils me trouvent jolie, qu'ils aient envie de sortir avec moi, et donc je fais tout pour ça !
Vers la fin septembre, Flavien m'invite au cinéma. Je suis un peu amoureuse de lui, alors je saute sur l'occasion. Sauf que je ne peux pas y aller. Du coup, il me réinvite la semaine suivante, pour aller voir « Fast and Furious ». Bon, je n'y vais pas pour le film, mais pour Flavien. Il y a plein de ses potes, et très peu de mes amis. Guillaume n°1 m'a mise en garde, qu'il faut que je fasse gaffe à ce que je fais. Mais qu'importe, je n'ai pas besoin de suivre ses conseils, je suis une grande fille. Et donc, dans la salle obscure, on s'embrasse, et il glisse sa main dans mon string, pour aller me doigter (sauf que le gars n'est pas très fort en anatomie féminine et il n'a jamais trouvé l'entrée). Bref, ça me plait moyen (en fait, c'est même carrément bof). Le truc pas sympa, c'est qu'en sortant de la salle, il s'en vante à tous ces copains. Et voilà, je suis tombée dans le piège classique. Je croyais au conte de fée, et me voilà avec une réputation de fille facile. Je rentre chez moi, plutôt déçue, et avec une bonne angine. Honte de le dire à ma mère c'est vrai, mais je n'ai pas à avoir honte de ce que j'ai fait. Mon credo c'est « ce qui est fait, est fait, on ne peut pas le changer ». J'assume, je fais ce que je veux de ma vie, et de ma sexualité avec qui je veux. Bien sûr, le lendemain, ça a déjà fait le tour de toutes les classes de troisième, et à la place du surnom de « caniche » dont je voulais tant me débarrasser, j'hérite de plusieurs surnom désagréable comme « la doigtée, pute, salope, etc. » Et ce surnom va me coller à la peau toute mon année scolaire. Tant pis, je fais avec, non, je n'en plaisante pas, je préfère l'ignorer. Heureusement pour moi, j'ai quand même mon cercle d'amis et amies, dans lequel je me sens bien, et puis il y a Céline et Dorine, 2 copines super sympas avec moi.
Peu de temps après, Léo rompt avec Zazou et sort avec Guillaume n°1. Et moi je sors avec un gars de ma classe qui s'appelle Benjamin. Bon, ce n'est pas une réussite non plus, je ne l'embrasse qu'une seule fois, or c'est un fumeur, et bien un seul baiser aura suffit à me dégouter à vie d'embrasser un fumeur ! C'est un soir où je dois rentrer chez moi avec Maxime (celui qui a été dans ma classe pendant 3 ans), vu qu'il habite juste à côté, et quand je l'ai rejoint, il me demande si je vais bien, parce que j'ai une drôle de tête ! Tu m'étonnes, j'ai envie de vomir !
Maxime est sympa comme pote, mais un peu trop entreprenant lorsqu'il pense me faire un compliment en me disant « mais tu sais Pauline, en quatrième, il me suffisait juste de penser à toi pour bander ! » Flatteur !
Et à la mi octobre, je vais au cinéma avec Richard (le frère de Zazou, dont j'étais amoureuse en CM1). Lui, il me doigte vraiment, mais qu'importe, ma réputation est déjà faite, et Richard a la gentillesse d'éviter d'ébruiter tout ça. Par contre, c'est avec Zazou que ça pose problème. Il m'en veut d'avoir fait ça avec son frère. Du coup, il ne me parle plus, pendant plusieurs mois. Première dispute en 5 ans !

Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'impression que ma vie était merveilleuse avant les grandes vacances s'est complètement effritée après ! En fait, la sexualité est un sujet difficile, un peu tabou et abordé difficilement à cet âge, et surtout dans une école catholique. L'ambiance est malsaine, les gars de ma classe me jugent mal, seuls mes vrais amis savent comment je suis réellement et m'apprécient. On apprécie beaucoup, mon agenda aussi. A cette époque ma bible c'est le magazine « Star Club », le magazine dans lequel tu trouves toutes les infos sur tes stars favorites, des conseils beauté, sexualité, amour, amitié, etc. Je colle les paroles des chansons dans mon agenda, et je rajoute aussi un tonne de blagues, plus ou moins cochonnes. Mon agenda rencontre un sacré succès, en même temps, il est presque aussi épais qu'un annuaire téléphonique !
# Posté le mardi 15 mars 2005 12:32
Modifié le jeudi 21 septembre 2006 11:21

Autobiographie <=> Espoir, Désespoir, Victoire (2e partie)

Autobiographie <=> Espoir, Désespoir, Victoire (2e partie)
La rencontre de mon Premier Amour qui va transformer ma vie et me faire découvrir une période très fleur bleue !

* 13 ans (suite) : Premier Amour ... Victoire !

L'automne passe froid, pluvieux, déprimant. Début décembre, je me retrouve au tout nouveau multiplexe cinématographique de la ville, en espérant y voir Flavien, dont je suis encore accro (oui, je sais que c'est idiot). Ne l'ayant pas vu, et ne voulant pas rentrer chez moi bêtement, je décide d'aller voir « Harry Potter à l'école des sorciers », et j'en ressors enchantée !

Pour Noël, Maman m'offre un portable, le très commun Nokia 3310 que tout le monde a déjà ! Elle m'offre le portable, mais c'est à moi de me payer mon crédit moi-même, et d'avoir suffisamment d'argent de poche pour m'acheter mes cartes SFR. Pendant les vacances, je reprends contact avec Richard, il me propose d'aller au ciné avec lui, pour voir « Le Seigneur des Anneaux ». Le problème, c'est que j'ai déjà promis à Dorine que j'irai avec elle. Et je préfère sauvegarder cette amitié plutôt qu'une hypothétique relation avec Richard qui risque de ne pas améliorer le froid qu'il y a entre moi et mon ami Zazou !

Courant janvier, je suis invitée au mariage de la cousine de mon père. Elle est arrivée d'Algérie, il y a un peu moins de 2 ans, pour finir ses études. Elle a vécu quelques temps chez ma Mamie, puis elle est allée à Paris où elle a rencontré un homme de 18 ans son aîné, divorcé, très riche, et là, ils se marient. Me voilà dans une tenue super chic, à la mairie d'Issy les Moulineaux, face à Jacques Santini, entourée d'un tas de personnes très friquées que je ne connais pas. Repas luxueux dans un endroit tout aussi luxueux appartenant à l'armée ...
Vers les 2 heures du matin, musique branchées, « Can get you out of my head » de Kylie Minogue, le rythme entraînant et ce beau jeune homme, qui danse avec moi, transporté par les vapeurs de l'alcool, moment sensuel et envoûtant ... Echange des prénoms, il s'appelle Jérôme, « tu as quel âge ? » 18 ans ! Ah ! Moi, j'en ai que 13 ! « Ouah, tu fais plus en tout cas ! » merci ! Et c'est tout. J'ai bien dormi après ça ! C'est le neveu du mari de la cousine de mon père, c'est tout ce que je sais d'autre. Mais ma Mamie qui a assisté à toute la scène me dit qu'elle ne dira rien à ma mère, et elle semble très heureuse de m'avoir vu flirté avec lui !

Nous sommes en février 2002, je pars en colo au Val d'Aran, dans les Pyrénées espagnoles.
Ces vacances vont me faire du bien, une coupure avec le collège, finies les insultes, autres commentaires et blagues malsaines. Je vais trouver un climat pur, où personne ne me connaît et ne me jugera, où je vais être tranquille pour souffler un peu. Je retrouve une fille qui était en colo avec moi à Torreferrana, et qui s'appelle Marion A. Elle et moi nous partageons une chambre avec 2 soeurs, Delphine et Charlotte, dans un hôtel où résident également pas mal de portugais, qu'on retrouve à poil dans la salle de bain commune (choquée).
Cette colo est sympa, de bons animateurs plutôt cool, qui ne nous prennent pas pour des gamins, un dirlo sympatoche aussi, et le cadre est sympa aussi : les montagnes, la neige, le ski, le soleil. On fait un peu de surf, mais avec des chaussures de ski, c'est pas le top. J'en ai déjà fait l'année précédente, ça m'avait plu, mais en fait le problème, c'est que je ne sais tourner que dans un seul sens (un peu embêtant) et donc pour descendre la piste, je suis obligée de me mettre parallèle à la piste et de déraper ! Ce n'est pas une bonne idée, du tout ! Je dérape vraiment et je fais un magnifique plat sur le ventre, et la neige y est vraiment bien dure et bien tassée, résultat, j'ai la respiration coupée ! Ok, le surf, c'est terminé !
Pour aller prendre leur douche, il y a deux gars de la colo, Benjamin et Brice, qui passent en caleçon, par notre chambre (via le balcon qui communique avec toutes les chambres) puisqu'elle est juste en face de la salle de bain. Un soir, j'ouvre ma porte et je les vois encore passer devant moi en caleçon, et je lance comme réflexion « oh, mais c'est pas vrai de croiser tout le temps des gars en caleçon ! » A vrai dire, ça ne me déplaît pas du tout qu'ils passent par notre chambre en caleçon, pour aller se doucher, et puis Benjamin, il est plutôt pas mal, voir même très craquant, mais, il me paraît inabordable, trop bien pour moi, je pense. Sauf que, ce que je n'avais pas prévu c'est qu'ils réagissent à ma réflexion, en me disant un truc du style « quoi ça te choque ? t'as vu j'suis en caleçon ! » et je leur balance après avoir refermé ma porte « et ben moi j'suis en string ! » Encore une occasion manquée de me taire ! La réplique n'échappe pas à d'autres gars qui passent par là à ce moment-là, dont un certain Mathieu et son stupide copain Sébastien qui m'appellent désormais « stringueuse » ! Ok, c'est mieux que les surnoms du collège, mais j'aurais préféré m'en passer quand même ! Des gars en caleçon ça choque pas, mais qu'une fille de mon âge porte uns string ça choque !

Les animateurs organisent un jeu qui s'appelle le « Killer », tout le monde a un papier avec le nom de quelqu'un marqué dessus, et le but c'est de réussir à le tuer, sans se faire tuer par celui qui a notre nom. Une fois qu'on a tué quelqu'un, il faut tuer la personne qu'il devait tuer, et ainsi de suite, jusqu'à ce que tout le monde soit tué.
Dans la colo, en dehors de Benjamin, il y a un autre gars plutôt mignon, brun, plus petit que moi. Je l'ai remarqué parce qu'il a quelque chose qui le différencie de tous les autres, ce petit truc qui fait la différence et qu'on ne sait pas expliquer. Il est tellement calme par rapport aux autres, et en ce moment, avec ce qu'il se passe au collège, j'ai besoin de quelqu'un comme lui. Un soir, on va au bowling, et les copains de ce gars très mignon, me dise qu'il veut me parler. Tiens ça m'intrigue. Il s'appelle Guillaume (à qui je vais attribuer le n°2). Ses copains « arrangent » le coup façon « il va te demander de sortir avec lui », sauf que moi je ne sais pas du tout ce que je vais lui répondre au moment où je me retrouive en face de lui. Bien sûr, il est mignon, mais après ? Et là Guillaume n°2 me sort « ben voilà, t'es morte ! » ?!?! Bug ! Pardon ? Quoi ? Je ne comprends pas ? Comment ça je suis morte ? Ah, oui, d'accord, j'atterris, le jeu du killer ! Ah, zut ! Je me suis faite avoir dans les 2 sens, parce que non seulement, je viens de me faire éliminée du jeu, mais en plus, ce n'était pas du tout à cette question là que je m'attendais, et j'en suis à regretter qu'il n'est pas poser la question ! Ce n'est pas ça que je voulais entendre ! Je pars déçue, et là ses copains débarquent et voient ma tête dépitée. Apparemment, eux non plus ne s'attendaient pas à ça. Quand je leur dis ce qu'il vient de se passer, ils se retournent tous vers lui et lui disent « mais enfin, c'est pas ça que tu devais lui dire ! » Euh, j'ai un doute tout d'un coup, et si c'était vrai, si c'était pas lui qui devait me tuer ; mais si, il me montre le papier sur lequel est inscrit mon nom, voilà comment il a su comment je m'appelle. Et là, un de ses copains lui demande « mais si c'était elle qui t'avait demandé de sortir avec elle, tu aurais dit oui, n'est-ce pas ? » et il répond oui ! Un ange passe ... Donc, oui, il veut bien sortir avec moi ! Sauf, qu'il ne me pose pas la question, il s'en va et moi je reste avec ses copains qui me harcèlent de question pour savoir si oui ou non je veux sortir avec lui. Pfiou, ils commencent à me gonfler ces gars ! Et là, éclair de génie, je leur sors : « je ne lui répondrai qu'à lui ! », comme ça, eux savent qu'ils n'auront aucune réponse, et en même temps, ça l'oblige à venir me poser la question lui-même !
C'est ce qu'il fait le lendemain au soir. On est en plein milieu du hall de l'hôtel, seuls (ou presque), et il me demande si je veux bien sortir avec lui, question à laquelle je réponds oui bien entendu, et là, on se fait la bise !!! Pitoyable ! En fait, je dirai que je n'ai pas eu le courage de l'embrasser comme ça direct, en plein milieu du hall de l'hôtel ! Bien sûr, les paires d'yeux espionnes qui nous observaient n'ont rien manqué de la scène, et ont donc de quoi rire jusqu'à la fin du séjour !
Là-dessus, on enchaîne sur la soirée disco, comme d'habitude, personne danse, on est tous assis autour de la piste. Puis, peu à peu, ça bouge, et je ne sais pas trop comment, à la fin de la soirée, j'arrive à m'esquiver avec Guillaume n°2, jusque dans ma chambre et on s'embrasse, un vrai baiser qui me plaît, tout doux. Et on finit la soirée dehors, sur le balcon, la nuit noire, les étoiles, la neige qui brille, le froid, lui, moi, c'est beau !
Le lendemain, c'est la Saint-Valentin ! C'est la première fois de ma vie que je passe la Saint-Valentin en amoureux. A partir de là, je ne vais plus du tout le lâcher. Je skie avec lui, c'est super, on passe la soirée ensemble. Les animateurs nous disent qu'on est mignons tous les deux et qu'on va bien ensemble. En tout cas, je suis super bien avec lui, il est merveilleux, gentil, doux, calme. Pour moi, cette situation est merveilleuse, j'ai l'impression d'être sur un petit nuage, loin de mes problèmes au collège, où je me sens mal et perdue. Ici je suis bien, tout le monde est sympa, j'ai des amis, surtout Marion A, et puis il y a aussi Marion C, une fille qui dans le même groupe de ski que moi. Ici, je suis comme dans une bulle, protégée, et je ne voudrais être ailleurs pour rien au monde. Le dernier jour, je le passe aussi avec lui du matin jusqu'au soir, c'est si bon d'avoir quelqu'un avec soi ! Le soir, les animateurs ont encore organisé une soirée disco. Avant d'y aller je dois faire ma valise, Guillaume n°2 est dans ma chambre, il me regarde faire. Puis, à un moment, je m'assois à côté de lui, je me mets dans ses bras, et je lui dis que je n'ai pas envie de rentrer chez moi, et il me répond que lui non plus ! Et là, je me mets à pleurer, chagrin d'amour ! Il me sert plus fort dans ses bras, je passe ma main sur sa joue, et là, je sens des larmes ! Lui aussi, il pleure ! Mais, on n'a jamais pleuré pour moi, personne, jamais, c'est la première fois ! Alors, ça veut dire que ? Qu'il m'aime ? Ca non plus ça ne m'était jamais arrivé, aucun gars que j'ai aimé ne m'a aimé, c'est la première fois que c'est réciproque ! Un Ange passe ...
D'un seul coup, ma vie vient de changer, je ne suis plus seule, j'ai quelqu'un que j'aime et qui m'aime, ma vie est belle, elle est même merveilleuse, elle n'a jamais été aussi bien, et je suis heureuse, vraiment !
Malheureusement, le lendemain, c'est la fin de la colo, et chacun retourne chez lui dans sa région. Echange habituel des adresses, et là je découvre que Guillaume n°2 est venu d'Annecy avec Benjamin (bande de veinards). J'adore la montagne, et depuis toute petite je rêve d'y habiter, c'est la cerise sur la gâteau ! Je suis venue ici faire du ski et me changer les idées, et voilà que je repars en ayant trouvé l'amour, et pas n'importe lequel, un amour réciproque, mignon, gentil, et qui habite à la montagne ! Lorsqu'on se sépare à la gare de Toulouse où je prends l'avion et lui le train, je ne peux retenir mes larmes et lui non plus. Je ne veux pas quitter mon amour, je ne peux pas le laisser. Je n'avais encore jamais autant pleuré par amour.
De retour chez moi, j'explique à ma mère, que j'ai un p'tit copain, qu'il s'appelle Guillaume (encore un ?) et qu'il habite à la montagne (là Maman est verte). J'attends un certain soutien de la part de ma mère, mais à la place, elle répond simplement « loin des yeux, loin du coeur » ! Encourageant !
C'est au collège, que cela se remarque le plus. J'arrive en abordant un sourire radieux, je suis amoureuse et à mon avis ça se voit. C'est Perrine, une fille de notre « bande » qui doit s'en apercevoir la première puisqu'elle me demande « alors tu t'es trouvé un copain en colo ? » Oui !!! Et c'est parti pour les explications. Je suis vraiment « transformée, je vois la vie différemment, tout en rose, et je me mets à écrire des poèmes, chose qui ne m'arrive pour ainsi dire jamais. Les autres s'en aperçoivent aussi et Perrine me dit « je crois que c'est la première fois de ta vie que tu es amoureuse parce que c'est la première fois que je te vois comme ça ». Oui et non. J'ai déjà été amoureuse, dire le contraire serait mentir, mais c'est vrai que c'est la première fois que celui que j'aime, m'aime aussi, et ça change beaucoup de chose. Et dans un sens, c'est vrai que je n'ai encore jamais été autant amoureuse de quelqu'un !
Le jour où je retourne en cours, je l'appelle chez lui. Déjà la veille je lui ai écrit une lettre, la première d'une longue série ... Et j'attends avec impatience sa réponse. Seulement la lettre que je reçois le lendemain est de Marion A., avec qui je débute une longue correspondance, comme celle que j'ai déjà avec le Pingouin. Et enfin, le jour suivant, je reçois une lettre de Mon Chéri. C'est la première lettre d'amour que je reçois de toute ma vie, la première qu'on m'écrit. Et il y a une phrase dans sa lettre qui veut tout dire « lorsque je t'ai quitté à la gare j'étais vraiment triste, et je me suis rendu compte que je t'aimais vraiment ». Ca n'a peut-être l'air de rien, mais dit avec les mots de Guillaume n°2, c'est de l'or ! Je lui réponds, et il m'envoie sa deuxième lettre à laquelle je réponds naturellement, puisqu'il me dit qu'il aimerait qu'on s'écrive toutes les semaines. Sauf qu'après ça, je reste sans nouvelles de lui pendant une semaine. Inquiète, paniquée, désespérée, et tous les jours tout le monde qui me demande si j'ai des nouvelles de Guillaume n°2. Finalement, je me décide à l'appeler avec le fixe de la maison (oups la facture !) et une semaine et demie après, me voilà partie en vacances avec ma mère et ma soeur à La Clusaz, soit à 30kms d'Annecy.
Bien sûr, je profite du fait d'être à côté de chez Guillaume n°2, pour demander à ma mère de m'emmener le voir, et je suis surprise qu'elle accepte. Peu de mère emmènerait leur fille de 13 ans aller passer l'après-midi seule dans une ville « inconnue » avec leur petit copain ! Et l'après-midi du lundi de Pâques, me voilà en train de l'attendre sur un parking. Je sais qu'il va venir, je n'en ai même jamais douté, contrairement à ma mère qui n'en revient pas lorsqu'elle le voir arriver ... à vélo ! Et oui, parce que j'ai oublié de préciser que Guillaume n°2 est un accro du vélo ! On s'embrasse (évidemment) et je sens son coeur qui bat très fort (est-ce à cause de moi ou à cause du vélo ?) et on part tout les deux en amoureux, lui à vélo et moi à pied. Il m'emmène au lac, puis chez lui, parce que soit disant, sa soeur veut me voir. En arrivant chez lui je croise son père, à qui je serre la main au lieu de lui faire la bise, puis je rencontre sa mère, un peu plus petite que la mienne, et enfin, sa soeur de 17 ans, qui ne lui ressemble pas du tout ! Il me montre sa chambre, première fois que je rentre dans la chambre de mon copain, et c'est bien une chambre de gars ! Entre les affaires de cyclisme, les « affaires de cours » (ce n'est pas vraiment un bosseur puisqu'il a le même âge que moi et il redouble sa cinquième), et les cactus !!! Puis je retourne à La Clusaz, toute nostalgique, oui c'est le Grand Amour, celui pour qui je suis prête à tout. A la fin de ma semaine de vacances, je retourne à Annecy, sans qu'il le sache, et je l'attends à la sortie de son collège (presque juste en face de chez lui). Il est surpris de me voir là, mais ça ne l'empêche pas de m'embrasser devant son pote Guillaume (décidemment c'est courant comme prénom dans le coin). Difficile après ça de rentrer chez moi, sans un certain pincement au coeur ...

Une semaine après, je pars en voyage avec mon collège, en Espagne. 18 heures de car pour aller de chez moi à Madrid, je suis celle qui a dormi le plus longtemps (8 heures). Je me retrouve dans une famille avec ma copine Céline, dans une petite ville du nom d'Aranjuez, près de Madrid. Séjour plutôt sympa, même si la famille est un peu bizarre : on dort à la cave sans chauffage (et en avril il fait froid), on mange de la purée de poireaux (liquide comme de la soupe) avec des saucisses qui trempent dedans ! Visite de Madrid (palais royal et cathédrale), shopping Al Corte Inglès, dégustation de Chocolate con churros (chichis trempés dans du Nutella), petite corrida où les gars descendent dans l'arène et où Zazou lâche le tissu rouge laissant ainsi Guillaume n°1 se faire retourner par la vachette ! Et visite de Tolède, où j'arrive à trouver une cabine téléphonique pour appeler Mon Chéri et lui souhaiter un Bon Anniversaire ! Il n'en revient pas que je réussisse à l'appeler d'Espagne ! Puis retour en France, re18 heures de car, durant lesquelles Zazou va en profiter pour sortir avec Léo (qui ne sort donc plus avec Guillaume n°1), et il va faire avec elle, ce qu'il m'a reproché d'avoir fait avec son frère ! Ca valait la peine de ne plus me parler !
Reprise des cours, plutôt active, à cause du brevet blanc qui a lieu juste avant mon anniversaire (grrr) et pour lequel je me mets à réviser la veille ! Quel sérieux ? Non, juste mes facilités !
# Posté le mardi 15 mars 2005 12:41
Modifié le jeudi 21 septembre 2006 11:30

Autobiographie <=> Fleur Bleue

Autobiographie <=> Fleur Bleue
L'année de mes 14 ans est bien moins intrépide que celle qui a précédé. Elle est plus stable, et rime avec amour et Guillaume n°2. Je suis dans une période très fleur bleue, un monde de poème, de prince charmant, de conte de fée, ce après quoi j'ai toujours cherché jusqu'à présent. Il n'y a que mon Chéri qui compte et ma vie ne tourne désormais plus qu'autour de lui.

* 14 ans : Pour mon Coeur il n'y a que ces mots qui comptent « Je t'aime Mon Amour » !

Faisons un petit point sur ma vie. Jusqu'à présent, j'ai toujours cherché après l'amour, que je croyais inaccessible en raison de mon apparence physique et plus particulièrement à cause de mes cheveux frisés. Désormais, tous mes problèmes semblent résolus, mon physique me plait : cheveux tirés en chignon, maquillage limité à du mascara et de l'eye-liner (j'ai abandonné le fare bicolore depuis que Guillaume n°2 m'a dit que ça faisait trop), boucles d'oreilles, de la poitrine, 1m62 pour 52 kg, c'est acceptable, et ça fait féminin ! Et en plus, j'ai trouvé l'amour ! Que demander de plus ? Si ce n'est d'être avec Mon Chéri bien sûr (et oui, 750 kms, ce n'est pas rien). Il y a quand même quelque chose qui m'inquiète normalement on met beaucoup de temps à trouver ce qu'on a toujours cherché, il faut toute une vie pour réaliser ses rêves et moi mon plus grand souhait s'est réalisé, il va donc falloir un autre but ma vie ? Peut-être celui de garder cet amour ...

Pour l'anni
versaire de mes 14 ans, je n'ai pas de cadeaux très marquants, des CD je crois, je commence enfin à être moins exigeante. Ce qui me rend triste, c'est le fait que Guillaume ne pense pas à me le souhaiter. Il sait pourtant quand je suis née, puisque c'est lui-même qui m'a dit qu'on avait pile 3 semaines de différence.

Que
lques temps après, Léo décide de quitter Zazou, pour sortir avec un gars de la classe qui s'appelle Maxime Du Râteau (ce n'est pas son vrai nom de famille, mais c'est ainsi que moi et Céline le surnommons). C'est un des gars du collège qui joue au foot avec l'ASBO (équipe de foot de Beauvais), autrement dit, un de ces gars dont les fanfreluches sont folles, et qui se la pètent. Elles se sont les poufs, que les gars considèrent comme des femmes et qu'ils respectent, et les autres comme Léo ou moi, sommes considérées comme des filles faciles qu'on ne respecte pas. Bref, on se croirait dans une de ces séries pour ados qui se passent dans un lycée américain. Tout ça pour dire qu'au final cette histoire entre Léo et Du Râteau tourne mal, et Léo décide de faire une tentative de suicide en avalant ... 4 efferalgans ! Dérisoire et pathétique !

Un lundi de mai,
je suis en cours de sport et Benjamin (avec qui je suis sortie en début d'année) n'arrête pas de me casser les pieds (pour changer), et à un moment, il m'attrape pour me chatouiller, j'en ai assez et il m'agace, du coup je rassemble toutes mes forces pour me dégager de lui, sauf que je me prends les pieds dans les siens, et avec tout mon élan, je m'en vais m'écraser sur la piste d'athlétisme deux mètres plus loin. Je suis par terre, j'entends seulement Clément (un autre gars de l'ASBO), ricaner en disant « Ah la sale bougnoule est tombée ! » en parlant de moi ! Comme je reste quelques minutes au sol sans bouger, Benjamin commence à s'inquiéter, et il vient voir si ça va. Je relève la tête, un peu étourdie mais le visage serein, qui ne laisse rien transparaître de mon exaspération. Et là, il voit mon genou, et a une expression un peu inquiétante, quoi ? Je regarde à mon tour, et oui, il y a de quoi s'alarmer. Et d'un seul coup je ressens une vive douleur ! Comme quoi, tant qu'on n'a pas vu qu'on est blessé, on ne le sent, pas, c'est dans la tête. Mon genou ! Il n'y en a plus : un gros trou dans mon pantalon, un gros trou dans ma peau, du sang et du sable ! Pas beau à voir ! Je peux me relever, mais je ne peux pas bien marcher ! Benjamin est en train de regretter ce qu'il a fait, c'est rare de voir cette expression sur son visage. Il veut me porter jusqu'à l'infirmerie, mais le prof de sport ne veut pas qu'il quitte la piste, et donc il demande à Perrine, dispensée de sport, de la faire à sa place ! Génial, Perrine est plus fine que moi, donc elle ne va pas me porter ! Elle me soutient juste pendant que je boite pour traverser le terrain de foot, descendre les gradins du stade, traverser la cours, et monter les escaliers jusqu'à l'infirmerie. J'essaye d'aller le moins souvent possible à l'infirmerie, en général, c'est pas bon signe ! Et en plus, c'est la remplaçante qui y va franco avec la compresse imbibée d'alcool sur ma blessure ! Elle ne nettoie pas la plaie, elle m'applique juste la compresse qu'elle fait tenir avec scotch ! Et maintenant, je dois retourner voir le prof avec mon billet de l'infirmière, même chemin en sens inverse ! Clément ricane toujours, Benjamin s'est apparemment fait engueler mais pour autre chose, et le prof qui poursuit ses évaluations prend le billet, me regarde et me dit : « Pauline, je t'évalue ou pas ? » Non, mais il en a d'autre des questions comme ça ? Il se fout de moi ? Ce n'est pas possible d'être aussi c... ! J'arrive à peine à marcher et il veut que je fasse du saut en longueur ! Bien sûr, je suis demi-pensionnaire, donc il faut que j'attende le soir d'être rentrée chez mes grands-parents avec ma mère pour enlever la compresse, et souffrir le martyr ! Une croute s'est formée en emprisonnant des fibres de la compresse, et il y a toujours du sable, que je peine à retirer ! Et le lendemain, je boite toujours. Tant et si bien, qu'à la fin de la journée, il faut me porter jusqu'à la voiture de ma grand-mère qui est venue me chercher. Bref, le mercredi matin, impossible de me lever, j'ai vraiment trop mal, et je ne peux pas marcher, tant pis si je rate le DST d'anglais, il faut que j'aille au médecin. Verdict : épanchement de synovie ! Qu'est-ce que c'est que ça ? En fait, lors du choc, le liquide qui se situe entre mes os (la synovie) et qui leur permet de glisser l'un contre l'autre, s'est échappé, et maintenant j'en ai d'accumulé sous la peau, au toucher c'est comme s'il y avait de la mousse.
Apr
ès tout ça, je suis à bout, et toujours sans nouvelle de Mon Chéri, donc je décide de l'appeler. Je lui raconte ce qui m'est arrivé, il se montre plutôt compatissant, apparemment, lui aussi a connu plusieurs blessures en faisant du vélo. Et quand je lui dis que ça fait 3 semaines que je n'ai pas de ses nouvelles, il me dit qu'il pense qu'on ne se reverra jamais alors ... Ce que je conteste aussitôt en lui rétorquant je vais passer quinze jours en vacances cet été en Haute-Savoie et donc je viendrai forcément le voir ! Et ça remet l'histoire sur pied. Suite à ça, je continue à lui écrire chaque semaine, et aussi à lui téléphoner, environ pendant une heure chaque semaine, avec le téléphone fixe de ma mère !

La semaine avant de pass
er mon brevet, je me retrouve en perm (en permanence ou étude), en train de repenser à mon séjour au Val d'Aran, où j'ai rencontré mon Amour. C'était si merveilleux, si bien, j'aimerais pouvoir le revivre tout le temps. Alors je prends une feuille un stylo, et je commence à écrire, je raconte ce qu'il s'est passé, comment, ce que j'ai pensé à tel où tel moment, de telle personne ou de telle situation, dans les moindres détails. Dorine qui est assise à côté de moi, prend les feuilles au fur et à mesure que je les remplis et elle les lit. Bien sûr, on ne raconte pas une semaine en détail en une heure, donc je continue à écrire dans la cour, dans la file d'attente pour aller manger, au self sur mon plateau, dehors sur les gradins, l'après-midi pendant les cours, dans la voiture, le soir dans mon lit, et tout le restant de la semaine. Je suis totalement prise par la rédaction de cette histoire, c'est passionnant de revivre chaque instant de ce séjour, les bons moments, les moins bons, les rires, les larmes, tout. Et ma bande d'amis lit cette histoire au fur et à mesure que je l'écris. Je suis obligée de numéroter les pages pour qu'ils puissent se les échanger entre eux. Arrive le vendredi soir, fin de l'année scolaire, mon année de troisième est terminée, et le collège aussi. Je rentre chez moi, et je termine de raconter mon séjour. Voilà, il fait 60 pages, soit 30 feuilles grand format recto-verso. Un vrai petit livre que je me mets à taper à l'ordinateur. J'y p asse le week-end. Le brevet a lieu le jeudi et le vendredi, et au lieu de réviser, je passe mon temps à écrire les débuts de mon histoire d'amour, qui dure déjà depuis 4 mois, à 750 kms de distance ce n'est pas rien quand même. Bref, voyant que je ne révise pas, ma mère m'oblige à passer les 3 jours précédents l'examen, chez moi, où il n'y a pas d'ordinateur. Pas très drôle de restée plongée dans mes cahiers, mais bon j'en profite pour bronzer sur la chaise longue dans le jardin. Et le soir j'appelle Mon Chéri, pendant une heure, toujours avec le fixe de la maison, au point de décharger totalement la batterie de son téléphone sans fil, ce qui m'oblige à le rappeler le lendemain, encore pendant une heure ! Arrive le passage du brevet, épreuve de français facile, celle d'hist.-géo un peu moins, et celle de maths, je ne réussis pas à la terminée. Puis, je repars au collège pour rendre mes livres, et assister à la remise des prix, je suis deuxième de ma classe, derrière Dorine. Et voilà maintenant, je suis en vacances ! Quelques jours plus tard, sous une pluie battante, je me rends au collège pour avoir les résultats du Brevet. Bien sûr que je l'ai, de toute façon, je savais que j'allais l'avoir puisque j'avais déjà 4 points d'avance pour aller le passer !
La dernière quinzaine
de juillet, je pars en vacances avec Maman, Clémence, et mon gros Snoopy, direction, le Praz-de-Lys en Haute-Savoie. J'ai connu la station deux années de suite en hiver, et là je la découvre en été, toute calme, avec le son des cloches des vaches, la vue sur le Mont-Blanc. Et pour une fois, je prends plaisir à aller me promener avec mon chien, dans les prés immenses où il peut courir en toute liberté, tant que je vois encore sa queue blanche dépasser des hautes herbes. Des moments très « nature », heureux, calmes, zen, détendus, de tranquillités, comme je les aime !
Bien sûr, j
e profite d'être près de chez Mon Chéri pour aller le voir. Ca fait 3 mois qu'on ne s'est pas vu, et il m'a beaucoup manqué, il m'est souvent arrivé de pleurer pour lui, tellement je l'aime ! Et on se retrouve sur un parking, il est toujours à vélo, il est toujours aussi beau, son petit air timide, gentil, doux. On se balade dans Annecy, très jolie ville, au bord du Lac, sur le pont des Amours ... Il en a de la chance d'habiter ici, Mon Amour. Et j'aimerais aussi habiter cette région, avec lui. Ma mère a raison quand elle lui dit que surtout il ne faut pas qu'il quitte sa région. On va chez lui, je recroise ses parents et sa soeur, sa chambre est toujours dans le même état bordélique, avec toujours des punaises et des clous par terre, ses cactus. Ce qui m'ennuie, c'est qu'on ne s'embrasse pas beaucoup, quand on se retrouve et quand je repars, c'est tout. Snif, moi qui suis tellement en manque de ses bisous ! Bizarrement, je ne lui parle pas du livre que j'ai écrit, peut-être qu'il le prendrait mal, je ne sais pas vraiment comment il réagirait donc je n'ose pas l'évoquer.
Depuis le débu
t de notre histoire, je tiens un journal intime, où chaque jour je note ce qu'il m arrive, si j'ai des nouvelles de Mon Chéri, ce qu'on fait lorsqu'on est ensemble.

Pui
s vient le mois d'août. Je pars en séjour linguistique à Segovia en Espagne, pour 3 semaines. Pourquoi Guillaume n°2 ne fait pas ce séjour avec moi ? Parce qu'il ne parle pas espagnol ! Je tombe encore sur une famille glauque ! Une femme d'une cinquantaine d'année qui vit seule avec sa fille de 20 ans. Pas très sociale comme bonne femme, à vrai dire on ne se dit presque jamais rien. Je passe la plupart de mon temps dans ma chambre, à lire « Les Rois Maudits » de Maurice Druon, un roman historique de 1570 pages, passionnant ! Ce séjour reste quand même sympathique, cours le matin (on apprend à jouer aux cartes avec le prof), piscine l'après-midi ou visite culturelle. On est presque que des filles, la plupart on 15-17 ans et sont donc plus vieilles que moi. Certaines ont connu la soeur de Guillaume, qui était là l'an passée, et qui est partie cette année au Canada avec Marc et Laura, que j'ai connu en Angleterre. Et comme le monde est réellement tout petit, je tombe aussi sur une ex de Mon Chéri, ça fait bizarre quand même ! Il y a aussi et surtout, Damien, l'animateur, fort sympathique et très charmant ! Et entre les excursions à Madrid ou Salamanca, il y a aussi les sorties en boîte ! Premières fois que je vais en discothèque, et où je danse avec mes « copines » sur le podium autour de la barre en fer ! On s'amuse ... avant 22h (heure à laquelle on doit rentrer dans nos familles) il n'y a personne à par nous les petites françaises !
# Posté le mercredi 16 mars 2005 10:40
Modifié le jeudi 24 mai 2007 03:55

Autobiographie <=> Les Chaînes de l'Amour

Autobiographie <=> Les Chaînes de l'Amour
J'entre au lycée, et la classe de seconde va me plonger dans une très grande solitude. Je fais tout pour que mon histoire avec Guillaume n°2 soit parfaite, aux yeux des autres. Comment faire alors lorsqu'un autre me plaît et me pousse sur la voie de l'infidélité ? Et comment va se passer ce séjour en Tunisie avec Mon Chéri, qui doit être idyllique et peut-être me conduire à ma première fois ?

* 14 ans (suite) : Aimer à distance, sur la durée, des difficultés à gérer !

Ma rentrée en classe de sec
onde se passe plutôt bien. Je retrouve ma copine Dorine, qui déprime parce que selon elle, on est maudites : on a hérité du seul prof principal qu'il ne faut pas avoir, décrit par tous ses élèves comme « sadique ». Bon, j'avoue qu'il a des méthodes assez spéciales (le nombre de sonnets en alexandrin que j'ai dû faire au cours de cette année parce que j'étais en retard !) mais au fond, moi, je l'aime bien (et je dois être la seule dans ce cas là). Niveau boulot, nous voilà submergés, je ne trouve même plus le temps d'écrire à Guillaume n°2 ! Je suis dans une classe de matheux (ou plutôt de matheuse parce qu'on a que 7 gars), qui veulent tous faire un bac S, donc, on bosse à un rythme très soutenu. Le seul cours où j'arrive à me détendre, c'est le sport, ce qui est assez étrange quand on sait à quel point je suis sportive ! En effet, cette année, au programme il y a la natation synchronisée (c'est de la danse aquatique, et apparemment il y a des gars qui n'avaient pas du comprendre ça au départ), que je fais avec Perrine (dite Pépine), et puis, il y a aussi l'escalade à laquelle j'adhère vraiment, ça, ça me plait !
Dans ma cl
asse, il y a un gars, fraîchement débarqué au St-Es, qui se trouve être pas mal du tout, et même plutôt sympa, JB. Et je commence à échanger des sms avec lui, et à m'attacher à lui. En fait, je l'aime bien, même plus que bien, et dans un sens j'aimerais bien sortir avec lui. Et lui aussi, il aimerait bien. Mais voilà, moi je sors avec Guillaume n°2, que j'aime plus que tout, et que je ne quitterais pour rien au monde. Mais j'accepte quand même d'aller au ciné avec lui un après-midi, il me fait des bisous, des caresses, mais je ne le laisse pas m'embrasser. Sauf, qu'on n'était pas seuls, et il y avait Dorine aussi, qui en sortant me dit qu'elle ne veut plus me parler, parce que c'est dégueulasse ce que je fais. JB me dit simplement que je fais ce que je veux. Le seul problème c'est que je ne sais pas ce que je veux. Et je parle aussi trop souvent de JB à Guillaume n°2, et je pense que ça finit par l'inquiéter, puisqu'un jour au téléphone, alors que je l'appelle pour lui demander où on part en colo ensemble en février, il me demande si j'ai reçu sa lettre. Quelle lettre ? Il m'a écrit ? Et oui, je reçois ma 3e lettre de lui le lendemain ! Bonheur immense sur mon visage, je souris tellement que j'en ai mal aux joues, et en plus, il m'a envoyé une photo de lui, et il et beau, si beau, tellement beau ! Je l'aime ça oui j'en suis sûre ! Et finalement on se décide pour la Tunisie en colo en février, et j'ai hâte d'y être !
Aux
vacances de la Toussaint, je pars encore avec ma mère et ma soeur en vacances à Chamonix. C'est la première fois que je pars en vacances à la Toussaint. Et bien sûr, j'en profite pour revoir Mon Chéri, ça fait vraiment du bien de le revoir, parce que je vais devoir attendre 4 mois avant de le voir en Tunisie. Et pour une fois, il accepte d'aller au ciné avec moi. On y va en vélo (donc moi sur sa selle et lui qui pédale, bon dieu, ce que ça me fait mal aux fesses !). Je ne me souviens plus du titre du film, je sais juste que c'est avec Sami Naceri et Samuel Le Bihan et que c'est assez gore et violent. Bref, je n'aime pas franchement, mais Mon Chéri m'a embrassé de son plein gré pour une fois. Mais le plus drôle, c'est ce qui nous attend en sortant sur son vélo. Il faut savoir que Guillaume n°2 adorant son vélo plus que de raison (peut-être même plus que moi), pour être sûr de ne pas se le faire piquer, il a mis 2 cadenas, et il y a un petit rigolo qui a trouvé ça marrant d'en mettre un 3e ! Obligés de faire appel au technicien du ciné pour scier le cadenas ! On en voit des choses des fois !
Je ne sais plus trop comment, à u
n moment, j'ouvre mon portefeuille, et il peut y voir un préservatif. Il me regarde interloqué. « Ben oui, j'en ai parce que je suppose que toi, tu n'en as pas ». Non, il n'en a pas. En fait, contrairement à tous les autres gars que je connais, Guillaume n°2 ne me parle jamais de sexualité. Alors, je ne sais pas ce qu'il en pense. De mon côté, on va dire que je m'y prépare, comme j'ai une relation sérieuse et durable avec lui, j'envisage la chose comme une possibilité. Et j'ai peut-être raison, sur l'aspect durable de notre relation, parce qu'à un moment, je lui demande « tu crois qu'un jour on habitera ensemble à Annecy ? » et il me répond de façon directe et assurée « ah oui, ça j'en suis sûr ! ». Si ça c'est pas une preuve d'amour ?
Puis je quitte à nou
veau les montagnes et Mon Chéri, pour ma Picardie profonde, heureuse d'avoir revue Guillaume n°2, mais un peu déçue que ça n'ait pas été plus passionnant au ciné.
De retour chez moi, les choses ne s'a
rrangent pas. En effet, il me vient à l'idée de proposer à Guillaume n°2 de partir également ensemble en colo en avril, mais sa mère ne veut pas parce que c'est les 50 ans de mariage de ses grands-parents ! Du coup, je me suis mise à les détester terriblement parce que ça m'empêchait de voir Mon Chéri. Et puis, ça continue, je me dispute avec Dorine, qui commence à m'agacer profondément, et sa mère aussi. Et finalement, un matin elle me présente un nouveau plan de classe (elle est déléguée avec moi), toute fière de me montrer qu'elle a mis JB loin de moi. La goutte d'eau qui fait déborder le vase, c'est le clash, je ne peux plus la saquer. Et quelques jours après, je fais la bêtise de dire à JB que je l'aime, et finalement, je me contredis le lendemain, parce que ce n'est pas vrai. Evidemment, il le prend très mal, on ne dit pas à quelqu'un qu'on l'aime si ce n'est pas vrai, et là aussi c'est le clash. Il se met à me détester, et ça commence à devenir réciproque. A tel point que certaines nuits, je rêve de lui, j'ai un sabre à la main et je le décapite. C'est la première fois que je rêve que je tue quelqu'un.
Et po
ur couronner le tout, un jour, ma mère vient me voir, un air bizarre et grave, qui m'inquiète toujours, pour dire, que, bah, voilà, elle a rencontré quelqu'un !!! Hein ???? Je dois reconnaître quand même que ça me fait un sacré choc. Dans ma tête, je me suis toujours dit que ma mère finirait par retrouver quelqu'un, c'est normal. Mais pas si tôt, quand moi je serai adulte et que je ne vivrai plus à la maison. Au début, je ne le prends pas très bien, ça me fait bizarre et j'ai du mal à l'accepter. Et puis, finalement, je me rends compte que j'ai tord. C'est vrai, ma mère a été veuve à 32 ans, c'est extrêmement jeune, et ça fait quand même 5 ans qu'elle est seule, donc c'est plutôt normal. Je finis donc par l'accepter, elle aussi, a droit au bonheur. Par contre, ma soeur ne le prend pas bien du out, pour elle, c'est comme si on oubliait mon père. Et là, c'est le clash avec ma soeur. Elle se met à détester ma mère, et moi par la même occasion, puisque je soutiens ma mère. On me dit, qu'avec le temps, elle grandira et finira par comprendre et l'accepter aussi. Oui mais combien de temps ?
Les jours d'hiver passent sombre
et froid, j'en profite pour changer de coupe de cheveux, je me fais faire des mèches chocolats et caramels, et je me fais défrisés les cheveux. Au final, ça me fait des mèches bondes, et au premier shampoing, tout est redevenu frisé, ça valait la peine de souffrir le martyr pendant une heure !
Je m'isole de plus en plus dans ma c
lasse, en me réfugiant dans l'amour que j'ai pour Mon Chéri. Mon seul moyen d'évasion, réside dans les lettres que je continue à lui écrire, en m'inspirant des chansons d'Indochine (album « Paradize ») ou encore de Mylène Farmer.
Pour Noël, il m'a réservé une très b
elle surprise. En ouvrant ma boîte aux lettres, je découvre un coli, à mon nom, en provenance de Haute-Savoie, et qui sent terriblement ! Incapable d'attendre, je l'ouvre et je trouve à l'intérieure une petite peluche Diddl (parce que j'en suis fan), qu'il a parfumé avec du Adidas « Ice Dive » (profondeurs glacées), son parfum, que j'adore. C'est le plus beau cadeau qu'il m'ait fait. Je suis transportée de bonheur, tellement, c'est magnifique. Et cette peluche ne me quitte plus, son parfum est devenu enivrant. Je connais aussi par coeur chaque mot de ma carte postale d'Annecy qu'il a mis avec. Et peu de temps après, c'est le neige qui arrive chez moi ... La vie est belle.
Quelques temps avant de partir en colo en Tunisie, je
demande à ma mère pour prendre la pilule. Ca ne la choque pas, quelque part, elle s'y attendait. Et je n'ai pas de rapports compliqués avec ma mère, on s'entend bien, donc je n'ai aucun problème pour le lui demander, même si je n'ai que 14 ans. Après passage chez mon médecin généraliste, et une prise de sang, j'obtiens la pilule.
Cette année pour la Saint-Valentin, qui est également, le jour de nos un an ensemble, je lui envoie une carte spéciale. De mon point de vue, c'est la plus belle lettre/carte d'amour que je n'ai jamais écrite. J'y ai réellement mis tout l'amour que j'avais en moi, tant je voulais que ce soit beau et parfait. Et en cadeau, je lui achète un caleçon rouge avec des petits coeurs, que je lui offrirai en Tunisie. Le 14 février arrive donc, dernier jour de cours avant les vacances, et voilà, ça fait un an que je suis avec Mon Chéri. A mon âge, il y a peu de couples comme le mien, j'essaye d'être une sorte de modèle, comme si je voulais prouver au monde entier que, si, c'est possible. Mais je n'ai rien à prouver, le monde s'en fiche pas mal. Et ce jour que je pensais exceptionnel arrive, et finalement, il reste un jour ordinaire, comme les autres, il ne se passe rien d'exceptionnel et je ne ressens rien d'exceptionnel ! Au final, je suis comme déçue !
La semaine d'attente avant le départ pour
la Tunisie est une véritable torture. Je suis terriblement impatiente, ma valise est pratiquement prête 5 jours avant. Je vais jusqu'à aller chez l'esthéticienne pour une épilation à la cire, bonjour, la souffrance, mais à ce qu'il parait, il faut souffrir pour être belle ! Et là-dessus, Guillaume n°2 m'apprend qu'il ne prendra pas l'avion avec moi, mais apparemment, il doit décoller de Lyon. Je déprime, je ne vais même pas prendre l'avion avec lui !
Arrive enf
in le jour du départ. Et là qui je retrouve ? Thomas, le frère de Laura avec qui je suis partie en Angleterre. Lui aussi, il va en Tunisie. Ca me fait plaisir au fond, parce qu'il est sympa, et puis j'avais pas mal parlé avec lui l'été dernier à Noisy. Mais ma plus grande surprise m'attend en arrivant à l'aéroport de Roissy. Au moment où j'entre dans le terminal, je vois Guillaume n°2, assis sur sa valise ! Je souris comme une idiote, mon coeur n'a jamais battu aussi fort de toute ma vie, à tout rompre ! Qu'est-ce qu'il fait là ? Pourquoi il est là ? Qu'est-ce que je fais ? Pourquoi il ne me l'a pas dit ? (parce qu'il n'a pas de portable c'est vrai). Et puis finalement, ne sachant pas trop comment réagir, je m'avance vers lui, je lâche ma valise et je l'embrasse, comme ça devant tout le monde, au beau milieu de l'aéroport ! J'ai retrouvé Mon Chéri, c'est tout ce qu'il compte ! C'est qu'il n'a failli pas partir, parce qu'il s'est aperçu la veille au soir, que son autorisation de sortie du territoire était périmée, sa mère a dû aller à la mairie le matin même à la première heure pour en avoir une nouvelle, et en envoyer la photocopie par fax à l'aéroport !
Et voilà, on décolle enfi
n pour la Tunisie, destination vacances de rêve, du moins je l'espère, parce que pour l'instant, on n'a même pas pu se mettre l'un à côté de l'autre dans l'avion. Arrivée à l'aéroport, il y a encore une tonne de formalités, et aussi le change à faire. Je suis fatiguée, épuisée. Je galère avec ma valise, trop lourde comme toujours. Et finalement au moment, où je m'assieds dans le bus, à côté de Mon Chéri, j'ai les larmes aux yeux, avec cette impression que ce séjour ne sera pas aussi beau que ce que j'avais espéré. On arrive enfin à l'hôtel, plutôt misérable, et il fait froid. Je suis dans une chambre avec 3 autres filles de 14 ans. Ma première question à l'animatrice c'est « où sont les chambres des garçons ? ». Mince, sa chambre est vraiment très loin de la mienne. Ca complique un peu les choses, sans compter qu'il y a un handicapé mental dans sa chambre ! Et beh, on n'est pas sorti du sable comme ça ! Le soir, la directrice fait une réunion d'information. Donc entre tout ce qu'elle nous dit, Guillaume n°2 et moi, on s'aperçoit que, comme par hasard, on a oublié tous les deux, la charte qui stipule que la mixité est interdite dans les lieux de sommeil (hum hum), et entre toutes les recommandations qu'elle nous fait, on découvre, que la Tunisie étant un pays musulman, il est préférable pour les couples d'éviter de s'embrasser en dehors de l'hôtel ! Quoi ? Nan, mais c'est une blague ou quoi ? Je ne l'ai pas vu depuis 4 mois, je suis ici pour être avec lui et tout, et voilà, que l'on me dit que ça ne va pas être possible de l'embrasser dehors ! Et ben, la Tunisie commence sérieusement à me déplaire comme destination touristique ! La prochaine colo qu'on fera ensemble ça sera dans un pays avec un peu plus de libertés ! Je le sens mal ce séjour ! Grr ! Le lendemain, il fait un soleil étincelant dans un ciel bleu magnifique, il fait bon, juste assez pur sortir avec un T-shirt. Activité du matin : tennis ! Je sais, je suis très nulle à ce sport, mais pour être honnête ce n'est pas du tout le sport préféré de Mon Chéri, de ce fait, on a droit à un très beau match de lancer de balle par dessus le grillage et comme par hasard, il y a une fenêtre ouverte sur une cuisine juste à côté du cour de tennis, et une des balles de Guillaume n°2 y termine sa trajectoire ! A la fin du match, si on peu encore appeler ça comme ça, il s'amuse à me lancer des balles dessus ! Je ne trouve pas ça drôle, et même je lui en veux de faire, je trouve ça méchant de sa part ! Les filles de ma chambre ont bien compris que Guillaume n°2 et moi on était ensemble, et donc, elles nous laissent souvent seuls tous les deux, et en plus ma chambre ne peut s'ouvrir de l'extérieure sans clé, le pied ! Du coup un soir, Mon Chéri et moi, on se retrouve tout seul tous les deux, dans le lit, à s'embrasser tranquillement, à en finir en soutif-string et caleçon. Pour être honnête, je n'ai jamais été aussi loin avec un gars, pas à ce niveau d'intimité. Mais pour le moment, on n'ira pas plus loin parce que je suis ne zone rouge, et aussi, parce qu'il est l'heure d'aller à la veillée. Ca me fait bizarre, de me retrouvée au milieu de tous les autres après, en pensant à la situation dans laquelle je me trouvais juste avant. Je me sens comme coupable, surtout en colo, et heureuse à la fois.
Les jours passent, pluvieux et froid
s, entre visites de souks où l'ambiance me met mal à l'aise, privée de bisous, le hammam entre filles (un peu de chaleur ça fait du bien et l'isolement aussi), et la balade à dromadaires avec Guillaume n°2. J'en profite pour demander à une animatrice de faire une photo de nous deux. Je redescends de l'animal avec un mal de cul d'enfer ! Un soir, on va dans un bar à chicha. Les moins de 15 ans ne sont pas autorisés à tester. Mais évidemment, Guillaume n°2 et moi, comme n'importe quels ados obéissant de 14 ans, il faut qu'on teste ! Lui, ça lui plaît, moi par contre, j'avale la fumée (ben oui, je ne sais pas comment on fait), donc je tousse comme une tarée après. Et sur le chemin du retour, je rigole comme une malade, sans rien comprendre. Arrivée à l'hôtel, je m'allonge sur le lit, toute habillée, Mon Chéri qui me tient la main, et je m'endors. Quand je me réveille, tout le monde dort et Guillaume n°2 n'est plus là. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais vers les derniers jours, je suis triste, et un midi, je me mets à pleurée. J'ai l'impression, que mon doux conte de fée n'est pas aussi parfait que je l'aurai espéré, que l'amour qu'il y a entre Guillaume n°2 et moi n'est pas aussi grand que je le voudrais, et qu'il ne durera pas toujours, comme si, pour la premier fois, l'idée qu'il puisse se terminer me paraissait plausible, et elle me frappe comme une claque en pleine figure. Mais voilà, je ne sais pas le lui expliquer, parce que c'est quelque chose que je ne comprends pas, et que je ne sais exprimer autrement que par des larmes. Je ne le trouve pas assez attentionné, et son refus de le faire avec moi « parce qu'au cas où ça ne se passerait pas bien, il ne faudrait pas qu'on reste sur quelque chose de pas bine jusqu'à cet été », fini de me décevoir. Mais l'argument qu'il me sort est compréhensible, donc je l'accepte. Au fond, ça fait preuve de maturité et de responsabilité, et quelque part aussi de la peur de ne pas être à la hauteur. Le séjour s'achève, il repart avec mon caleçon rouge à petit coeurs, moi, il n m'a rien offert, alors, je repars avec son sweat-shirt Sweater que j'aime tant, qui a son parfum et sa douceur. Par chance dans l'avion, on a réussi à se mettre l'un à côté de l'autre. Arrivés à l'aéroport, je découvre un message de sa mère sur mon répondeur, qui nous souhaitait un bon séjour en nous disant que Guillaume n°2 avait bien de la chance d'être parti, parce qu'elle a quand même pas mal galérer pour ses papiers ! Ca me fait sourire, c'est tout lui ça !
Le retour à la
vie « normale » est très difficile. En retournant en cours, je n'ai vraiment pas envie de revoir les autres, et surtout je ne me sens pas capable de les affronter, après être redescendue si brutalement de mon petit nuage. Je reste plongée dans mon « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury, pour éviter le contact avec les autres, mais ça n'empêche pas Amandine de venir me voir et de me demander si ça va « parce que je n'ai rien et donc elle veut savoir si ça s'est bien passée », on pourrait trouver ça gentil jusqu'à la question suivante « alors tu l'as fait ?». Réponse à la première question « oui », et à la deuxième « non », alors qu'en réalité, c'est non et non, en sachant que j'aurais été fière de répondre oui et oui ! Ca m'énerve cette impression que non, mon séjour ne correspond pas à ce que j'attendais, peut-être aussi le fait d'en voir certains avec la trace du masque de ski, qui me fait penser que pour être heureuse il m'aurait peut-être fallu la neige et la montagne en plus, comme si c'était indissociable de Guillaume n°2 ! Je rentre chez moi à midi, avec un mal de ventre atroce, résultat probable de ma contrariété qui m'oblige à rester chez moi l'après-midi. C'est le contrecoup du retour. La vie reprend son cours, je continue mes lettres, avec des enveloppes toujours très bien décorées d'images de paysages. Et puis un jour ça éclate, je sais pas pourquoi, je me mets à écrire à Guillaume n°2 tout ce qu'il y a de plus mauvais en moi, tout le mal que je suis capable de faire et de lui dire, que je ne l'aime pas, tout en pleurant sur la lettre, comme un besoin d'évacuer l'aspect négatif de notre amour. Quand je l'ai au téléphone, après, je m'excuse pour ce que j'ai fait, parce que je ne sais pas trop bien pourquoi j'ai dit et écrit de telles horreurs, et il me répond que de toute façon il ne m'a pas cru ! Ca c'est une belle preuve d'amour, mais quand même, il a quand même quelque chose de fêlé dans notre amour !
En avril, je refais un séjour linguistique en Espagne
avec mon lycée, et plus précisément, en Andalousie. Bon, cette fois-ci, on y va en avion, c'est plus confortable, et aussi plus cher. Le truc moins sympa par contre c'est que Dorine est avec nous, et pas Céline avec qui j'étais l'an dernier. Et la Dorine nous en fait toute une histoire de « sa première fois en avion, sa première fois à l'étranger », faut savoir sortir de son trou, c'est tout ! Pépine (qui sort avec JB au passage) aussi est là, avec Léo et Océane, une fille super sympa de ma classe. Etant sans amis, je suis dans une famille d'accueil avec une fille qui s'appelle Wendy, que je ne connais pas, mais qui est sympa, et essaye désespérément de comprendre pourquoi, il faut que je m'entête à écrire mon journal tous les jours ! Le voyage en soi est sympa : visite de la mosquée de Cordoue, de la cathédrale de Séville avec son minaret, de la Alhambra à Grenade, Tolède encore, et Madrid, encore. Des paysages de collines et d'oliviers très beaux. Je me sens très seule, et donc, en écoutant Era (« The Mass ») j'écris des cartes postales à Mon Chéri, tous les jours !
A la fin des vacances d'avril, Maman décide de
retourner habiter chez nous, dans notre maison. Ca me fait bizarre, quand même, j'ai passé presque 6 ans chez mes grands-parents, donc, avec le temps, j'ai fini par m'y habituer. Je suis la première à avoir bouclé mes cartons, et à avoir réinvestit ma propre chambre, la mienne, à moi, toute seule, fini la cohabitation avec s½ur. La première nuit est bizarre, et m'effraie un peu. Comme une appréhension, comme si elle pouvait être hantée ! Mais j'ai mon chez moi, même si on est sans télé, c'est mieux que n'importe quoi d'autre !
# Posté le mercredi 16 mars 2005 10:51
Modifié le vendredi 25 mai 2007 03:44

Autobiographie <=> Espoir (1e partie)

Autobiographie <=> Espoir (1e partie)
Un nombre incroyable de chose s'est produit quand j'ai eu 15 ans, des très très mauvaises, et d'autres vraiment très très bien aussi. Comme s'il avait fallu que je descende très bas pour mieux rebondir et aller encore plus haut qu'avant !

* 15 ans : 3 semaines en Corse avec Mon Chéri ... Espoir ! La face voilée : je le sais bien, mais je fais semblant de ne rien voir !

Pour mon plus gra
nd bonheur, Guillaume n°2 n'oublie pas mon anniversaire cette année. J'ai droit à un sms envoyé grâce au portable de sa s½ur (qui a probablement dû y penser pour lui) et me souhaitant un Bon Anniversaire, et qu'il m'appellera le lendemain, parce qu'il a eu une compétition de vélo le jour même. Sincèrement, qui compte le plus ? Le vélo ou moi ?? Et évidemment, c'est moi qui l'appelle le lendemain !

Pépine dé
ménage dans la région d'à côté. Un jour, je reçois une lettre d'elle, et dans ma réponse, je la mets en garde sur JB. Bien sûr, elle lui en parle, et il vient me trouver en cours en me menaçant et en m'interdisant d'écrire à Pépine. Sa colère m'a fichu la trouille et les larmes aux yeux, je n'ai pas l'habitude d'être menacée, ça choque même ma prof de français. Plus jamais je ne me mêle des affaires des autres !

Etant donné
qu'on a réemménagé dans la maison, il y a quelques travaux à faire, notamment dans la chambre de Maman. C'est sa déco, évidemment, c'est elle que ça regarde, mais bon, le fait est qu'elle veut mettre une sorte de jonc tissé sur son sol (ce que j'appelle personnellement « dormir sur la paille »), bref, elle porte le gros rouleau avec le type de la livraison, et elle a gagne une magnifique sciatique assortie d'un arrêt maladie de 3 semaines (passées à bronzer sur la chaise longue dans le jardin !) En fille bien élevée et serviable, je lui masse le mollet qui reste contracté en permanence et dans lequel elle ne ressent plus rien, et je vais à la pharmacie lui chercher ses médicaments. On est vendredi 13 juin, je vais donc en profiter pour faire un loto. Pour gagner du temps, j'y vais en vélo. Sauf qu'au retour, je repasse par la gare, et il est 17h, c'est l'heure de pointe, donc pour éviter les voitures je décide de prendre le trottoir. Malheureusement pour moi, je ne le prends pas suffisamment en face, ma roue frotte et je glisse. Je m'étale donc littéralement sur le trottoir, devant la foule. Trois jeunes dans une 206 vert émeraude s'arrêtent pour savoir si je vais bien : ça va très bien, je n'ai absolument pas besoin d'aide, et donc terriblement vexée je renfourche mon vélo, et file droit à la maison. J'ai gagné une magnifique cicatrice sur l'épaule droite, à vie, ce qui explique pourquoi je me souviens si bien de la date. Et en plus, je n'ai rien gagné au loto.

L'
année de Seconde se termine péniblement. Le travail reste intense, et pour la première fois, ma moyenne n'atteint même pas 15 (seulement 14,9) et non contente d'être déjà devancée par Dorine, je tombe à la 3e place, ce qui ne conforte évidemment pas mon égo. L'année de Seconde est théoriquement la préférée des lycéens, car elle ne comporte pas d'examens et donne droit à presque 3 mois de vacances. Sauf dans mon lycée ! On ne quitte les cours qu'une semaine avant la fin du mois de juin, et encore, les 2 derniers jours de cours comportent des DST qui comptent pour la moyenne du premier trimestre de 1E, histoire d'être sûr qu'on va travailler jusqu'au bout.
Le dern
ier jour de l'année, Pépine revient voir son ancien lycée. J'ai su que JB l'avait larguée. Bizarrement, on est donc les deux seuls de la classe à ne pas avoir très envie de la revoir. Mais j'entends Pépine parler de lui, en mal, ça me fait gentiment sourire, mais pour une fois, je reste humble et je me retiens de lui coller dans la figure : je t'avais prévenue, elle doit déjà le savoir !
Et je quitte ainsi les cours, bien heureuse que cette année soit terminée et de quitter cette classe !

Surtout,
que ma cousine Catou vient passer quelques jours chez moi. D'ailleurs, pour la loger, Maman m'a acheté un clic-clac pour ma chambre. Ca faisait longtemps que Catou n'était pas venue dans la région. Elle a beau avoir 2 ans de plus que moi, je m'entends bien avec elle, parce que je peux lui parler de Mon Chéri pendant qu'elle me parle du sien. Et, je lui fais même lire le livre que j'ai écrit. Elle me demande ce que lui il en a pensé du livre : que j'ai une sacrée mémoire pour me rappeler de tous ces détails, mais le plus drôle, c'est la réflexion de la s½ur de Guillaume n°2 devant sa famille « on aura bientôt un écrivain dans la famille » en parlant de moi.

En at
tendant de partir en vacances, je me suis lancée dans la redécoration de ma chambre. A une époque mon père collectionnait les magazines Géo, j'en retire les plus belles pages avec de somptueuses images de paysages que j'accroche sur un mur, pour obtenir un très beau patchwork. Ce travail me prend pas mal de temps, et je finis même par abandonner la rédaction de mon journal intime.
Pour les
vacances d'été, on va à la montagne, évidemment, à Valmorel en Savoie. Bizarrement, quand je l'annonce à Guillaume n°2, il me dit « encore à la montagne ? » et beh, cache ta joie ! Ca à l'air de te faire plaisir que je vienne te voir ! Par contre cette fois-ci on laisse le chien chez mes grands-parents. Avant de partir, mon grand-père me recommande de bien veiller sur ma mère et de prendre soin d'elle, oui et ben la dernière fois que j'ai suivis ce conseil, ça m'a coûté une épaule ! Et il m'offre un couteau suisse, très beau et très classe parce qu'il est noir. C'est parce que je vais partir en raid, c'est pour ça qu'il me fait ce cadeau. Ca me touche beaucoup, parce qu'il ne me fait pas souvent de cadeau, estimant comme à son habitude que je suis beaucoup trop gâtée.

V
almorel est une petite station de ski près de la Vallée de la Maurienne. Je ne lui trouve pas autant de charme que le Praz-de-Lys. Et pis, je n'ai pas le loisir de promener mon chien dans les immenses pâturages. Et la Savoie est moins verte que la Haute-Savoie. En dehors de ça, je retourne évidemment à Annecy voir Mon Chéri. Ma mère m'a dit que si je voulais, il pouvait venir « dormir » à Valmorel. Il n'a toujours pas répondu à la proposition. Disons que pour prendre des décisions qui nous concernent c'est toujours un peu long. Mais c'est Mon Chéri, toujours fidèle à lui-même, qui vint me chercher en vélo, qui me balade dans Annecy. Bien sûr, on va chez lui, sa chambres est toujours le même capharnaüm, et le seul endroit, où il y a de la place, c'est sur son lit. En fait, on passe l'après-midi dans les bras l'un de l'autre, sur son lit, comme en Tunisie, mais sans aller plus loin, la porte de sa chambre ne fermant pas à clé et sa s½ur étant dans la maison !
La fois suivante,
je lui ai réservé une petite surprise. Je lui annonce simplement qu'on va à la plage (au lac) et que j'ai quelqu'un à lui présenter. Il a l'air surpris, ce qui est normal parce que théoriquement je ne connais personne à part lui à Annecy, n'étant pas de la région. Mais il ne pose pas de question, depuis le temps qu'il me connaît il sait que je suis inépuisable quand il s'agit de monter des plans. La personne que je veux lui présenter c'est Zazou. Il est en vacances à La Clusaz, juste à côté. Il m'a prévenu qu'il allait à la plage aussi aujourd'hui, donc autant en profiter. En fait, c'est toute la petite famille de Zazou qui est là, ce qui inclut donc Richard, et c'est assez étrange d'avoir « un ex » face à son copain. Par contre, grosse maligne que je suis, je n'ai pas pensé que j'aurai dû venir en maillot de bain directement au lieu de devoir me changer sous ma serviette et d'être victime d'un coup de vent, mais passons sur ce détail. Evidemment, le soir, avant de partir, je prends discrètement Zazou à part et je lui demande ce qu'il a pensé de Guillaume n°2. Je sais que je peux compter sur sa sincérité et sa franchise : « Il est plus jeune que toi, non ? » Non, il est même plus vieux. « Et ben, il a l'air trop jeune pour toi », comprenez pas assez mûr. Peut-être, mais je l'aime, alors qu'importe !
Pe
ndant que je suis en vacances, mon grand-père tombe malade. Evidemment, pour savoir ce qu'il a, il faut presque forcer ma grand-mère à l'envoyer voir un médecin, leur médecin de famille étant décédé récemment, ils attendent que le médecin du village rentre de vacances. Finalement, un jour ma grand-mère finit par nous avouer qu'il est « à la grande maison », un bel euphémisme pour dire « à l'hôpital ». Je m'entends encore en rire avec Guillaume n°2 alors qu'on allait faire une balade en forêt un jour de pluie. Le grand-père de Guillaume n°2 avait pas mal de champs qu'il a revendu avec l'expansion de la ville d'Annecy, mais il lui reste encore une partie de la forêt avec une grotte que Guillaume n°2 tient absolument à me montrer mais à laquelle on ne peut pas accéder. Et au milieu d'un chemin, Mon Chéri stop net devant, et me dit de faire demi-tour rapidement. Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Il y avait une vipère ! Je le prends dans mes bras un peu plus loin, depuis que je le connais, il a beaucoup grandi et il est donc beaucoup plus grand que moi maintenant. Il lui a fallu lâcher son vélo pour me tenir dans ses bras, ce qui semble le déranger, car maintenant des fourmis sont en train de s'attaquer à son vélo ! Ce vélo ... De toute façon avec les coups de soleil que j'ai pris à la plage l'autre jour, il vaut mieux ne pas me toucher. L'eau du lac a beau être gelée, elle n'empêche pas de cuir !

Je suis de
retour chez moi pour quelques jours. Mon grand-père refuse qu'on aille le voir à l'hôpital, et ben qu'il continue à faire sa tête de cochon. Tout ce que je sais c'est qu'il a un ½dème à l'abdomen, et qu'on lui a pompé un litre d'eau. Ceci n'a donc pas beaucoup de sens pour moi, et j'ai la tête ailleurs dans la préparation de mon sac de raid.

On est le
5 août, et je pars faire le Raid Corse, pour 3 semaines, avec Mon Chéri, et comme pour la Tunisie, je ne sais pas où je vais le retrouver. Cette année encore, ils ont décidé d'innover pour les colos, et nous voici tous rassemblés à Piscop, dans un de leurs centres de vacances, sur la pelouse, à moitié grillée par la chaleur. J'arrive à trouver sans trop de difficultés mon équipe d'animation. Mon directeur, Julien est un ancien GO du Club Med. Je vais découvrir par la suite que c'est le meilleur directeur de colo que j'ai jamais eu (vous l'avez vu dans « Incroyable Talent » en 2006 sur M6, et dans un pub pour pagesjaunes.fr en 2007) Très simplement, je viens me présenter, et dans le but de mieux me connaître, l'animatrice, Manu, lit ma fiche d'inscription. Elle s'arrête à la rubrique « l'enfant souhaite séjourner avec » et me demande qui est Guillaume. Qu'est-ce que je réponds ? La vérité bien sûr, ça ne sert à rien de lui mentir, ils s'en rendront bien compote tôt ou tard. « C'est mon copain ». Elle me lance surprise « et ça fait longtemps que tu le connais ? » Ben oui, pratiquement un an et demi. Ca la laisse perplexe alors elle cherche la fiche de Guillaume n°2, évidemment, mon nom est également inscrit dessus, ça lui paraît logique, ce qui la frappe par contre, c'est qu'on n'habite pas du tout au même endroit. Ca l'épate. « Ca fait longtemps que vous ne vous êtes pas vu alors ? » Ben, en fait, ça ne fait que 5 jours ! Et me voilà obligée de raconter mon histoire, c'est bon, on nous a grillé. Et quand Julien (le dirlo) revient, elle lui annonce fièrement « et ben, on a déjà un couple dans la colo ». Julien n'en revient pas, dès la 1e matinée, c'est rare ! Puis on part pour l'aéroport d'Orly. Là-bas, je retrouve Marion C., qui était avec moi au Val d'Aran. Elle me demande si je connais déjà des gens dans la colo, oui, Guillaume n°2. « Ah et tu vas ressortir avec ? » non, je sors toujours avec. Après une bonne heure d'avion, nous voici à Bastia, jusqu'ici on avait bénéficié de la climatisation, donc, ça allait, mais à peine sorti, nous voici accablés par la chaleur. On prend un autocar pour rejoindre notre camping à Propriano. Pendant le trajet, j'ai ma mère au téléphone, qui s'étonne que je n'ai toujours pas retrouvé Mon Chéri. En fait, si j'ai bien compris, le groupe est divisé en 3, ceux qui ont pris le 1e avion direct depuis Paris comme moi, ce qui font un Paris-Marseille-Bastia, et ceux qui habitent le Sud de la France et donc qui prennent le bateau à Marseille, comme Guillaume n°2, et qui arrivent le lendemain. Au passage, ma mère me donne des nouvelles de mon grand-père. Ca ne va pas fort, il souffre de la chaleur, et d'après les médecins, il aurait un cancer du pancréas. Bon, d'accord, je ne sais pas vraiment, si c'est grave ou non, et je demande à l'animateur qui est devant moi, Sylvain, si on guéri d'un cancer du pancréas, je lui pose la question sur le ton de la plaisanterie, pour ne pas rendre les choses trop grave. Apparemment, il ne sait pas trop. De toute façon, mon problème pour le moment, c'est de retrouver Guillaume n°2. On passe la soirée à monter les tentes, et à explorer le camping. On a commandé des pizzas pour le diner, sauf qu'elles mettent un temps fou à arriver, et en plus, il nous manque des tentes. Au final, je suis crevée, et je m'endors, toute seule dans ma tente. Le lendemain matin, Guillaume n°2 arrive pendant que je suis partie prendre ma douche, ce qui prend beaucoup de temps. Quand je reviens au camp, ils sont tous assis pour la réunion d'info, c'est un peu moi qu'on attend et pur me faire payer mon attente, Julien me balance un grand seau d'eau froide dans le dos ! Ca rafraichit, c'est bien, mais je m'étais déjà douchée ! Je vais m'asseoir là où il reste de la place, près de Mon Chéri. C'est colo est organisée comme le jeu de Koh-Lantha, sauf que dans le cas présent, il s'agit de Corse-Lantha. Et le hasard a bien fait les choses car Mon Chéri et moi sommes dans la même équipe. Après le réunion, je peux me retrouver avec Mon Chéri, et je lui dis « tu vas peut-être m'embrasser maintenant qu'il n'y a plus personne ? »
La colo se met
en place petit à petit. Je galère franchement pour tout ce qui concerne la cuisine, mais le plus drôle, c'est les courses. On a envoyé un gars qui s'appelle Florian, peser les tomates. 60¤ pour 40 tomates ! Il a pesé la cagette en bois avec ! Et en plus, il s'est perdu dans le supermarché. Au final, je suis la seule qui dors dans une tente, les autres préfèrent dormir à la belle étoile, mais bon, si c'est pour se retrouver avec plein de fourmis collées sur la figure le matin et se faire bouffer par les moustiques, c'est pas la peine. Le sable de la plage est brulant, on peu à peine poser les pieds dessus, donc, on file directement dans l'eau, à 25°C, le pied. Pour l'instant, Mon Chéri est très gentil avec moi, on arrive même à trouver un moment pour se balader seuls tous les deux. Et on fait plein d'activités géniales, dont du catamaran, une sortie en zodiac (on s'est tous abordés les uns les autres, et au passage il y en a qui a perdu sa boite de capotes dans un des bateaux), et le mieux du mieux, c'est le baptême de plongée. A vrai dire c'est assez spécial de ne respirer que par la bouche, après elle est toute sèche, mais le spectacle est vraiment magnifique. Le lendemain, je suis réveillée vers 7h, j'attends près de Mon Chéri qu'il se réveille. Et là j'entends mon portable sonner dans ma tente. Mince, ça va réveiller toute la colo. Je fonce donc décrocher, c'est ma mère. Elle a une voix étrange, et c'est bizarre qu'elle m'appelle si tôt. Alors, je fais comme si tout allait bien, je lui annonce que j'ai fait de la plongée. Mais ça ne change pas le ton de sa voix, et là elle m'annonce que mon grand-père est mort, il y a deux jours, à cause de la chaleur, mais qu'elle n'a pas réussi à me joindre avant. Je ressors de ma tente, en larmes, et je me dirige vers Guillaume n°2, que le bruit a réveillé. Je reste dans ses bras, pendant que ma mère m'explique ce qui s'est passé, et puis je m'éloigne parce que je n'arrive pas à mettre les choses au clair dans ma tête. J'ai besoin de parler à quelqu'un qui puisse me comprendre, et bizarrement, Guillaume n°2 ne peut pas m'aider. C'est ma grand-mère qui m'appelle, elle une voix très calme, que je ne lui connais pas, et qui me fait peur. Elle me dit que mon grand-père a été un homme bien, et d'autres choses comme ça. En fait, je ne sais pas trop quoi pensé, je sais seulement que je pleure, parce qu'il vient de mourir, mais au fond de moi, je ne sais pas, je ne l'ai jamais beaucoup aimé, je l'ai toujours craint, trouvé trop sévère, je ne pensais même pas pleurer pour sa mort, je ne m'inquiétais même pas de sa maladie. Les animateurs aussi sont réveillés maintenant, ils essayent de me réconfortés, et ils me parlent de leurs propres histoires, le genre de choses que je ne veux même pas entendre, alors je préfère restée seule. J'appelle ma cousine, parce qu'elle est la plus proche de moi dans ma famille. Elle n'est pas bouleversé, à vrai dire, mon grand-père ne comptait pas plus que ça pour elle, c'était juste Grand-Papa. Elle me remonte un peu le moral. J'essaye d'aller déjeuner, mais en fait, il ne reste plus rien. Il faut que je m'occupe pour éviter de trop y penser, alors je décide d'aller faire ma lessive, avec Guillaume n°2. Malgré moi, je lui parle de mon grand-père, mais ça l'agace, il préfèrerait que je me taise. Au fond, je ne peux pas lui en vouloir, il ne sait pas ce que c'est, donc, il ne sait pas comment réagir. Il préfère éviter le problème. Dans un sens, je lui en veux quand même parce que j'ai besoin d'en parler. C'est ma tante qui m'appelle, pour savoir comment je vais. Ben plutôt bien en fait, et j'arrive pratiquement à la faire rire en lui disant que je suis en train de faire ma lessive dans un camping en Corse. Au fond, je réagis mieux que je ne l'aurais pensé. La journée passe bizarrement, et le soir, on sort en ville. Sur le chemin, je discute avec Saïl (Sylvain, mon mono), de mon grand-père bien sûr, mais aussi, de ceux qui sont partis avant lui, de ma vie, et de Guillaume n°2. Plus je lui parle de Mon Chéri, plus je me rends compte que Saïl a raison, Guillaume n°2 ne correspondra pas à mes attentes, avant plusieurs années, on n'a pas la même maturité, même Saïl me trouve très mûre pour une relation de ce genre, car même lui n'en serait pas capable et pourtant il a 10 ans de plus que moi. J'aime bien Saïl, il est gentil, et compréhensif. Finalement, la soirée en ville, je la passe avec le groupe de Marion C., dans lequel se trouve Brian. De mon point de vue, Brian, c'est le plus beau gars de la colo (ce que je ne devrais évidemment pas penser puisque j'ai déjà Mon Chéri). Tout le monde ou presque dans la colo trouve que Guillaume n°2 et moi formons un drôle de couple assez mal assorti. Et donc, pour essayer de rendre Guillaume n°2 jaloux, Brian me propose de me porter sur son dos. Pourquoi pas, et le regard que Guillaume n°2 me lance en dit long, non ça ne lui plaît pas. Cette colo a quelque chose de formidable, le matin même je perdais mon grand-père, et le soir, je m'amuse avec Brian !
# Posté le jeudi 17 mars 2005 13:25
Modifié le lundi 30 juillet 2007 05:03