* 15 ans (suite) : Désespoir ... Rupture ! Quand tout s'effondre et meurt : les profondeurs abyssales !
Plus le séjour passe plus les relations deviennent compliquées avec Guillaume n°2. A l'inverse je trouve l'ambiance de la colo absolument formidable, c'est comme si je les connaissais tous depuis des années. En plus, il fait un temps magnifique, enfin, plutôt une chaleur écrasante, mais comme on passe notre temps dans l'eau, ce n'est pas grave. J'ai rapidement un super bronzage. Les animateurs sont extra, on ne s'ennuie pas et on rigole sans arrêt, entre les matchs d'impro, les spectacles organisés, etc. On fait même une sortie en boîte. C'est sympa, sauf que je suis réellement très crevée, et donc je m'endors sur un fauteuil. Quand je me réveille un peu plus tard, je suis surprise de voir Guillaume n°2 bougé sur « Push me » de Benny Bennassi. Visiblement, je le connais très mal. Et je commence à le supporter de moins en moins. Il passe son temps à jouer aux cartes, ce qui me gonfle royalement, il tourne carrément la tête quand je viens l'embrasser, et ceci devant tout le monde, merci pour le vent. Dans la colo, il y a ceux qui trouvent qu'il est vraiment odieux avec moi, et ceux qui trouvent que je le colle de trop. Il finit même par me sortir, qu'il est là d'abord pour être en colo, pas d'abord pour être avec moi ! Sympa. Et quand à ma première fois avec lui, je peux toujours courir. Il est très doué quand il s'agit de prendre des risques pour sauter une barre rocheuse de 15 m, mais pour venir dans ma tente où je dors seule, en plein nuit, là, il n'y a plus personne. Et ça en fait rire plus d'un. Un soir, alors que je passe dans la cuisine, Saïl et Julien me demande si Guillaume n°2 est plutôt ... et ils me miment la scène, et moi, avec probablement une expression désespérée, je leur réponds « ah non pas du tout même » ! Et ils éclatent de rire. La colo continue, Akim un de nos s'est cassé la cheville en faisant de la gym, on enchaîne pas mal d'aller-retour à l'hôpital, entre déshydratation et crise de panique.
On part pour Porto Vecchio. Là-bas, on fait du ski nautique, c'est génial, excepté qu'avec la vitesse, l'eau de mer me décape les fesses. On fait aussi de la bouée tractée, et là, il y a plutôt intérêt à bien s'accrocher et à ne pas avoir le dos trop sensible parce que ça secoue vraiment dans tous les sens. On fait même du bivouac sur une plage, en se faisant engueuler par un autochtone parce qu'il ne faut pas faire de feu, la région étant déjà assez cuite comme ça.
C'est l'un des rares moments d'intimité avec Mon Chéri, qui n'hésite pas à me retirer le haut de mon maillot de bain. En même temps, il m'a carrément laissé nue dans l'eau le maton même et c'est deux corses qui m'ont ramené mon maillot, un morceau chacun ! Le lendemain matin, tôt, j'entends des bruits de sabots, pensant que c'est un cheval, j'ouvre les yeux, et je vois passer le cul d'une vache. Bon, ce n'est qu'une vache, c'est pas grave. 2 secondes après, Kate, mon animatrice se jette sur moi, et me dit de sortir immédiatement de mon sac de couchage et de réveiller les autres parce qu'un taureau est en train de passer entre nous. Je me tourne donc vers Guillaume n°2, lui explique la situation, et il m'envoie littéralement promener en me disant que j'ai rêvé !
On va passer une journée à Bonifacio, sur la falaise, sortie en bateau pour aller voir une grotte, dont le trou au plafond à la forme de la Corse ! Franchement, ils voient la Corse partout eux ! Et le soir, dîné au resto. A vrai dire, au cours de cette colo, on a explosé le budget, tellement bien, que Julien doit redemander le même budget pour réussir à finir la colo.
Puis on part pour Corte, dans la montagne, fini la mer, et bonjour les températures fraîches de la nuit. Au moins, Guillaume n°2 va cesser de passer son temps à chercher des oursins au fond de l'eau, des fois, c'est vraiment un gamin ! On fait de la Via Ferrata, ça m'enchante, de toute façon j'adore l'escalade, mais là, on est vraiment très haut, c'est splendide. Au cours de la balade, on aperçoit un rapace, comme un aigle, une espèce très rare, et protégée, il n'y a que 5 couples en Corse. Notre guide n'en revient pas, ça fait 2 ans qu'il est là, c'est la 1e fois qu'il en voit, et nous, on est là depuis ... 5 minutes !
On part également dans la montagne, faire une excursion. Ca grimpe grave, sur les cailloux, et les autres ont un rythme plus rapide que le mien. En plus, je suis fatiguée. Tellement, que l'autre jour, je me suis endormie à table (et sur un trottoir aussi), et Julien n'a rien trouvé de mieux pour me réveiller que de m'arroser avec la lance à incendie des pompiers ! J'ai pris une pression de 5 bars dans la bouche, ça m'a éclaté la lèvre ! Bref, je suis crevée, et donc je grimpe péniblement, surtout avec la chaleur. On arrive près d'un lac d'origine glaciaire, à 4°C, et bien croyez le ou non, Guillaume n°2 est capable d'y rester pendant 45 minutes ! Ce gars est fou ! Il ne fait rien de logique, et il me casse les pieds à me dire qu'il n'y a que le lait de brebis qui soit bon pour lui, ce qui l'empêche de manger ses céréales avec du lait ! Il m'agace sans cesse ! Il prend presqu'un malin plaisir à m'énerver. Le dernier jour, on part faire du canyoning, voilà un très bon moyen de foutre en l'air une paire de chaussure ! Enfin, je n'ai jamais été capable de sauter du haut du rocher de 8 mètres, il y a des choses qui ne valent pas la peine qu'on prenne des risques ! Après ça, petit excursion à cheval, et franchement, Guillaume n°2 sur un cheval, c'est hilarant. Saïl lui dit « donne des coups de talons », et Guillaume n°2 donne des coups de genoux ! Et oui, un cheval ne se manie pas comme un vélo !
Le dernier soir, on va manger au resto. J'en ai assez marre de Guillaume n°2 en fait, rien en s'est passé comme prévu, il n'est plus le Guillaume n°2 que j'avais connu, tout est devenu trop compliqué. Brian me propose de venir manger avec son groupe, pourquoi pas. Sauf, qu'au moment de m'asseoir, j'aperçois le regard de Guillaume n°2, qui me cherche, ce regard que j'aime tant. Nana je ne peux pas, il faut que j'aille avec lui, c'est tout, c'est comme ça, c'est le dernier soir, et je l'aime. Le lendemain, il part sans presque m'embrasser. Je ne pleure plus. Il m'a écrit un joli petit mot sur une carte, et je lui en ai écrit un sur un T-shirt. Voilà il est parti, prendre le bateau. Bizarrement, la vie au camp est plus tranquille sans lui, moins compliquée, je n'ai pas besoin de me préoccuper de lui.
Je rentre en avion à paris le lendemain, et me revoici à Piscop, à attendre avec Saïl. Guillaume n°2 m'appelle pour me dire qu'il est bien rentré. Et moi, je discute avec Thomas et un gars qui s'appelle Vincent, et dont j'ai découvert qu'il était dans le même lycée que moi.
Il va se passer une semaine avant que je rappelle Guillaume n°2. Comme si j'avais eu besoin de souffler un peu, et de prendre des vacances. Et puis, la rentrée approche, et il a aussi fallu annoncer le décès de mon grand-père à ma s½ur. Au passage, je change de couleur de cheveux, et me voici rousse pour mon entrée en 1e ES.
Dans ma classe, je retrouve une fille de seconde, Gaëlle, que je ne pouvais pas supporter, mais heureusement, je retrouve aussi Céline, qui était avec moi en 3e. Au cours de l'année, elle va devenir ma meilleure amie. C'est bien parce que je peux lui parler de Mon Chéri. Elle trouve vraiment qu'il est odieux avec moi. Je sais comment il est, mais je l'aime, c'est là tout le problème. En fait, pour les vacances de la Toussaint, je lui ai proposé de venir passer une semaine chez moi. Mais, soit je n'ai pas de réponse, soit, il a une compétition de vélo. Bref, quand arrive la fin octobre, je lui en veux tellement, que je cesse de lui écrire. Ou plutôt, si je continue à lui écrire les lettres, mais je ne les envoie pas. Je garde ainsi le silence pendant tout un mois, sans l'appeler. Et ça n'a pas l'air de le déranger plus que ça.
Pendant ce temps, j'abandonne ma couleur rouge, qui finit par tirer sur le orange, pour une teinture noire, je veux redevenir une vraie brune, et pour la première fois depuis 3 ans, je vais au lycée, les cheveux détachés (bon, si j'ai quand même une pince dans les cheveux), ça choque un peu, mais au final, les gens s'y habituent. Et Internet arrive chez moi (et oui, enfin). Le bonheur de découvrir que l'on peu se connecter au monde entier, que l'on peut parler à un tas de monde sur msn, et chater sur caramail ! Je finis quand même au bout d'un mois par envoyer un mail à Guillaume n°2. Il est content d'avoir de mes nouvelles et me dit « qu'il faudrait qu'on parle quand même ». Je l'appelle, tout se passe bien, sans problème. Et je ne raccroche pas en larmes, comme en octobre. Et puis, un soir, on est le vendredi 12 décembre, je discute avec lui sur caramail, en attendant Céline, qui doit dormir chez moi. Et je ne sais plus trop comment, dans la discussion, je comprends qu'il n'a plus envie d'être avec moi. En fait, je ne sais même plus ce qu'il me dit, mais je comprends qu'il y a quelqu'un d'autre. Je commence à me sentir mal, comme si du poison coulait dans mon c½ur. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Je dois arrêter la discussion parce que Céline vient d'arriver. Elle me trouve un air bizarre, ça se voit sur ma tête que ça ne va pas, mais je ne dis rien. Le lendemain, on va à la journée d'orientation du lycée, je n'ai pas la tête à ça. Ca ne va pas avec Mon Chéri, je redoute le pire. Du coup, en rentrant le soir, j'appelle Guillaume n°2, pour qu'on s'explique. Je ne me souviens pas des mots qu'il prononce, je devine seulement ce qu'il essaye de me dire, que c'est fini, que ça s'arrête là. Je m'entends encore lui dire, le visage couvert de larmes « mais non, moi je ne veux pas te quitter, je t'aime Guillaume ». Mais mes mots, mes larmes, mes plaintes, rien ne le fait changé d'avis. Alors, je lui demande le nom de celle qui a pis ma place, pour avoir un nom à haïr. Elle s'appelle Clothilde (quand j'étais petite, j'ai connu une chèvre qui s'appelait comme ça), et elle habite à seulement 90kms de chez lui ! La distance faisait notre force, elle a finit par nous achever !
Vous venez de découvrir comment se termine une histoire d'amour. Cette histoire, c'était mon conte de fée, j'étais la princesse et lui le prince charmant. Tout était toujours beau, j'avais toujours tout fait pour que tout soit beau, parfait, comme un modèle, pour dire, regardez, si c'est possible. Et d'un seul coup, l'univers que je m'étais construit s'effondre, il n'y a plus rien, tout ce en quoi je croyais vient de voler en éclat. Mon Amour me quitte, il me brise le c½ur, je n'ai plus rien, plus d'amour à donner, plus d'amour à recevoir, plus personne à aimer, j'étais prête à tout, c'est à lui que je voulais m'offrir. Il était ce à quoi je tenais le plus au monde, mon rêve vient de disparaître. C'est comme si on m'arrachait une partie de moi-même. Non pas ça, il est à moi, c'est Mon Guillaume, Mon Amour, ce que j'ai de plus précieux au monde ! Je voudrais le détester, mais je l'aime trop pour ça !
Plus rien ne vit en moi, qu'est-ce que je fais maintenant ? On n'efface pas 22 mois de sa vie comme ça ! Il est partout, dans ma tête, dans mon c½ur, en photo, son nom est gravé partout, je lui ai écrit 90 lettres, il ne m'en écrit que 4, et tout ce qui me le rappelle j'en fais quoi ?
Pour le moment, je suis assise par terre dans ma chambre à côté du téléphone, et je pleure. Ma mère a entendu malgré elle, et me demande ce qui se passe. Et l »s mots sortent de ma bouche, presque comme irréel et prononcer par quelqu'un d'autre. Les prononcer, c'est les accepter « c'est fini avec Guillaume ». Elle s'y attendait presque. Pour les autres c'est comme un soulagement, mais chez moi, c'est une plaie ouverte. J'ai besoin de réconfort. J'appelle Céline, qui me dit qu'elle s'en doutait « c'est pour ça que tu étais bizarre hier soir ». J'aimerais aussi appeler Marion A, elle connaît l'histoire depuis le début, mais je n'ai pas son numéro. Alors, j'appelle Catou, ma cousine. Elle me dit que c'est mieux comme ça, parce que ces derniers temps, ça n'allait plus. Et pour me remonter le moral, elle me propose de venir passer le nouvel an, chez elle, ben oui tient, ça me changera les idées.
Le retour au lycée est une épreuve. Je ne veux pas que ça se sache, j'étais tellement fière de mon histoire. Mais ça se lit presque sur ma tête. Dans ma classe, il y a un couple, Baptiste et Sharleen. En sport, baptiste me demande comment ça va avec Mon Chéri, je ne vais pas lui mentir, alors je lui avoue la vérité. Il me dit qu'il comprend. C'est la réaction de Sharleen que je ne comprends pas, pourquoi elle me dit d'arrêter de draguer son copain ? J'ai d'autres soucis en tête ! La réflexion la plus con me vient de Gaëlle, qui me dit que ça ne l'étonne pas ! Sur le coup, j'ai dû me retenir pour ne pas la frapper ! Qu'est-ce qu'elle y connaît elle ?
Arrive Noël, triste à mes yeux. La s½ur de Guillaume n°2 m'envoie un e-mail pour me dire de ne pas m'en faire pour son idiot de frère. En fait, je préfère oublier que son idiot de frère a jamais fait parti de ma vie, mais bien sûr, ça n'est pas possible.
Mon cousin Nico arrive chez ma grand-mère quelque jour avant la fin de l'année, avec sa copine. Ils me redescendent en Charente, pour le réveillon. Ma cousine est bien décidée à me changer les idées, donc interdiction de parler de Guillaume n°2. J'aime bien discuter avec ma tante et mon oncle, je peux leur parler de ma famille, de mes problèmes, de ma mère, de ma s½ur, ils sont sympa. Et puis, ils ont connu mon père et l'estimait beaucoup. Le soir du 31 me voilà donc partie avec Catou chez des amis à elle, que je ne connais donc pas. Ils sont tous beaucoup plus vieux que moi, mais j'ai la chance de faire un peu plus âgée. En fait, c'est la première fois, que je fais autre chose pour le réveillon que de rester chez moi en famille. On rigole pas mal, avec des jeux stupides, et à minuit, on tente comme on peut de faire décoller des feux d'artifices qui se résument surtout à de gros pétards. Vers le petit matin, on part chez l'ex de Catou, Flo. En fait, on est les deux seules filles. Ces gars là m'impressionnent un peu, mais comme ils ont tous bu, ils sont plutôt drôles. Et je déconne plutôt bien avec eux, sauf que moi, je suis sobre. Et il y en a un qui me plaît beaucoup. Il s'appelle Manu. Ca flirt un peu. Je suppose que c'est ça ce qu'on appelle se changer les idées. Mais ma cousine ne voit pas ça d'un très bon ½il du tout. Et donc, le lendemain, quand je reprends le TGV pour rentrer chez moi, elle fait limite la gueule. Ca lui passera, j'étais dans mon droit (sauf que le gars en question a une copine, mais apparemment, ça n'est plus une limite vu ce qu'on m'a fait). C'est la première fois que je prends le TGV seule, mais ma mère s'est que je suis du genre intrépide !
La nouvelle année semble démarrer sous de meilleurs hospices. J'arrive même à téléphoner à Guillaume n°2 et à lui parler normalement. Apparemment, je crois m'être remise de mon malheur un peu trop vite, car cette semaine, va en fait être la pire de l'année. Sharleen a visiblement une dent contre moi. J'ignore complètement ce que je lui ai fait, mais elle semble convaincue que je vais lui piquer son mec. Ce qui n'est pas du tout mon intention, parce que de tous les mecs de la classe, ce n'est pas Baptiste que je choisirais en premier, même pour une question de survie de l'espèce humaine. Et je ne cherche pas du tout à le draguer. Mais qu'importe, elle est convaincue de ce qu'elle imagine, à un tel point, que le mardi, elle vient me trouver dans les vestiaires de la salle de sport, m'attrape la tête entre ses mains et me décroche une claque ! Ca me fait un choc. D'abord parce que je n'ai absolument pas mérité cette claque, et ensuite, parce que c'est la première fois qu'on lève la main sur moi (en dehors des raclées que j'ai pris étant petite). On ne m'avait jamais frappé, alors je ne sais pas comment réagir. Et je ne suis pas du genre à riposter, mais plutôt à éviter le conflit. Donc je ne dis rien, et je l'évite au maximum, elle et son mec. Le lendemain elle continue à raconter ses conneries à tout le monde, en partant du prétexte que mon string dépasse de mon pantalon (ce que je ne fais pas exprès) et donc, que je drague ouvertement son copain ! L'après-midi chez moi, je raconte mes problèmes par e-mail à Guillaume n°2. Le lendemain, Sharleen vient encore me trouver à la pause, j'en ai assez, je perds mon sang-froid et j'essaye de lui faire comprendre qu'elle se trompe, mais on entend beaucoup trop la peur dans ma voix.
A midi, je rentre manger chez moi, j'explique à ma mère ce qu'il se passe, tout en regardant mes messages sur mon portable, et heureusement que je ne les ai pas regardé en cours. Il y a un message de Stéphanie, la s½ur de Guillaume n°2. Je trouve ça bizarre qu'elle m'envoie un message. En voici le contenu : « Pauline, c'est atroce, notre père vient de se suicider, Guillaume ne va pas bien du tout, il a besoin d'aide »



