16 ans (suite) : Les temps heureux et simples ... Quand tout va bien ...ou presque !
J'entre dans la dernière année de ma scolarité. Ma dernière rentrée, ma dernière classe, la Terminale ES2. Et première nouvelle : Céline n'est pas dans ma classe. Je vois encore ma réaction lorsque je l'apprends : « Oh non on n'est pas dans la même classe » en me tournant vers elle ! Ma meilleure amie ! Je me sens un peu perdue dans la classe sans elle. Enfin, dans la vie, il faut savoir avancer seule.
Evidemment, la Terminale, c'est l'année du bac, et on le sent dès le départ. Et contrairement, ce n'est pas la philo qui me donne le plus de fil à retordre, au contraire j'adore ça !
Pour Guillaume n°4 aussi, cette année est importante, puisqu'il va passer son BEP de mécanicien.
A dire vrai, cette année studieuse ne m'enchante qu'à moitié, dans la mesure où l'ambiance n'est pas aussi légère que l'an passé, je m'éclate beaucoup moins, même si pour une fois, je suis invitée à une soirée, chez un gars de ma classe. Au final, à part avoir pu un peu, raconter des conneries, et avoir revu Antoine (désormais dans un lycée à Amiens) qui attendait de moi, une aventure d'une soirée, je me dis que les soirées, non, ce n'est pas si génial que ça. Surtout que je ne suis pas célibataire, ce qu'un autre gars de ma classe, Quentin (un rouquin, pompier volontaire, qui croit au prestige de son uniforme) a dû mal à comprendre.
En octobre, je décroche enfin mon code, et je commence ma première heure de conduite (dans le cadre de la conduite accompagnée), et autant le reconnaître tout de suite, ce n'est pas gagné.
Malgré la volonté de Guillaume n°4, je reprends contacte avec Guillaume n°2. Et finalement, je n'aurais pas dû, car ça ne se passe pas très bien, entre engueulades, jalousies, et ranc½ur, je finis par pirater ses codes Internet (ce n'est pas très malin d'utiliser les noms de ses copines, ou ex, et de me parler de ses histoires d'amour). Evidemment, ça le met en colère, et le contact est rompu pour de bon ! Bien fait pour moi. Après ça, j'entreprends de brûler tout ce qui me reste de mes histoires d'amour passées, photos, lettres. Et en dehors du sweater de Guillaume n°2, de mes lettres et de quelques autres bricoles, le reste est réduit en cendres !
A la fin du mois, Guillaume n°4 vient passer une semaine chez moi. C'est la première fois qu'un de mes copains vient dormir à la maison, et c'est aussi la première fois, que je peux passer plusieurs nuits d'amour complètes d'affilées dans les bras d'un homme ! A vrai dire, on ne sort pas beaucoup de ma chambre, ça, c'est le pied ! Une semaine idyllique ! Maman nous emmène même passer une journée à Lille. Il y fait froid, ce n'est pas réellement très beau, mais bon, mes origines sont à moitié ch'timi. Ce qui est sûr en tout, c'est que je ne veux pas venir faire mes études ici.
Parce que la question de mes études commence à se poser sérieusement. Qu'est-ce que je vais faire après ma terminale ? Depuis mon entrée au lycée je veux faire des études de Tourisme, un BTS AGTL (Animation et Gestion Touristique et Locale). Mais là où j'habite, ça ne se fait et je suis loin de vivre dans une région très touristique. Alors se pose les problèmes de l'endroit où je vais aller étudier, de préférence à Paris, et de comment je vais me loger. Et tout ça coûte très cher, ce qui complique un peu les choses.
Et en même temps, mes notes perdent de leur excellence. Ayant lu le livre de Nicolas Hulot « le Syndrome du Titanic » au cours de l'été, j'ai radicalement changé ma conception du monde, surtout d'un point de vue économique. Et donc se retrouver en terminale ES en détestant l'éco, ça n'aide pas vraiment.
Dans le même temps, c'est l'ambiance familiale qui déchante complètement, surtout entre Maman et Clémence, à propos du copain de ma mère, que ma s½ur ne peut pas voir en peinture. Sans compter les factures de téléphone, exorbitantes à cause de moi, et de mon histoire d'amour longue distance.
En décembre a lieu l'habituel forum d'orientation du lycée. Au secteur Tourisme je découvre l'Ecole Tunon. Elle ne propose pas un BTS, elle a un diplôme qui n'est pas reconnu par l'Etat, et les élèves portent un uniforme, mais le programme me paraît intéressant. A méditer.
Noël ne se passe pas très bien. A l'origine le programme était de faire le repas chez ma grand-mère, avec ma s½ur, ma mère et son copain. Sauf que Clémence ne veut absolument pas le voir, s'en suit cris, colère, dispute ! Bref, l'ambiance familiale me pèse sincèrement, et je suis donc ravie de pouvoir passer la dernière semaine des vacances chez Guillaume n°4, à Montpellier.
Guillaume n°4 a une très grande famille, et être entourée de 7 personnes au lieu de 2 habituellement, ça représente un changement majeur, surtout pour moi qui n'a pas du tout l'esprit de famille. Mais au moins chez eux l'ambiance est beaucoup plus conviviale et chaleureuse que chez moi. Même si sa famille a de très nombreuses valeurs chrétiennes, et moi, c'est bien connue, je ne suis pas super copine avec la religion. Enfin ce qui compte c'est que je me retrouve en parfaite harmonie avec Mon Chéri. Il m'offre pleins de cadeaux pour Noël, des boucles d'oreilles, et un CD d'Indochine. Il est vraiment adorable, et on s'entend si bien, il y a une parfaite complicité amoureuse et intime entre nous deux. Ensemble, on fait des balades dans l'arrière-pays provençal, on va au ciné, on visite Montpellier, et pour le réveillon du Nouvel An, on s'embrasser sous le gui, c'est la première fois que je fais ça, il paraît que ça porte bonheur ...
Voici donc 2005. Il paraît que cette année est placé sous le signe du changement. C'est donc ce que nous allons pouvoir constater. L'année débute sans trop d'embûches, mis à part le Tsunami qui vient de ravager le Sud-est de l'Asie. Il baigne encore dans l'air un parfum d'amour ...
L'Ecole Tunon, à qui j'ai laissé mes coordonnées, me contacte pour une de ses portes ouvertes, à Lille. Bon pourquoi pas. Je loupe donc une journée de cours pour m'y rendre avec Maman. Loin d'être la grande école que je m'imaginais (surtout quand on connait la taille de mon lycée), je me retrouve dans une petite maison bourgeoise, qui compte environ 80 élèves, en majorité des filles. Après une rapide visite des locaux, la directrice nous expose le contenu des cours, les stages, et surtout le côté professionnel de la formation. Et puis, la directrice a une capacité de compréhension, une sorte de bienveillance qui sait mettre en confiance. J'en ressors donc enchantée, avec un rendez-vous, pour un entretien afin de m'y inscrire.
L'Ecole Tunon possède d'autres écoles à travers la France notamment à Montpellier. Donc Guillaume n°4 émet le souhait que j'aille faire mes études dans le Sud. Mais financièrement l'Ecole coutant déjà assez cher, je ne peux pas me trouver un logement dans le Sud avec lui.
Et ce n'est pas notre seul sujet de désaccord. L'été qui arrive sera sa dernière possibilité de colo, et comme il va avoir 18 ans en août, il doit partir en juillet. Mais comme moi je passe le bac, et que le rattrapage c'est en juillet, je neveux pas prendre le risque de partir en juillet. Chose qu'il refuse d'accepter dans la mesure où il y a très peu de chance que je me retrouve au rattrapage. Mais là, c'est de mon avenir personnel qu'il s'agit, et sans vouloir paraître égoïste, je préfère tracer ma route selon mes envies, et non celles des autres.
Voilà comment dès le 8 février, je me retrouve inscrite à l'Ecole Tunon, pour y faire 2 années d'études dans le Tourisme, et je m'inscris par la même occasion pour un raid dans l'Ouest américain en août, où je ne vais connaître personne.
Mais en attendant, me voilà partie pour une colo de ski, à Montgenèvre (Hautes-Alpes), où je dois retrouver Guillaume n°4. Dans le TGV, je retrouve Hélène qui était avec moi en colo au Val d'Aran. En consultant avec elle la liste des autres colos, elle me fait remarquer qu'il y a aussi Benjamin, qui était également en colo avec nous au Val d'Aran. Sur le coup, je trouve que c'est génial. Je garde un très bon souvenir de Benjamin, de qui j'avais déjà un petit faible à l'époque, vu qu'il passait dans ma chambre en caleçon ! D'une certaine manière, il fait partie des personnes que j'ai toujours espéré revoir en colo. Sauf, que la situation ne s'y prête pas trop dans la mesure, où je suis là pour retrouver Guillaume n°4.
Ayant déjà une expérience des colos où je retrouve mon copain, j'essaye au maximum de ne pas ébruiter ma relation avec Guillaume n°4. Peine perdue, à peine arrivée à la gare, l'info a percé. Qu'importe, l'essentiel, c'est que je retrouve Mon Chéri. Guillaume n°4 n'a pas le même niveau de ski que moi, donc on se retrouve dans des groupes différents. Et dans mon groupe, il y a le fameux Benjamin, et son pote Olivier (dit Olive). C'est deux là sont de sacré phénomène sur les pistes. Pour moi, ces vacances sont parfaites. D'accord, il manque un peu de neige, on est souvent sur les cailloux ou le verglas. Mais notre chalet est au pied des pistes, il fait un Soleil extraordinaire, les paysages sont magnifiques, on va même skier en Italie. Et en plus, l'ambiance est démente ! Dans la colo, il y a aussi un Jérémy, qui était avec moi en Corse, et qui passe son temps à chanter « Call on me », ou bien, on a encore Alizée, qui est dans ma chambre et qui chante sans arrêt « I can't wait for the weekend to begin » ! Les filles de ma chambre sont sympas, Hélène passe sont temps à nous raconter mes histoires de ses araignées. Et puis Anaëlle, qui est aussi dans ma chambre, plaît beaucoup à Benjamin, donc, il est assez souvent dans ma chambre, ce qui ne déplait pas tant que ça finalement.
La St-Valentin tombant pendant la colo, j'en profite donc pour passer cette journée avec Mon Chéri. Pour l'occasion, je lui offre un boxer et un T-shirt avec marqué « ange ? Ou démon ! » dessus. Evidemment, en colo, c'est plus difficile d se retrouver intimement, mais on arrive bien à se trouve un moment rien qu'à nous deux. Mais la colo ce n'est pas le cadre idéal pour la relation que j'ai avec Guillaume n°4. En fait, plus ça va, plus je me mets à penser comme Guillaume n°2 quand on était en Corse, je suis là avant tout pour être en colo, dans une ambiance de colo, et donc de groupe. Et avec le temps, je préfère davantage profiter de cette ambiance sur les pistes plutôt que de devoir m'isolée avec Guillaume n°4.
Les moments passés sur les pistes de ski sont pour moi les meilleurs de cette colo. Je finis par être la seule fille du groupe des confirmés quasiment, trop contente d'essayer de suivre Benjamin et Olive. D'ailleurs en vouloir faire ma maligne comme eux, sur une piste verte, je les imite en m'allongeant sur mes skis. Sauf qu'il y a un virage, que je ne sais pas comment tourner en étant allongée, que je n'arrive pas à me relever ! Vlan ! Je sors de la piste, et me voilà, plantée dans un filet ! D'une certaine façon, heureusement qu'il était là, mais en même temps, mes deux skis sont coincés dans les mailles, mes bâtons et mon bonnet sont plusieurs mètres plus haut. Etrangement, mon mp3 n'a rien, et j'ai toujours les écouteurs dans les oreilles ! Et le reste du groupe qui passe devant moi en rigolant « alors elle est bonne la pêche ? » ha ha !
J'aime bien avoir Benjamin dans mon groupe. C'est sympa de pouvoir discuter avec lui sur le télésiège, de voir, qu'étant lui aussi en terminale ES, les galères du bac et des études ne me sont pas uniquement réservées (ce que Guillaume n°4 et son BEP ont plus de mal à comprendre). Et puis dévaler les pistes en sa compagnie, en écoutant « Africa » de Toto (et sans moi, il ne saurait pas que Toto est un groupe de musique), ça a un côté vraiment sympathique. Le souci, c'est que la nuit je me mets à rêver de lui ! Et mentalement, c'est insupportable de subir le combat entre ma conscience qui me dit qu'il y a Guillaume n°4, et mon inconscient, de plus en plus attiré par Benjamin. Et au bout d'un moment, c'est le subconscient qui prend le dessus, je n'arrive plus à lutter. Je me désintéresse presque totalement de Guillaume n°4, et c'est assez moche de dire ça, et de se retrouver dans cette situation. Je suis dans une situation, mentalement embarrassante, et la présence de Guillaume n°4 me dérange presque. J'en viens limite à l'éviter, passant ainsi plus de temps dans le groupe d'Hélène, Olive, Alizée, Benjamin et Anaëlle (qui finalement ne sortent pas ensemble, suite à un malentendu que je n'ai pas très bien compris). Evidemment, mon attitude un peu étrange n'échappe pas à Guillaume n°4, qui commence à se montrer de plus en jaloux. Surtout lorsque par hasard Benjamin lui dit qu'il part au Pérou en juillet, alors que lui aussi passe son bac en même temps que moi. Et donc Guillaume n°4 qui vient me trouver et qui me dit « tu vois, toi aussi tu pouvais partir en juillet avec moi, et tu n'as pas voulu ». Oui, mais de mon point de vue, Benjamin prend quand même un risque, et là, il vient de donner une raison à Guillaume n°4 de m'en vouloir pour de bon. Donc, la colo se termine assez mal en soi du côté de Guillaume n°4, qui m'agace tellement le dernier soir que je l'envoie promener avec un « fiche moi la paix », prétextant un mal de crâne (cette bonne vieille migraine). Alors que quelques heures plutôt, il y avait Benjamin dans ma chambre en train de me regarder faire ma valise, pendant que je faisais un effort surhumain pour restée concentrée et me retenir d'aller l'embrasser.
Bref, en rentrant chez moi, je ne sais plus trop où j'en suis. Pour me laisser si facilement tenter par Benjamin, que j'ai revue passer devant moi en caleçon, lorsqu'il allait à la douche (en me retenant de le suivre sous la douche), il est clair que l'amour que j'avais pour Guillaume n°4 n'est plus ce qu'il était. A partir de là, il va me falloir pratiquement deux mois pour réussir à le quitter. En mettant ça sur le dos de sa jalousie que je ne supporte pas, de mon besoin de liberté, de me retrouver un peu seule, de l'importance de me remettre à bosser sérieusement pour avoir mon bac. Mais jamais je ne parle à personne du fait que la vrai raison qui me pousse à agir ainsi c'est le fait que j'ai toujours Benjamin dans la tête. Ce qui n'est pas très pratique dans la mesure où je ne referai pas d'autre colo avec lui, qu'il habite à des kilomètres de chez moi, et qu'en plus il a une copine ! Tout va bien !
N'étant à l'évidence ni très douée pour draguer, ni très douée pour larguer, je m'y prends assez mal pour quitter Guillaume n°4. J'essaye de me rendre détestable, et en même temps, je me sens un peu mal à l'aise vis-à-vis de sa famille (plus jamais je ne rencontre la famille d'un de mes copains). Je ne lui écris plus, je ne l'appelle plus, je recommence même à faire un blog, je me plonge dans le boulot, et ma seule distraction, c'est les rares occasions où je peux parler à Benjamin sur msn (parce que je suis quand même bien décidée à garder contact avec lui).
Mars s'écoule ainsi laborieusement, sans compter mes heures de conduite. C'est un sacré calvaire d'apprendre à conduire, sans rire, c'est loin d'être évident, il faut faire attention à tellement de trucs et pour moi, cette galère est loin d'être une partie de plaisir. Surtout qu'il me faut désormais des lunettes pour voir à distance.
En avril, je suis censée partir en séjour linguistique à Milton Keynes (Royaume-Uni), et y retrouver à nouveau Guillaume n°4 (connerie de s'inscrire ensemble en colo des mois avant !). Heureusement pour moi, j'y retrouve d'autres personnes, dont Olive (j'aurai préféré Benjamin bine sûr, enfin j'ai quand même réussi à obtenir son numéro de téléphone, c'est déjà ça), Brian de Corse, ou encore JC de Châtel. Drôle de coïncidence, chacun d'entre eux a connu un Guillaume différent. Mais l'ambiance est tendue. C'est détestable en soi de se retrouver face à celui qui est en train de devenir mon ex. En plus, le temps est maussade, la famille végétalienne, je suis à 45 min du centre, donc je ne vois personne, je déprime à souhait, plongée dans mes révisions du bac, l'ambiance est assez clope et drogues en tout genre, bref rien qui m'intéresse. Finalement, le dernier soir, Guillaume n°4 vient me parler, et on décide d'un commun accord d'en arrêter là, au bout de 8 mois. Soulagement.
Et je rentre chez moi avec une intoxication alimentaire, mais au moins, je suis libre !
Sans savoir le prix d'une telle liberté ...




